Avenir toujours incertain pour la Samaritaine, un peu moins pour les salariés
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Emblème des grands magasins parisiens, la Samaritaine a fermé ses portes le 30 avril 2005. Depuis, un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) a permis d'envisager des actions de reclassement pour les salariés de l'enseigne. Mais l'on ne sait toujours pas ce que va devenir ce grand magasin. Les projets ambitieux d'espace commercial n’ont toujours pas dépassés le stade du projet.
Pour des raisons de sécurité, la Samaritaine a fermé ses portes le 30 avril 2005 et une réouverture du site a été programmée en 2011 (FR0508101N). La décision de fermeture qui a été prise par le groupe LVMH, propriétaire du magasin depuis 2001, a pris de court les salariés et l’ensemble des organisations syndicales, notamment la Confédération française des travailleurs chrétiens, CFTC qui est le syndicat majoritaire de cet établissement.
Des syndicats divisés sur la conduite des actions à mener
Sur les 1 500 salariés qui travaillaient à la samaritaine en 2005, près de la moitié d'entre eux étaient employés sur le site par des sociétés extérieures en tant que démonstrateurs et n'étaient donc pas rémunérés par la Samaritaine. Pour les autres salariés, des tensions sont apparues parmi les syndicats présents dans l'entreprise (CFTC, Confédération générale du travail, CGT, Confédération française démocratique du travail, CFDT, Confédération française de l’encadrement – confédération générale des cadres, CFE-CGC, Union nationale des syndicats autonomes, UNSA, Confédération générale du travail – Force ouvrière, CGT-FO) quant à la conduite qu'il convenait d'adopter à leur égard. Certains d'entre eux, notamment la CFTC, ont privilégié le recours judiciaire pour délit d'entrave au fonctionnement du comité d'entreprise estimant que la direction était au courant des risques encourus depuis août 2002 sans en informer le comité d'entreprise. D'autres syndicats, à l'instar de la CFE-CGC et de la CFDT, ont d'emblée mis l'accent sur la nécessité de mettre en oeuvre un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) estimant, comme le souligne la CFE-CGC « qu'il convenait de s'occuper des salariés avant les murs ». En outre, pour ce syndicat, la perspective d'une réouverture du site en 2011 laissait peu d'espoir de réintégration des salariés de l’enseigne. Après plusieurs mois de tergiversation, un PSE a vu le jour en février 2006. Il a été signé par la CFDT, l’UNSA, la CFE-CGC ainsi que par la CGT dont la confédération se serait particulièrement investie dans ce dossier. Ce PSE a expiré le 30 avril 2007.
Un plan social qui fait la part belle aux préretraites
Le plan social a fait appel à deux sociétés de reclassement, la Sodie et Altédia (FR0507106F), pour accompagner ces salariés dans leur démarche professionnelle.
La principale mesure utilisée est l’instauration d’un régime des préretraites.
Sur les 750 salariés concernés par le PSE, 250 d'entre eux, soit un tiers de l'effectif, ont pu quitter l'entreprise dès 55 ans dans le cadre de préretraites financées par l'entreprise. Pour les autres salariés, 131 d'entre eux ont souhaité et obtenu un reclassement interne au sein des entreprises du groupe LVMH. Il est à noter que cette possibilité avait été offerte à l'ensemble des salariés de l'enseigne. Mais, une majorité d'entre eux, 295, ont fait le choix du reclassement externe. Eté 2007, sur ces 295 salariés, certains sont salariés en contrats indéterminés, d'autres ont créé leur entreprise ou sont en formation longue de reconversion. D'autres encore ont fait le choix de mener à bien un projet personnel en utilisant la prime au départ généreuse prévue à cet effet par le PSE. Au total, la CFE-CGC estime que 96 % du personnel de la Samaritaine a trouvé « une solution identifiée ». Actuellement, près de 50 salariés sont toujours en attente de reclassement. Aussi, un accord complémentaire au PSE vient d'être signé en février 2007 par la CFDT, l’UNSA, la CFE-CGC et la CFTC pour favoriser de nouveaux départs via un abaissement de l’âge de la préretraite à 50 ans, un seuil bien bas.
Commentaire
Comme souvent en France, et malgré la volonté du gouvernement de l'époque de limiter le recours aux mesures d'âge, le plan de sauvegarde de l'emploi adopté a largement utilisé le régime des préretraites comme alternative à la fermeture de l'entreprise.
Carole Tuchszirer, Institut de recherches économiques et sociales (IRES)