Pas de « coup de pouce » pour le salaire minimum
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Au 1er juillet 2007, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) a été porté par le gouvernement à 8,44 € l'heure, soit une hausse de 2,06%. Cette augmentation se limite à l’obligation légale. En termes de pouvoir d’achat, le gain pour les salaries payés au SMIC sera de 0,8%. A cette occasion, le Premier ministre François Fillon a évoqué l’idée d’une réforme du SMIC ; cette idée a été bien accueillie par le patronat mais elle a suscité des réactions négatives de la part de l’ensemble des organisations syndicales.
Le gouvernement a décidé cette année de s’en tenir strictement à cette hausse légale sans accorder de « coup de pouce » aux smicards. Le Premier ministre François Fillon a également déclaré qu’il souhaitait réformer le mécanisme de revalorisation du SMIC.
Une hausse minimale en 2007
Avec la hausse décidée en juillet 2007, le salaire minimum interprofessionnel de croissance, SMIC horaire s’établit à 8,44 €, soit une rémunération mensuelle brute de 1 279 € et un SMIC mensuel net d’un peu moins de 1 006 € pour une durée hebdomadaire du travail de 35 heures. La hausse légale du SMIC doit prendre en compte au moins deux éléments :
- l’évolution de l’inflation (indice des prix à la consommation hors tabac),
- la moitié de l’augmentation du pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier.
Compte tenu de ces deux éléments, le niveau du SMIC horaire aurait du atteindre au minimum 8,44 € (après 8,27€ en 2006) (FR0607019I).
Un patronat satisfait
Les réactions du patronat à l’annonce gouvernementale ont été très discrètes mais satisfaites. Le vice-président du Mouvement des entreprises de France, MEDEF, Denis Gautier-Sauvagnac (également président de l’Union des industries minières et métallurgiques, UIMM) qui représentait le MEDEF à la réunion de la commission de la négociation collective qui s’est tenue le 25 juillet a « pris acte de la décision du gouvernement ».
Des organisations syndicales critiques et inquiètes
Les syndicats ont unanimement dénoncé la faiblesse de cette hausse. Pour la Confédération générale du travail, CGT Maryse Dumas a considéré qu’ « il n’y a pas de coup de pouce au SMIC, pas plus qu’aux salaires en général. En revanche, il y a bien un coup de pouce aux cotisations patronales ». A la même date, au 1er juillet 2007, comme cela avait été décidé par le précédent gouvernement, les cotisations patronales de sécurité sociale qui subsistaient au niveau du SMIC sont en effet supprimées pour les entreprises de moins de 20 salariés. La simple augmentation légale du SMIC « ne répond pas de façon satisfaisante à l’évolution du pouvoir d’achat des salariés » a affirmé, quant à elle, la secrétaire nationale de la Confédération française démocratique du travail, CFDT, Laurence Laigo. Les salariés « ne comprennent pas qu'il n'y ait pas de coup de pouce du Smic quand, dans le même temps, on développe encore les allègements de charges pour les employeurs », a-t-elle ajouté. Pour la Confédération générale du travail – Force ouvrière, CGT-FO, Michelle Biaggi a déclaré que l’absence de coup de pouce pour les salariés au SMIC est « inacceptable » et que « ce serait un scandale de renvoyer la fixation du SMIC aux interlocuteurs sociaux car cela reviendrait tout simplement à le supprimer à terme ».
La réforme du mécanisme du SMIC ?
Pour la revalorisation du SMIC, « l’option la plus raisonnable serait que les partenaires sociaux assument cette responsabilité », a déclaré le Premier ministre, affirmant même, ce qui est faux, que « c’est ce qui se passe dans tous les autres pays. La deuxième option », a-t-il ajouté, « serait de créer un comité des sages qui donnerait un avis sur le sujet ».
La présidente du MEDEF, Laurence Parisot a plutôt bien accueilli l’idée d’une réforme du SMIC. Le SMIC est « un filet de sécurité qui doit être déterminé selon des critères économiques » et non « des critères politiques ou de générosité » a-t-elle déclaré.
Car la proposition de réforme du SMIC suscite aussi des inquiétudes et des critiques de la part de l’ensemble des syndicats. Pour la CFDT, « le Smic doit rester un filet de sécurité pour les salariés. La structure et l’évolution des salaires doivent reposer sur des critères économiques, sur une valorisation du travail, sur les qualifications et sur des perspectives de progression de carrière ». Pour la CGT, « les barèmes légaux minimaux sont en lien avec le niveau de vie des salariés employés et ouvriers et la croissance…On ne peut se satisfaire de la bonne volonté du patronat ».
Commentaire
Sur cette question du salaire minimum et, plus généralement, sur celle du pouvoir d’achat des salaires, les partenaires sociaux devraient avoir l’occasion de réaffirmer leurs points de vue lors de la conférence sur les salaires prévue pour l’hiver 2007.
Pierre Concialdi, Institut de recherches économiques et sociales (IRES)