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Élections professionnelles dans la Police

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Du 20 au 23 novembre 2006, des élections professionnelles avaient lieu dans tous les corps et grades de la police nationale. Aux enjeux traditionnels de défense professionnelle s’ajoutait, cette fois-ci, l’opportunité de saisir l’opinion des policiers sur la politique de leur ministre, Nicolas Sarkozy, candidat de la droite à l’élection présidentielle française du printemps 2007.

Les élections professionnelles dans la Police nationale ont lieu tous les trois ans. Elles permettent de mesurer l’évolution de la représentativité des nombreux syndicats qui se partagent l’influence des quelques 125 000 policiers dépendants du ministère de l’intérieur.

Les policiers se répartissent en plusieurs collèges électoraux correspondant à leurs divers grades et métiers. Le plus important est naturellement le corps des « gardiens de la paix et gradés » (un peu plus de 100 000 agents) qui va de l’agent de police jusqu’au brigadier major. Il y a environ 10 000 personnels administratifs et techniques, le reste se répartissant entre le corps de commandement (lieutenants, capitaines et commandants) et le collège le plus élevé dans la hiérarchie constitué des commissaires et des hauts fonctionnaires du ministère.

Un panorama syndical

La tradition syndicale dans la police fait la part belle au syndicalisme autonome. Toutefois, celui-ci a connu plusieurs évolutions depuis une dizaine d’années (FR0112115N).

Quelques syndicats majoritaires dans leurs métiers comme le Syndicat national des policiers en tenue, SNPT (majoritaire parmi les gardiens de la paix de province) ou le Syndicat national indépendant de la police, SNIP (majoritaire dans les compagnies républicaines de sécurité, CRS) se sont unis dans l’Union nationale des syndicats autonomes, UNSA pour y créer une UNSA-Police tandis que le syndicat général de la police, SGP (alors majoritaire parmi les gardiens de la paix parisiens) rejoignait la Confédération générale du travail – Force ouvrière, CGT-FO. Ces deux regroupements sont classés à gauche. Les syndicats plutôt orientés à droite se sont, eux aussi, réorganisés au tournant des années 2000. La Fédération professionnelle indépendante de la police, FPIP (extrême droite) est restée autonome. Deux syndicats de droite, Alliance parmi les gardiens de la paix et Synergie-officiers, sont adhérents de la Confédération française de l’encadrement – confédération générale des cadres, CFE-CGC.

Les scores des autres confédérations représentatives, la Confédération générale du travail, CGT, la Confédération française démocratique du travail, CFDT et la Confédération française des travailleurs chrétiens, CFTC, dépassent à peine 2 % pour l’ensemble.

En 2003, à l’approche des élections précédentes, l’UNSA police a connu une fracture : le SNPT a décidé de la quitter et de retourner à une autonomie complète. Présent sous ses propres couleurs aux élections, le SNPT a réalisé alors un bon score (22 %), assez loin toutefois de son ambition d’hégémonie, si bien qu’en 2005, il décidait de revenir à l’UNSA. Le vote de 2005 est ainsi difficilement comparable au précédent puisque les compétiteurs n’étaient plus exactement les mêmes.

Les résultats

La participation électorale est en hausse, passant de 77,1% à 80,8%. Les résultats dans les différentes catégories sont les suivants :

Gardiens de la paix et Gradés :

  • UNSA Police : 41,1% ( 19)
  • Alliance : 36,5% ( 4)
  • SGP-FO : 15,3% ( 2,9)
  • FPIP : 4,7%

Officiers :

  • UNSA Police : 53,1% (-2)
  • Synergie : 44,8%

Commissaires et hauts fonctionnaires :

  • SCHFPN : 58,5 % (-28,5)
  • SICP : 35,8% (nouveau syndicat)
  • UNSA : 5,7%

Le vote dans cette dernière catégorie a été la surprise de ces élections. Constitué 6 mois avant celles-ci le Syndicat indépendant des commissaires de police, SICP (affilié à la CFDT) a opéré une percée à 35,8% au détriment du puissant Syndicat des commissaires et hauts fonctionnaires de la police nationale, SCHFPN. Ce vote a un sens par rapport à la politique du ministre parmi les commissaires et hauts gradés. Le secrétaire général du SCHFPN a reconnu d’ailleurs que son soutien à la politique du ministre semblait mal compris.

Commentaire

L’UNSA se présente en grand vainqueur de ces élections. Sa position est indiscutable même si elle ne recueille pas la totalité des voix du SNPT lors des élections précédentes. Une partie de celles-ci sont allées vers le SGP-FO et une partie vers Alliance qui progresse également. Si ce dernier syndicat soutient ouvertement la politique de Nicolas Sarkozy, le SGP-FO est en revanche beaucoup plus critique que l’UNSA sur la politique du ministre de l’intérieur. Si on ajoute la surprise venue du vote des commissaires, il semble que le débat se polarise au sein des corps de policiers sur la place qu’ils occupent aujourd’hui dans la société. Les controverses suscitées par la politique de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur partagent donc la police comme elles partagent la société.

Jean-Marie Pernot, Institut de recherches économiques et sociales (IRES)

Dernière mise à jour de cette page: 27 Avril, 2007
About this document
  • ID: FR0702029IFR
  • Author: FR2
  • Institution: IRES
  • Country: France
  • Language: FR
  • Publication date: 27-04-2007