France : la journée pour le « travail décent »

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Dans le cadre de la journée mondiale pour le « travail décent  du 7 Octobre, les syndicats français affiliés à la CSI ont tenu un meeting pour sensibiliser l’opinion publique à ce sujet dans un contexte particulier inhérent à la situation économique mondiale. A l’occasion de cette mobilisation, près de 90 manifestations se sont tenus dans toute la France.

La mobilisation pour le « travail décent »

Le 7 octobre 2008, à l’appel de la Confédération internationale des syndicats, CSI, ses organisations syndicales françaises affiliées : Confédération française démocratique du travail, CFDT, Confédération française des travailleurs chrétiens, CFTC, Confédération générale du travail, CGT, Confédération générale du travail – Force ouvrière, CGT-FO, Union nationale des syndicats autonomes, UNSA, ont relayé en France cette première initiative de la journée mondiale de mobilisation pour le « travail décent » . Lors du meeting-concert place du Trocadéro près des Champs-Elysées, où alternaient des tubes musicaux interprétés par plusieurs artistes et des prises de paroles des leaders syndicaux, ces derniers se sont employés à expliciter leurs revendications mises en regard de la crise économique mondiale. L’initiative de ce 7 octobre a visé à mettre en avant l’agenda pour le « travail décent » signé en 1999 par les 182 membres de l’Organisation Internationale du Travail, OIT. Pour son directeur général, Juan Somavia, qui est à l’origine de ce concept, il s’agit de fonder le droit de tout salarié à accéder à « un travail productif, sécurisé, convenablement rémunéré et respectueux des droits fondamentaux ainsi que du dialogue social et du droit de la protection sociale ».

La manifestation parisienne a eu pour particularité d’accueillir le secrétaire général de la CES, John Monks, le secrétaire général de la CSI, Guy Ryder ainsi que des représentants d’autres confédérations syndicales nationales et du mouvement français des sans papiers (FR0809029I).

Guy Ryder dont la confédération est à l’initiative de cette journée mondiale pour le « travail décent », a appelé à construire « un nouvel internationalisme syndical à la hauteur des défis de l’ère de la mondialisation alors que des décennies de déréglementation ont poussé le monde au bord de la récession ». Son homologue de la CES a considéré que « la crise actuelle marque un tournant dans l’histoire. C’est la fin d’une idéologie. » Pour la CES, « la période de tous les excès financiers doit prendre fin ». Ainsi, pour le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, « on ne parle que des banques et pas des conséquences économiques et sociales de cette crise alors qu’on les voit déjà avec des plans sociaux et des fermetures d’usines ». Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault a souligné quant à lui que « lors de cette journée de mobilisation, l’objet de tous les syndicats du monde, c’est de remettre du social au centre des décisions politiques et des mécaniques économiques ». Le secrétaire général de la CGT-FO, Jean-Claude Mailly, a enfoncé le clou en estimant que cette crise est « une claque pour les gouvernements qui ont laissé la déréglementation se faire et qui ont capitulé face à leurs responsabilités budgétaires, monétaires et fiscales ». Pour la CFTC, Joseph Thouvenel a plaidé pour « une traçabilité sociale et environnementale » permettant de savoir où et dans quelles conditions sont fabriqués les produits de consommation. Le secrétaire général de l’UNSA, Alain Olive, a souligné le côté « symbolique » de cette journée, qui « permet de réaffirmer que le capitalisme financier qui marche sur la tête va être dans l'obligation de se réformer, que les salariés ne doivent pas payer les pots cassés ».

Près de 90 manifestations sur le territoire

La Confédération française de l’encadrement – confédération générale des cadres, CFE-CGC), la Fédération Syndicale Unitaire, FSU et Solidaire, Unitaire, Démocratique, SUD ont décidé avec la CFDT, la CGT et l’UNSA de coupler cette journée mondiale pour le travail décent à un mot d’ordre appelant à manifester ce même jour dans près de 90 villes françaises pour l’emploi, les salaires, les conditions de travail et les services publics.

La CGT-FO et la CFTC n’étaient pas présentes à cette initiative refusant d’inclure des revendications nationales dans une journée de solidarité internationale.

Les quelques 110 000 manifestants au niveau national, selon les syndicats, ont fait percevoir leurs craintes à l’égard de la situation économique générale et leurs oppositions à :

Benoît Robin, Institut de recherches économiques et sociales (IRES)

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