Salaires dans la fonction publique : maintien du pouvoir d’achat sans négociation
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Malgré la journée d’action du 8 février appelée par la plupart des organisations syndicales de fonctionnaires, le gouvernement a refusé d’ouvrir des négociations sur les salaires dans la fonction publique. Les augmentations pour 2006 se contentent de maintenir le pouvoir d’achat des agents publics et aucune revalorisation n’est annoncée pour 2007.
Début mars 2007, le Premier ministre a opposé une fin de non recevoir à la lettre que lui avaient fait parvenir le 16 février cinq fédérations syndicales de fonctionnaires : Confédération générale du travail, CGT, Confédération générale du travail – Force ouvrière, CGT-FO, Fédération Syndicale Unitaire, FSU, Solidaire, Unitaire, Démocratique, SUD et Union nationale des syndicats autonomes, UNSA, Union nationale des syndicats autonomes, UNSA réclamant l’ouverture de négociations sur les salaires, l’emploi et les conditions de travail dans les trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière).
La journée nationale d’action
Cette demande s’appuyait sur le relatif succès de la journée nationale d’action des fonctionnaires du 8 février 2007. Appelée par six des huit organisations syndicales de fonctionnaires, la Confédération française de l’encadrement – confédération générale des cadres, CFE-CGC ne s’était pas jointe au mouvement et seule la fédération des fonctionnaires territoriaux de la Confédération française des travailleurs chrétiens, CFTC y appelait, la grève a été plus suivie que celle de l’année dernière (FR0603029I) : selon le ministère de la Fonction publique, 20% des 2,5 millions d’agents de l’Etat ont cessé le travail, soit 4% de plus qu’en février 2006. Avec plus de 30% de grévistes, la mobilisation a été forte à l’Education nationale, certainement du fait des autres réformes engagées dans ce secteur. Un décret du ministre de l’Education nationale en cours d’adoption prévoit une réduction des heures d’enseignement allouées à chaque établissement scolaire et impose à terme aux enseignants une « bivalence », c’est-à-dire l’enseignement de deux matières.
Selon les organisateurs, les manifestations du 8 février, auxquelles s’étaient joints environ 40 000 cheminots, ont regroupé dans toute la France plus de 180 000 fonctionnaires. Le ministre de la Fonction publique avait pourtant tenté de désamorcer le conflit en octroyant, à partir du 1er février 2007, une augmentation supplémentaire pour 2006 de 0,3%.
Les revendications et réactions syndicales
Ce « coup de pouce », jugé dérisoire par les organisations syndicales et, au vu de la mobilisation, par les fonctionnaires également, a porté la hausse du point d’indice qui sert de référence dans la fonction publique à 1,5% pour 2006, soit exactement le taux d’inflation constaté. Pour les fédérations syndicales des fonctionnaires, ce strict maintien du pouvoir d’achat ne suffit pas à compenser les pertes des années antérieures qu’ils évaluent autour de 6% depuis 2000. Le dernier accord salarial dans la fonction publique date de 1998. Après le refus de négocier du gouvernement, aucune perspective d’augmentation salariale n’est avancée pour 2007.
Malgré leur apparente unité, les syndicats sont divisés sur la suite à donner à la mobilisation. Les signataires de la lettre au Premier ministre ont décidé de ne plus siéger dans les organismes paritaires de la fonction publique d’Etat afin de dénoncer l’absence de dialogue social.
Les trois autres organisations syndicales : Confédération française démocratique du travail, CFDT, CFE-CGC et CFTC préfèrent interpeller les candidats aux élections présidentielles afin de connaître leurs positions.
Catherine Vincent, Institut de recherches économiques et sociales (IRES)