Luxembourg
Assurance dépendance au Luxembourg
La double politique de maintien à domicile aussi longtemps que possible des personnes âgées et des handicapés, et de développement de stratégies de prise en charge adaptées à l'usager est à l'origine de l'instauration d'une assurance dépendance au Luxembourg. Le nombre croissant de personnes âgées a poussé le gouvernement luxembourgeois à faire une analyse tactique de la manière de répondre aux besoins de prise en charge. Celle-ci entre dans le cadre d'une politique de meilleure coordination du système de santé et de moindre recours aux services publics tout en garantissant l'accès à des soins de qualité en cas de dépendance et le choix de laisser la famille s'occuper de la personne plutôt que de la confier à un organisme. L'examen de la situation porte sur les activités de coordination, la qualité et la participation/autonomie de l'usager. Il s'agit d'un bon exemple de système intégré de prise en charge qui fonctionne dans un cadre multidisciplinaire de prévention de la perte d'indépendance en raison de l'âge ou de l'infirmité. Le programme d'assurance permet à l'usager de choisir le type de prise en charge qui lui convient le mieux et partant, reconnaît l'utilité de financer les sources informelles de soins. Enfin, le système met l'accent sur les qualités et les compétences des personnes chargées de veiller sur les usagers.
- Personnes âgées vivant seules
- Adultes ayant des difficultés d'apprentissage
- Personnes atteintes de maladies mentales
- Secteur associatif/de proximité/ONG
- Mesures d'amélioration locales de la qualité
- Service coordonné/intégré
- Participation directe de l'usager
La double politique de maintien à domicile aussi longtemps que possible des personnes âgées et des handicapés, et de développement de stratégies de prise en charge adaptées à l'usager est à l'origine de l'instauration, en 1999, d'une assurance dépendance au Luxembourg. Il s'agissait de réduire la participation de l'État et donc l'appel aux services publics, grâce à un système de santé mieux coordonné. En outre, les personnes devaient pouvoir bénéficier d'une assistance de qualité soit par leur famille soit par les services publics. De nombreux organismes publics, semi-publics ou privés prennent en charge les personnes âgées ou handicapées. La législation est venue réguler les rapports entre tous ces organismes d'aide sociale, de soutien familial et thérapeutique, là où il y avait un vide juridique auparavant. Elle a défini des systèmes d'évaluation importants dans un cadre intégré.
Une commission consultative a été constituée en 1991 pour permettre aux usagers, personnes qui les ont à leur charge, bénévoles et organismes privés, de participer aux décisions relatives aux services destinés aux personnes âgées et handicapées. Elle a été une source importante de conseils lors de la création du programme d'assurance dépendance. Celui-ci à pour objet d'assister les personnes qui ne sont plus en mesure de mener seules leurs «activités quotidiennes». Cela regroupe les personnes dépendantes manifestant des difficultés d'apprentissage, les personnes souffrant de problèmes de santé mentale ou de handicaps physiques. Il s'agit d'assister les personnes dépendantes au cours de leurs activités quotidiennes (hygiène physique, alimentation, tâches domestiques et mobilité) en leur apportant de l'aide pour faire le ménage, les courses, la cuisine, et de les surveiller et motiver par des encouragements. Les indemnités versées en nature peuvent atteindre l'équivalent de 40,5 heures par semaine et un montant maximum de 60 750 LUF alors que celles versées en espèces sont limitées à 10,5 heures par semaine et 7 875 LUF. Il est également possible de bénéficier d'un financement pour les dépenses d'équipement, d'adaptation du logement ou pour payer les cotisations sociales et trois semaines de vacances par an à une aide à domicile employée au salaire minimum.
Cette assurance permettra la mise en place de nouveaux systèmes de prise en charge et l'embauche d'un plus grand nombre d'aides à domicile. À cette fin, les prestataires de soins ont pu bénéficier d'une formation spécifique ainsi que d'une formation sur le tas afin de leur permettre d'acquérir des compétences de base en aide sociale, familiale et psychosociale. La formation dure 450 heures et s'étale sur deux ans. De nombreux modules spécialisés sont suivis et accrédités par le Ministère de l'éducation et le Ministère de la famille. Un cours de formation spécialisé pour les professeurs a également été mis en place.
Ces avantages sociaux sont octroyés selon une approche interagences intégrée. Les demandes sont évaluées par une «Cellule d'évaluation et d'orientation», composée de médecins, psychologues, travailleurs sociaux, infirmières et responsables de la formation, qui décide de l'allocation des heures. Les avantages peuvent être versés à la personne sous forme d'espèces si elle bénéficie d'une aide à domicile ou sous forme de services fournis directement par des associations professionnelles de prise en charge. Il est également possible de combiner règlements en nature et en espèces. Il est prévu que 9 000 personnes bénéficient de ces avantages en 1999 (soit 75 pour cent des personnes âgées), et que l'augmentation sera de 1,5% par an. L'assurance peut aussi couvrir les travailleurs frontaliers et les immigrants ayant cotisé. Le programme est essentiellement financé par l'État, en particulier par l'intermédiaire de la sécurité sociale nationale, par une taxe de 1% sur tous les revenus et par une taxe sur l'énergie. Le programme d'assurance dépendance est un modèle de bonne pratique car il met en avant un système intégré de prise en charge basé sur une méthode de travail multi et interdisciplinaire. En s'attachant à prévenir la perte d'indépendance des personnes âgées ou handicapées, il permet potentiellement de réduire la participation publique en délégant le financement et la prise en charge à la famille et aux réseaux sociaux ou organismes spécialisés. Redonner la confiance aux usagers, leur permettre d'être moins dépendants et plus fiers d'eux-même représente une avancée marquante qui fait montre d'un service de qualité. Le développement des capacités et compétences des prestataires de soins souligne l'importance qui est accordée à la formation.
