Communiqué, issue 1, 2004
Articles
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- Niveaux de négociation collective plus élevés dans l'UE qu'au Japon et aux États-Unis
- Selon une étude, les flux migratoires devraient être faibles
- Europe: la course à la compétitivité
- Focus sur les conditions de travail dans deux secteurs
- Un itinéraire pour la résolution des conflits
- Conditions de travail: une comparaison internationale
- L'économie des petits pays d'Europe est la plus touchée par les restructurations industrielles
- Travailleurs à temps partiel: des conditions de travail encore difficiles
Anciens numéros de Communiqué,
Deux nouveaux rapports éclairent d’un jour nouveau les tendances actuelles en matière de conditions de travail et d’emploi dans deux des secteurs qui évoluent le plus rapidement dans l’UE: le fret routier, et l’hôtellerie et la restauration. Comme l’a révélé la troisième enquête européenne de la Fondation sur les conditions de travail, ces deux secteurs sont en train de subir de grands bouleversements, provoqués par l’introduction des nouvelles technologies, une concurrence internationale accrue et de nouvelles pratiques de travail.
Ces deux rapports fournissent une analyse détaillée de ces évolutions, à partir de données qualitatives et quantitatives provenant de l’ensemble des 15 États membres, ainsi que par des revues de la littérature. Les thèmes couverts vont de la qualité des conditions de santé et de travail des employés à l’environnement et aux tendances réglementaires. On note également des recommandations proposant des solutions à divers problèmes, étayées par des études de cas.
Le secteur du fret routier dans l’UE
D’après le rapport sur le fret routier, les conducteurs de ce secteur ont de moins en moins d’autonomie dans leur travail. Les exigences des clients qui réclament des livraisons plus rapides «just-in-time (JIT)» (juste-à-temps), combinées à l’introduction de nouvelles technologies dignes de «Big Brother» dans les véhicules, telles que des systèmes satellite GPS, constituent, entre autres, deux évolutions récentes qui contribuent à ces difficultés.
Pour ajouter à ces défis, le personnel est confronté à une pression croissante pour assumer un plus grand éventail de missions, car les sociétés s’efforcent de réduire leurs frais dans ce secteur cyclique et hautement concurrentiel. On attend fréquemment des conducteurs qu’ils chargent et déchargent les véhicules, et qu’ils accomplissent des tâches d’entreposage. Ceci les expose à des risques supplémentaires. De plus en plus, ils constituent également le seul contact de la société avec ses clients, ce qui requiert de nouvelles compétences en communication, notamment les langues étrangères à l’heure où ce secteur s’étend au-delà des frontières nationales. Or, beaucoup de conducteurs ne possèdent pas ces compétences: le salarié type est un homme d’une quarantaine d’années possédant un niveau d’études relativement modeste.
Malgré ces responsabilités supplémentaires et ces obstacles, la formation est limitée, principalement en raison du fait que plus de 65% des entreprises de fret routier emploient moins de 10 salariés et ne disposent pas des ressources nécessaires. La conformité réglementaire est également faible.
Cependant, tout n’est pas négatif. Les avancées technologiques ont réduit l’exposition des salariés aux fumées et aux vapeurs, tandis qu’une conception plus ergonomique des camions a permis de réduire le risque de troubles musculo-squelettiques. Même quelques-uns des nouveaux dispositifs à bord ont eu des retombées positives, notamment l’amélioration de la sécurité routière.
Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration dans l’UE
Selon le rapport de la Fondation sur ce secteur, l’industrie de l’hôtellerie et de la restauration doit «repenser ses modèles économiques et ses moyens d’attirer et de retenir ses salariés» pour satisfaire la demande des clients aspirant à un niveau de service plus élevé et plus souple. En particulier, les hôtels et les restaurants devront traiter le personnel comme un investissement plutôt que comme un coût, en mettant davantage l’accent sur la formation et des contrats de travail moins précaires.
Pour l'instant, ce secteur se caractérise par des salaires peu élevés, des horaires peu compatibles avec une vie sociale et une main-d’œuvre à dominance jeune, sous-qualifiée et employée la plupart du temps avec des contrats de travail temporaires ou de courte durée en raison de la nature hautement saisonnière de ce secteur. Dans certains pays, il existe même une tendance à recruter du personnel pour des travaux ponctuels. Il en résulte que la rotation du personnel tend à être élevée et le niveau d’expérience faible.
Toutefois, un certain nombre de tendances au sein du secteur de l’hôtellerie et de la restauration devraient entraîner des changements. Par exemple, les clients délaissent de plus en plus les vacances «au soleil» au profit de vacances plus spécialisées et haut de gamme, comprenant des attractions et des activités culturelles et environnementales qui nécessitent des compétences particulières de la part des employés. Généralement, le marché devient plus fragmenté.
Le besoin d’augmenter les compétences informatiques et techniques du personnel devient également plus pressant à l’heure où la technologie s’enracine plus profondément dans le secteur. En outre, le vieillissement de la population européenne met en doute la sagesse commerciale de la forte tendance dans ce secteur à préférer des employés jeunes, en particulier le personnel féminin jeune.
Ces défis ne sont évidemment pas universels: les grands hôtels et chaînes de restauration abordent manifestement ces questions, mais la difficulté vient du fait que la grande majorité des entreprises de ce secteur est constituée de petites et moyennes entreprises, encore repliées sur le passé.
