Communiqué, issue 4, 2004
Articles
- Poursuivre résolument les objectifs de Lisbonne
- Régimes de pension professionnels en Europe
- Qualité de vie en Allemagne et en Pologne
- Les «working poor» en Europe
- L’ERM signale d‘importantes pertes d’emploi
- Vivre pour travailler, travailler pour vivre
- Différents niveaux de satisfaction à l'égard de la vie en Europe
- Les défis à venir
Anciens numéros de Communiqué,
Selon la dernière étude comparative de l’EIRO, l'Observatoire européen des relations industrielles de la Fondation, les régimes publics classiques de pension continueront certainement d’être la principale source de revenu des retraités, mais en Europe les partenaires sociaux font pression pour obtenir l’amélioration des régimes de pension aussi bien professionnels qu’individuels, compte tenu des tendances démographiques à venir.
Presque tous les pays européens ont récemment réformé ou commencé à réformer leurs régimes de pension, pour s’assurer qu’à l’avenir les pensions soient adéquates et viables. Certaines évolutions démographiques récentes, telles que la baisse des taux de natalité, l’augmentation globale de l’espérance de vie et le vieillissement de la génération du «baby boom» mettent de plus en plus à rude épreuve la pérennité des systèmes de retraite actuels. La nouvelle étude comparative de l’EIRO sur les régimes de pension professionnels et les relations industrielles, Occupational pensions and industrial relations, examine les aspects liés aux relations industrielles de l’évolution récente en matière de retraites dans 18 pays. Ce rapport s’intéresse tout particulièrement aux régimes de pension professionnels, domaine où les partenaires sociaux jouent souvent un rôle considérable pour ne pas dire déterminant.
Retraites individualisées
Le rapport montre que les partenaires sociaux européens reconnaissent
que ce sont les régimes publics classiques de pension qui, à l’avenir,
prendront en charge la plus grande partie des obligations en matière de
retraites. Cependant, les partenaires sociaux montrent clairement une
tendance à faire pression pour obtenir l’amélioration des régimes complémentaires,
publics ou professionnels, et pour la promotion de dispositions individuelles:
les régimes à prestations définies seront probablement remplacés par des
régimes où ce sont les contributions qui seront définies. Pour l’essentiel,
ces régimes ont pour objet de faire passer le risque, en matière de retraite,
de l’employeur au salarié; ils sont le reflet d’une tendance vers l’individualisation
des dispositions en matière de retraite.
Le rapport confirme aussi que de nombreux pays ont connu un retournement
de la tendance vers l’abaissement de l’âge de la retraite; partout en
Europe, de nombreux régimes de retraite anticipée sont abolis ou du moins
durcis.
Différents types de retraites
La tendance vers des retraites individualisées pourrait avoir des effets négatifs sur certaines catégories de salariés. Le rapport établit qu’en matière de retraite, il existe des différences considérables entre différents groupes de salariés. Les femmes, les travailleurs à temps partiel et les ouvriers non qualifiés sont sous-représentés dans les régimes de retraite professionnels, sans parler des travailleurs indépendants et des salariés occupant divers autres types d’emplois non standards. Bien que de nombreux pays aient pris des mesures pour faciliter la participation de ces groupes à ces régimes, l’accès au régime professionnel de base ne sera pas facilité lorsque ces régimes revêtiront un caractère plus individualiste, selon le rapport.
