Communiqué de presse, 16 mars 2009
Eurofound élabore des mesures pour l’emploi au niveau des sociétés et des états membres européens
Des signes que les patrons privilégient les alternatives au licenciement
Il existe des signes que les gouvernements et les sociétés de l’Union européenne optent pour des initiatives maintenant l’emploi, par opposition aux licenciements et au chômage technique, étant donné qu’ils cherchent à surmonter les turbulences du chaos financier actuel. Un nouveau rapport d’Eurofound, l’agence de l’Union européenne basée à Dublin, décrit des mesures et des règles de bonnes pratiques innovantes au niveau gouvernemental et sociétaire pour maintenir l’emploi des travailleurs. Il montre la façon dont les sociétés utilisent le travail à court terme, les congés sabbatiques rémunérés/non rémunérés et les clauses de « rémunération pour emplois » dans les accords de restructuration, et la façon dont les partenaires sociaux réagissent à ces développements.
Plusieurs gouvernements de l’UE ont mis en place des programmes d’indemnisation à court terme grâce auxquels les employeurs peuvent demander une aide temporaire à l’état pour augmenter le salaire des employés à temps partiel. Généralement, ces programmes dépendent des accords négociés entre les partenaires sociaux et ils sont assujettis aux conditions du marché. D’autre part, ils baissent en fonction des niveaux du chiffre d’affaires des entreprises. Le rapport expose les rouages du système mis en place en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et en Autriche, ainsi que le projet de loi actuellement discuté par le gouvernement slovène.
Les employeurs cherchent également à retenir leur personnel jusqu’à la fin des turbulences économiques: un des signes en étant l’augmentation des offres pour interruptions de carrière payées. D’après le rapport, de telles mesures sont principalement en vigueur au Royaume-Uni et en Irlande, notamment depuis que les initiatives au niveau des sociétés, impliquant aussi bien le salaire que la flexibilité temporaire, sont plus plausibles dans les pays où il n’existe aucune convention collective sur la flexibilité du temps de travail.
Le rapport examine également pourquoi les sociétés préfèrent éviter les suppressions d’emploi. Une raison est certainement le coût financier des licenciements, mais il existe également une évidence empirique très répandue indiquant que les entreprises ont été freinées par leur expérience antérieure des récessions, dans la mesure où le licenciement du personnel compétent et expérimenté mine les efforts pour restaurer les niveaux de production durant la phase de récupération. Dans certains pays, les régimes publics pour financer les mises à pied temporaires et réduire les temps de travail sont une incitation pour les sociétés à utiliser ces mécanismes. Aussi, la politique de gestion des ressources humaines au sein des grandes entreprises peut être plus axée sur le moyen et le long terme qu’auparavant, dans la mesure où les profils démographiques de nombreux pays réduiraient gravement la main-d’œuvre disponible.
Le rapport expose clairement les risques liés aux mesures prises pour assurer la survie des sociétés viables jusqu’à la fin des difficultés à court terme, et leurs manques possibles d’efficacité en cas de ralentissement prolongé.
Note à l'attention des rédacteurs : La Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) est un organisme tripartite de l’UE, dont le rôle est de proposer aux acteurs clés dans l’élaboration des politiques sociales des résultats, des connaissances et des conseils tirés de la recherche comparative. Eurofound a été créé par le règlement du Conseil de la CEE No 1365/75 du 26 mai 1975 et son siège se trouve à Dublin, en Irlande.
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