Évolution de la syndicalisation de 1993 à 2003

Ce rapport étudie l'évolution de la syndicalisation dans 23 États membres de l'UE, deux pays candidats et la Norvège entre 1993 et 2003. Il examine le nombre de syndiqués, la taille relative des principales organisations et la ventilation des adhérents par sexe, ainsi que les problèmes liés à l’évaluation du taux de syndicalisation.

Les adhésions aux syndicats - tant en valeur absolue qu’en pourcentage de leur base de recrutement potentielle parmi les travailleurs - ont toujours suscité un intérêt majeur auprès des praticiens et des chercheurs en matière de relations industrielles. La taille et la représentativité des syndicats sont des facteurs clés au sein des systèmes nationaux de relations industrielles, au même titre que les chiffres relatifs concernant les adhésions des différentes organisations syndicales.

Malgré l’intérêt qu’on leur porte, les chiffres relatifs à la syndicalisation des organisations de partenaires sociaux (organisations patronales et syndicats - voir TN0311101S) sont semble-t-il l’un des domaines les plus complexes et conflictuels des données sur les relations industrielles. Étant donné l’importance du nombre de leurs adhérents à plusieurs égards dans les négociations avec les employeurs et les organismes publics, et dans leur traitement par rapport à d’autres syndicats, les syndicats sont dans certains cas assez sensibles au sujet des chiffres sur les adhésions. Ce domaine pose également de multiples problèmes méthodologiques et conceptuels - comment les syndicats et la syndicalisation sont-ils définis, comment les données sont-elles collectées, etc. Ces problèmes rendent difficile l’étude des données nationales sur adhésions syndicales et ces difficultés sont amplifiées lorsqu’on se risque à des comparaisons internationales.

Cette étude vise à présenter des données sur la syndicalisation au cours de la dernière décennie, dans 23 États membres de l’UE (hormis la République tchèque et la Lituanie), deux pays candidats (la Bulgarie et la Roumanie) ainsi qu’en Norvège, en examinant si possible les années 1993, 1998 et 2003. Les chiffres concernant la syndicalisation proviennent de sources nationales - généralement des organisations syndicales elles-mêmes - et des centres nationaux de l’Observatoire européen des relations industrielles. Aucune tentative n’a été faite pour connaître les méthodes de calcul de ces données nationales, évaluer leur exactitude ou les harmoniser d’une quelconque façon - il convient de garder à l’esprit cette mise en garde lors de la lecture des informations.

Après l’examen des chiffres et des tendances globales en matière d’adhésions entre 1993 et 2003, nous étudierons certains aspects de la question épineuse du taux de syndicalisation. Comme nous le rappellerons ci-après, nous ne tenterons pas de fournir des statistiques définitives sur le taux de syndicalisation, mais nous nous pencherons sur certains problèmes de calcul.

Données relatives à la syndicalisation

Pour chacun des 26 pays examinés, notre approche, pour calculer le total des adhésions syndicales, a été de rechercher les chiffres correspondant au nombre de membres sous la tutelle de chacune des principales organisations syndicales 'de pointe' de niveau supérieur - à savoir, les confédérations, les fédérations et autres entités (appelées 'centrales' ci-après) auxquelles les organisations syndicales de niveau inférieur (sectorielles, professionnelles, régionales, d’entreprise, etc.) sont affiliées, mais qui ne sont pour leur part affiliées à aucune organisation de niveau supérieur au niveau national. Outre les adhérents affiliés à ces centrales syndicales (comme nous les appellerons plus bas), nous avons aussi étudié le chiffre consolidé des adhésions de tous les 'autres' syndicats en dehors du giron des centrales. Les chiffres relatifs aux centrales nationales et aux 'autres' syndicats ont été additionnés pour obtenir le total. Toutes ces données - pour 1993, 1998 et 2003 - sont présentées dans le tableau 1 ci-dessous. Les noms complets de toutes les centrales syndicales sont fournis en annexe de ce document.

Toutefois, en raison de la diversité des situations nationales et de la nature incomplète des données, il n’a pas toujours été possible de suivre à la lettre cette méthodologie. Dans un souci de clarté, il convient de lire attentivement les notes explicatives pour chaque pays. Néanmoins, on remarque surtout que certains pays ne disposent d’aucun chiffre ou estimation concernant les adhésions syndicales autres que celles des principales confédérations/ centrales répertoriées dans le tableau. Il est donc possible que le total des adhésions syndicales donné ne constitue pas une vision exhaustive de la situation. Ce problème est particulièrement marqué dans les pays où ces 'autres' syndicats affichent une syndicalisation relativement importante. C’est notamment le cas en Italie, en Pologne (surtout avant 2003), en Espagne et peut-être au Portugal. En Belgique et en Allemagne, les 'autres' syndicats non compris dans les totaux semblent relativement mineurs, de sorte que le chiffre global est probablement proche de la réalité. Ce problème de la présence de syndicats dont les adhésions ne sont pas connus en dehors des principales centrales semble inexistant ou négligeable en Autriche, en Grèce, en Lettonie et au Luxembourg (au moins pour 2003) et leurs totaux sont donc certainement assez fiables. Les totaux sont relativement fidèles dans les pays disposant de chiffres ou d’estimations sur la syndicalisation des 'autres' syndicats - Bulgarie, Chypre, Danemark, Estonie, Finlande, Hongrie, Malte, Pays-Bas, Norvège, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et Suède. Aucun chiffre n’est disponible pour la principale centrale ou les 'autres' syndicats en Irlande, ni pour les 'autres' syndicats au Royaume-Uni, mais dans ces deux pays, d’autres sources permettent d’obtenir les chiffres totaux, qui peuvent être considérés comme assez exhaustifs. Enfin, aucun total n’est fourni pour la France, en raison de l’absence de données sur les adhésions syndicales de la majorité des confédérations/centrales.

Les données présentées dans le tableau sont dans la plupart des cas directement fournies par les syndicats eux-mêmes. Dans certains cas, les informations proviennent d’un registre ou d’une autorité centrale officielle, comme pour Chypre, Malte, le Portugal (1993) et le Royaume-Uni (total des adhésions), de services statistiques nationaux (au Danemark, en Irlande et aux Pays-Bas) ou de recensements officiels, comme en Bulgarie (1998 et 2003). Les données pour la Belgique, l’Italie, la Norvège et le Portugal (2003) sont basées sur les travaux des centres de recherche. Dans certains cas (voir les notes se rapportant au tableau 1), les chiffres présentés - notamment pour les 'autres' syndicats - sont des estimations des centres nationaux de l’EIRO, alors que tous les chiffres concernant la Slovénie sont des estimations de la Commission européenne.

Comme le montre le tableau 1, les syndicats ont connu des fortunes diverses au cours de la dernière décennie. Pour la période 1993-2003, les chiffres sur les adhésions totales sont disponibles pour 19 des 26 pays. Parmi ceux-ci, 11 affichent une hausse globale de leur syndicalisation et huit une baisse (ce qui ne correspond évidemment pas aux augmentations et diminutions des taux de syndicalisation - voir ci-après). Les plus fortes hausses ont été enregistrées au Luxembourg, en Irlande, à Malte, en Norvège et à Chypre. Les plus fortes baisses sont relevées en Bulgarie, en Pologne et en Slovaquie. Bien que davantage de pays présentent une hausse qu’une baisse, le nombre consolidé de syndiqués dans les 19 pays a baissé d’environ un sixième entre 1993 et 2003. Cette situation s’explique par plusieurs raisons. Les pays où les adhésions ont augmenté sont principalement des petits pays et l’augmentation en valeur absolue des adhérents a donc été relativement faible. En revanche, la perte de membres dans les pays connaissant des baisses a été forte en valeur absolue en raison de diminutions massives des adhésions dans certains pays d’Europe centrale et orientale, et de baisses significatives dans de grands pays affichant un nombre élevé de syndiqués, tels que l’Allemagne et le Royaume-Uni.

La présence de chiffres nationaux pour 1993, 1998 et 2003 (ou des années les plus proches pour lesquelles des chiffres sont disponibles) permet d’étudier de façon plus approfondie les tendances pour la décennie. Parmi les pays significatifs où les adhésions syndicales se sont accrues entre 1993 et 2003, la tendance à la hausse s’est ralentie après 1998 en Belgique, à Chypre (très légèrement), au Danemark (où elle s’est inversée), à Malte, aux Pays-Bas et en Norvège, alors qu’elle s’est accélérée en Finlande, en Irlande, en Italie et au Luxembourg. Parmi les pays significatifs où les adhésions ont baissé entre 1993 et 2003, le taux de déclin s’est ralenti après 1998 dans tous les cas - Autriche, Bulgarie, Estonie, Allemagne, Grèce, Pologne, Slovaquie, Suède et Royaume-Uni - ce qui peut être encourageant pour les syndicats dans ces pays. En fait, au cours des deux ou trois dernières années, les baisses se sont globalement stabilisées dans des pays comme la Suède et le Royaume-Uni.

Des données sont disponibles sur l’évolution de la syndicalisation entre 1993 et 2003 pour 68 des 89 confédérations/centrales ou groupes d’'autres' syndicats examinés. Les adhésions ont augmenté dans 34 cas, diminué dans 28 et restés stables dans six. Parmi les organisations affichant des taux de hausse particulièrement élevés (33% et plus), on relève CC.OO en Espagne, la CFDT en France, OBG-L au Luxembourg, ASZSZ en Hongrie, AKAVA en Finlande, SACO en Suède et CGFP au Luxembourg. Les 'autres' syndicats se sont particulièrement développés en Slovaquie et en Suède. Les adhésions du syndicat roumain Meridian ont augmenté en flèche, mais cela est largement dû à l’inclusion dans le chiffre de 2003 d’un grand nombre de syndiqués non salariés (voir ci-après 'Questions liées au taux de syndicalisation').

De nombreuses grandes centrales des pays d’Europe centrale et orientale ont connu des diminutions massives de leurs adhésions, de 50% ou plus, notamment CITUB et CL Podkrepa en Bulgarie, EAKL en Estonie, OPZZ et NSZZ Solidarność en Pologne et KOZ SR en Slovaquie. En fait, les 22 centrales ou groupes d’'autres' syndicats des pays d'Europe centrale et orientale disposant de données, ont toutes (sauf six) perdu des membres entre 1993 et 2003 (avec une chute des adhésions syndicales totales de moitié environ). En Europe de l’ouest, les baisses des adhésions ont été moins marquées, mais ont dépassé 10% pour les grandes organisations telles que ÖGB en Autriche, DGB en Allemagne, GSEE en Grèce, LO en Suède et TUC au Royaume-Uni.

La syndicalisation globale des 68 centrales et groupes d''autres' syndicats disposant de données a baissé d'environ 15% sur la période 1993-2003. Dans les anciens États membres de l’UE et en Norvège, la baisse est d’environ 5%, alors que dans les nouveaux États membres et dans les pays candidats, elle avoisine 50%.

Le tableau général peut être résumé comme suit. Les adhésions syndicales de toutes les centrales et groupes d’'autres' syndicats et les niveaux généraux de syndicalisation nationale semblent en hausse en Belgique, en Irlande, en Italie, au Luxembourg, à Malte, en Espagne et, probablement au Portugal. À Chypre, au Danemark, en Finlande, aux Pays-Bas et en Norvège, la syndicalisation globale est en hausse, mais certaines organisations perdent des membres (dans le cas de la Norvège, l’évolution des adhésions de certaines organisations au cours de la dernière décennie peut en grande partie être imputée à l’évolution de la structure des syndicats et des affiliations des syndicats individuels). Les adhésions de toutes les centrales/ groupes d’'autres' syndicats et les niveaux généraux de syndicalisation nationale semblent en baisse en Autriche, en Bulgarie, en Estonie, en Grèce, en Lettonie, en Pologne et au Royaume-Uni. En Allemagne, en Slovaquie et en Suède, les adhésions syndicales globales sont en chute, mais certaines organisations (généralement les plus petites) résistent à cette tendance.

Tableau 1. Adhésions syndicales, 1993-2003
Pays Confédération /centrale 1993* 1998** 2003*** Évolution 1993-2003
Autriche ÖGB 1,616,000 1,480,000 1,407,000 -12.9%
Total 1,616,000 1,480,000 1,407,000 -12.9%
Belgique CSC/ACV 1,541,000 1,609,000 1,637,000 6.2%
FGTB/ABVV 1,109,000 1,187,000 1,201,000 8.3%
CGSLB/ACLVB 215,000 217,000 223,000 3.7%
Total 2,865,000 3,013,000 3,061,000 6.8%
Bulgarie CITUB 1,426,000 608,000 390,000 -72.7%
CL Podkrepa 500,000 155,000 109,000 -78.2%
Promiana - 8,000 5,000 -37.5%****
ADTU 30,000 2,000 4,000 -86.7%
NTU 30,000 0 4,000 -86.7%
Autres 206,000 5,000 3,000 -98.5%
Total 2,192,000 778,000 515,000 -76.5%
Chypre SEK 55,000 61,000 65,000 18.2%
PEO 66,000 64,000 64,000 -3.0%
DEOK 6,000 6,000 7,000 16.7%
Autres 32,000 36,000 39,000 21.9%
Total 159,000 167,000 175,000 10.1%
Danemark LO 1,471,000 1,478,000 1,433,000 -2.6%
FTF 338,000 347,000 356,000 5.3%
AC 117,000 146,000 161,000 13.8%
LH 65,000 79,000 76,000 6.9%
Autres 125,000 120,000 125,000 0
Total 2,116,000 2,170,000 2,151,000 1.7%
Estonie EAKL 342,000 65,000 48,000 -86.0%
TALO 55,000 40,000 35,000 -36.4%
Autres sd sd 10,000 -
Total - - 93,000 -
Finlande SAK 1,136,000 1,084,000 1,062,000 -6.5%
STTK 619,000 651,000 634,000 2.4%
AKAVA 312,000 347,000 424,000 35.9%
Autres 2,000 2,000 2,000 0
Total 2,069,000 2,084,000 2,122,000 2.6%
France CGT 639,000 668,000 sd 4.5%*****
CFDT 617,000 757,000 889,000 44.0%
Allemagne DGB 10,290,000 8,311,000 7,363,000 -28.4%
DBB 1,079,000 1,184,000 1,224,000 13.4%
CGB 311,000 303,000 307,000 -1.3%
Total 11,680,000 9,798,000 8,894,000 -23.9%
Grèce GSEE 485,000 416,000 422,000 -13.0%
ADEDY 236,000 240,000 217,000 -8.1%
Total 721,000 656,000 639,000 -11.4%
Hongrie SZEF 270,000 230,000 270,000 0
MSZOSZ sd sd 240,000 -
ASZSZ 110,000 140,000 150,000 36.4%
LIGA 100,000 100,000 100,000 0
ÉSZT 100,000 105,000 85,000 -15.0%
MOSZ 65,000 60,000 56,000 -13.8%
Autres 35,000 35,000 35,000 0
Total - - 936,000 -
Irlande ICTU sd sd sd -
Total 432,000 463,000 515,000 19.2%
Italie Cgil 5,237,000 5,249,000 5,461,000 4.3%
Cisl 3,769,000 3,910,000 4,153,000 10.2%
Uil 1,588,000 1,604,000 1,652,000 4.0%
Total 10,594,000 10,763,000 11,266,000 6.3%
Lettonie LBAS sd 252,000 180,000 -28.6%****
Total sd 252,000 180,000 -28.6%****
Luxembourg OGB-L 39,000 46,000 55,000 41.0%
LCGB 32,000 36,000 40,000 25.0%
CGFP 18,000 20,000 24,000 33.3%
ALEBA/UEP-NGL-SNEP 8,000 10,000 20,000 - (see note)
Total 97,000 112,000 139,000 43.3%
Malte CMTU 30,000 33,000 36,000 20.0%
Autres 44,000 49,000 51,000 16.0%
Total 74,000 82,000 87,000 17.6%
Pays-Bas FNV 1,092,000 1,233,000 1,226,000 12.3%
CNV 327,000 361,000 355,000 8.6%
MHP 146,000 219,000 169,000 15.8%
Autres 245,000 123,000 191,000 -22.0%
Total 1,810,000 1,936,000 1,941,000 7.2%
Norvège LO 765,000 839,000 800,000 4.6%
UHO - - 223,000 -
YS 203,000 238,000 200,000 -1.5%
Akademikerne - 111,000 128,000 15.3%****
AF 232,000 161,000 - -
Autres 125,000 140,000 147,000 17.6%
Total 1,325,000 1,489,000 1,498,000 13.1%
Pologne OPZZ 4,500,000 2,000,000 800,000 -82.2%
NSZZ Solidarność 2,000,000 1,200,000 780,000 -61.0%
FZZ - - 320,000 -
Total 6,500,000 3,200,000 1,900,000 -70.8%
Portugal CGTP sd sd 652,000 -
UGT sd sd 400,000 -
Autres sd sd 113,000 -
Total 1,150,000 - 1,165,000 1.3%
Roumanie Meridian 40,000 450,000 1,500,000 3,650.0%
Cartel Alfa 1,200,000 1,100,000 1,000,000 -16.7%
CNSLR 1,284,000 856,000 798,000 -37.9%
CSDR 650,000 650,000 650,000 0
BNS sd sd 421,000 -
Autres 150,000 40,000 30,000 -80.0%
Total - - 4,399,000 -
Slovaquie KOZ SR 1,574,000 831,000 554,000 -64.8%
Autres 9,000 23,000 22,000 144.4%
Total 1,583,000 854,000 576,000 -63.6%
Slovénie ZSSS sd sd 180,000 -
KNSS sd sd 15,000 -
Pergam sd sd 15,000 -
Konfederacija '90 sd sd 10,000 -
Autres sd sd 140,000 -
Total sd sd 360,000 -
Espagne CC.OO 654,000 713,000 958,000 46.9%
UGT 740,000 796,000 944,000 27.6%
USO sd 72,000 106,000 47.2%****
CGT sd sd 100,000 -
Total - - 2,108,000 -
Suède LO 2,254,000 2,093,000 1,919,000 -14.9%
TCO 1,148,000 1,051,000 1,065,000 -7.2%
SACO 289,000 341,000 386,000 33.6%
Autres 21,000 77,000 76,000 261.9%
Total 3,712,000 3,562,000 3,446,000 -7.2%
Royaume-Uni TUC 7,647,000 6,639,000 6,685,000 -12.6%
Total 8,804,000 7,852,000 7,751,000 -12.0%

* Hormis pour: Hongrie (SZEF) et Portugal -1995; Irlande -1994.

** Hormis pour: Irlande -1997; Pays-Bas -1999; Espagne (USO) -2000.

** Hormis pour: Belgique -2000; Chypre et Slovénie -2001; Autriche, Danemark, Estonie, France (CFDT), Allemagne (DBB et CGB), Italie et Suède -2002.

**** Évolution de 1998 à 2003.

***** Évolution de 1993 à 1998.

Source: EIRO.

Le tableau 1 doit être lu en tenant compte des notes suivantes.

  • Autriche. ÖGB est la seule centrale syndicale du pays et presque tous les syndiqués appartiennent à ses organisations affiliées. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Les données proviennent d’ÖGB.
  • Belgique. La grande majorité des travailleurs syndiqués appartiennent aux entités affiliées à l’une des trois centrales citées. Toutefois, on remarque la présence de quelques organisations relativement petites en dehors de ces trois centrales - telles que la Confédération nationale des cadres/ Nationale Confederatie voor Kaderleden (CNC/NCK) - pour lesquelles aucune donnée n’est disponible. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez proche de la vérité, quoique peut-être légèrement en dessous. Les données proviennent du Centre de recherche et d'information socio-politique (CRISP).
  • Bulgarie. Outre les chiffres présentés pour les cinq centrales nommément citées, un chiffre global concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Promiana n’existait pas en 1993. Les données de 1993 sont fournies par les syndicats et celles de 1998 et 2003 figures proviennent de recensements officiels.
  • Chypre. Outre les chiffres présentés pour les trois centrales nommément citées, un chiffre global concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible - il comprend notamment les syndicats représentant les agents gouvernementaux (23 000 en 1993, 25 000 en 1998 et 26 000 en 2001), dont le principal est le Syndicat panchypriote des fonctionnaires (PASYDY). On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Les données proviennent du département de la sécurité sociale, ministère du travail.
  • Danemark. Outre les chiffres présentés pour les quatre centrales nommément citées, un chiffre global concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Les données proviennent de l’Office danois de la statistique.
  • Estonie. Outre les chiffres présentés pour les deux centrales nommément citées, une estimation globale concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible, bien que pour 2003 seulement. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Les données proviennent des syndicats eux-mêmes. Toutefois, il n’y a pas de données précises sur les adhésions des 'autres' syndicats et le chiffre de 2003 est une estimation basée sur les sources syndicales.
  • Finlande. Outre les chiffres présentés pour les trois centrales nommément citées, une estimation globale concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Les données proviennent des syndicats eux-mêmes. Toutefois, il n’y a pas de données précises sur les adhésions des 'autres' syndicats et le chiffre fourni est une estimation (concernant les petits syndicats indépendants représentant des groupes tels que les journalistes et les contrôleurs aériens).
  • France. Des données ne sont disponibles - auto-déclarées - que pour deux des cinq confédérations syndicales représentatives au niveau national. Aucun chiffre n’est disponible pour les trois autres confédérations représentatives, la Confédération générale du travail-Force Ouvrière (CGT-FO), la Confédération française de l'encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC) et la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) - ou pour d’autres centrales relativement importantes telles que l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), la Fédération syndicale unitaire (FSU) et l’Union syndicale Groupe des dix (G10). Nous n’avons donc pas tenté de fournir de chiffre total.
  • Allemagne. La grande majorité des travailleurs syndiqués appartiennent aux entités affiliées à l’une des trois centrales citées. Toutefois, on remarque la présence de quelques organisations relativement petites en dehors de ces trois centrales - telles que la Fédération allemande des journalistes (Deutscher Journalisten-Verband, DJV) - pour lesquelles aucune information consolidée sur les adhésions n’est disponible. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez proche de la vérité, quoique peut-être légèrement en dessous. Les données pour DGB et DBB proviennent des syndicats eux-mêmes et les données pour CGB émanent de IW Köln.
  • Grèce. La grande majorité des travailleurs syndiqués appartiennent aux entités affiliées à l’une des deux centrales citées. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Les données proviennent des syndicats eux-mêmes.
  • Hongrie. Outre les chiffres présentés pour les six centrales nommément citées, une estimation globale concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Les chiffres proviennent des syndicats eux-mêmes (les enquêtes et rapports de l’administration fiscale et financière [Adó- és Pénzügyi Ellenőrzési Hivatal, APEH] fournissent des chiffres bien inférieurs - HU0206102N). Toutefois, il n’y a pas de données précises sur les adhésions des 'autres' syndicats et le chiffre présenté est une estimation. Les chiffres ne comprennent pas les retraités (voir ci-dessous 'Questions liées au taux de syndicalisation').
  • Irlande. Aucun chiffre n’est disponible pour la seule centrale syndicale du pays, ICTU, ou les syndicats non affiliés. Le chiffre 'total' provient des enquêtes de l’Office central de la statistique (Central Statistics Office, CSO) et on peut considérer qu’il est assez complet.
  • Italie. Outre les trois centrales nommément citées, qui sont les principales, il existe un certain nombre d’autres organisations relativement importantes - telles que la Confédération italienne des syndicats autonomes de travailleurs (Confederazione Italiana Sindacati Autonomi Lavoratori, Cisal) et l’Union générale du travail (Unione generale del lavoro, Ugl) - pour lesquelles aucune information n’est disponible. On ne peut donc pas considérer que le chiffre 'total' soit complet. Les données proviennent de la bibliothèque nationale Cisl (Sindacato oh sindacato!, A Bianco et E Giacinto).
  • Lettonie. LBAS est la seule centrale syndicale du pays et la grande majorité des travailleurs syndiqués appartiennent à ses organisations affiliées - alors qu’il existe plusieurs autres syndicats mineurs (dont les adhésions sont estimées dans une fourchette de 5 000 à 10 000 membres), ils ne semblent pas actifs. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet, bien que très légèrement en dessous de la réalité. Les données proviennent de LBAS.
  • Luxembourg. La grande majorité des syndiqués appartiennent aux entités affiliées à l’une des quatre centrales citées. On peut considérer que le chiffre 'total' pour 2003 est assez complet, mais la fédération ALEBA-UEP-NGL-SNEP n’existait pas en 1993 et 1998, et le total de 1993 ne tient pas compte des membres de l’UEP, NGL et SNEP, alors que le total de 1998 exclut les membres de NGL et de SNEP (données non disponibles). Les données proviennent des syndicats eux-mêmes.
  • Malte. Outre les chiffres présentés pour la centrale nommément citée (l’unique confédération de Malte), un chiffre global concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible - principalement l’Union générale des travailleurs (GWU), dont les adhésions sont supérieures à celles du CMTU. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Les données proviennent du département des relations industrielles et professionnelles.
  • Pays-Bas. Outre les chiffres présentés pour les trois centrales nommément citées, un chiffre global concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. La Fédération générale des syndicats (Algemene Vakcentrale), comprise dans la catégorie 'autres' syndicats en 1993, a rejoint FNV et est désormais incluse dans ses chiffres depuis 1998. Les données proviennent de l’Office central de la statistique (Centraal Bureau voor de Statistiek, CBS).
  • Norvège. Outre les chiffres présentés pour les cinq centrales nommément citées, un chiffre global concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. AF n’apparaît pas dans les données 2003 car il a été dissout. Akademikerne n’est compris que depuis 1998 car il n’existait pas avant et UHO n’est inclus que depuis 2003 pour les mêmes raisons. Les données pour 1993 et 1998 proviennent de l’Institut de sciences sociales appliquées FAFO (Organisasjonsgrader i norsk arbeidsliv 1945-1998, Torgeir Aarvaag Stokke, Fafo-notat 643, 2000), et les données pour 2003 de Torgeir Aarvaag Stokke (recherches non publiées) et de l’Office statistique de Norvège.
  • Pologne. La grande majorité des travailleurs syndiqués appartiennent aux entités affiliées à l’une des trois centrales citées. Toutefois, on remarque la présence (actuelle ou passée) d’un certain nombre d’autres centrales plus petites pour lesquelles aucune donnée n’est disponible. En 1993, on recensait Solidarność ’80, avec environ 150 000 membres, et plusieurs autres centrales - telles que Sierpień 80, Kadra et Kontra- pour lesquelles aucune donnée n’était disponible. En 1998, Solidarność 80 comptait 80 000 membres, alors qu’on dénombrait au moins sept autres organisations syndicales importantes. L’année 2003 a marqué la création de FZZ qui rassemble la plupart des organisations non affiliées à OPZZ et à NSZZ Solidarność. Ainsi, les chiffres 'totaux' pour 1993 et 1998 sont clairement incomplets alors que le chiffre pour 2003 est quasiment complet bien qu’encore un peu sous-évalué. Les données proviennent des syndicats eux-mêmes.
  • Portugal. Il semble qu’aucune donnée ne soit disponible émanant des syndicats eux-mêmes et aucun chiffre concernant les deux centrales citées - les plus grandes - et les 'autres' syndicats n’est fourni dans le tableau pour 1993 et 1998. Le chiffre 'total' présenté pour 1993 provient du ministère du travail (pour 1995) et peut être considéré comme assez complet. Les chiffres de 2003 pour CGTP, UGT et les 'autres' sont basés sur des estimations du projet Partenaires sociaux en Europe de l’Institut des sciences du travail, Université catholique de Louvain. La catégorie 'autres' renvoie uniquement au Movimento Sindical Unitário (MSU) lié (mais non affilié) au CGTP, et il pourrait exister d’autres syndicats. Le 'total' de 2003 est donc probablement incomplet.
  • Roumanie. Outre les chiffres présentés pour les cinq centrales nommément citées, une estimation globale concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible. On peut considérer que le chiffre 'total' (pour 2003, pas de données disponibles pour BNS en 1993 et 1998) est assez complet. Les données proviennent des syndicats eux-mêmes. Toutefois, il n’y a pas de données précises sur les adhésions des 'autres' syndicats et le chiffre présenté est une estimation.
  • Slovaquie. Outre les chiffres présentés pour la centrale nommément citée (l’unique confédération de Slovaquie), une estimation globale concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible. On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Les données pour KOZ SR sont auto-déclarées. Le chiffre pour la catégorie 'autres' comprend les données fournies par le Syndicat chrétien indépendant de Slovaquie (Nezávislé krestanské odbory Slovenska, NKOS), ainsi que des estimations pour les autres syndicats.
  • Slovénie. Aucune donnée fiable n’est fournie par les syndicats ou des sources nationales. Les chiffres présentés dans la colonne 2003 sont basés sur des estimations de la Commission européenne pour 2001 (point médian utilisé lorsqu’une fourchette est donnée). Les données sont présentées comme étant 'à titre indicatif'.
  • Espagne. La grande majorité des syndiqués appartiennent aux entités affiliées à l’une des quatre centrales citées. Toutefois, on remarque la présence de quelques organisations relativement importantes en dehors de ces quatre centrales - telles qu’un certain nombre d’organisations syndicales régionales et la Confédération syndicale indépendante des fonctionnaires (Confederación Sindical Independiente de Funcionarios, CSIF) - qui ne disposent d’aucune information sur les adhésions. On peut considérer que le chiffre 'total' (pour 2003) n’est pas complet. Les données proviennent des syndicats eux-mêmes.
  • Suède. Outre les chiffres présentés pour les trois centrales nommément citées, un chiffre global concernant les adhésions des 'autres' syndicats est disponible - comprenant l’organisation centrale des travailleurs suédois (Svenska Arbetares Centralorganisation, SAC) et le Syndicat suédois des machinistes (Svensk Lokförarförening). On peut considérer que le chiffre 'total' est assez complet. Les données proviennent des syndicats eux-mêmes. Les chiffres pour TCO et SACO ne tiennent pas compte des membres inactifs.
  • Royaume-Uni. Le TUC fournit des données - auto-déclarées. Il n’y a pas de chiffres globaux pour les syndicats non affiliés au TUC. Le chiffre 'total' correspond aux adhésions des syndicats inscrits auprès de l’agent d’accréditation - on peut considérer qu’il est assez complet, mais il convient de noter que les syndicats ne sont pas tous répertoriés.

Taille relative des organisations

En Autriche et en Lettonie, il existe une seule centrale syndicale qui représente tous les syndiqués, ou presque tous. Sinon, dans tous les pays étudiés, on compte plusieurs organisations, et leur taille relative est une question importante. Le tableau 2 ci-dessous indique la proportion du nombre total de syndiqués représentés par chacune des centrale considérée et par les 'autres' syndicats lorsque des données sont disponibles - comme indiqué précédemment, certains pays ne disposent pas d’informations sur certains ou tous les 'autres' syndicats, et les proportions présentées correspondent aux totaux excluant leurs membres (cela est notamment le cas en Italie, en Pologne [surtout avant 2003], en Espagne et probablement au Portugal).

Outre l’Autriche et la Lettonie, il existe une seule centrale /confédération nationale en Irlande, à Malte, en Slovaquie et au Royaume-Uni, bien que dans ces cas, on dénombre plusieurs 'autres' syndicats. La grande majorité des travailleurs syndiqués sont représentés par l’unique centrale en Slovaquie (96,2% en 2003) et au Royaume-Uni (86,2%) - cela est probablement aussi le cas en Irlande, mais il n’y a pas de chiffre pour l’ICTU. La situation de Malte est particulière, dans la mesure où la confédération unique (CMTU) représente à peine 41,4% des travailleurs syndiqués, alors qu’un syndicat non affilié (l’Union générale des travailleurs) compte davantage de membres que le CMTU et représente plus de la moitié du total global.

Les 20 autres pays examinés comptent plusieurs centrales syndicales, plus dans beaucoup de cas un certain nombre d’'autres' syndicats. Il existe tellement de configurations différentes concernant les syndicats dans ces pays qu’il est presque impossible de les classer. Dans certains pays, il y a deux centrales, ou plus, qui cherchent essentiellement à représenter toutes (ou presque toutes) les catégories de travailleurs, et les divisions entre elles sont - au moins à l’origine - principalement politiques et religieuses (dans beaucoup de pays d'Europe centrale et orientale, la principale division 'politique' oppose les nouveaux syndicats créés après la chute de l'ancien régime politique socialiste d’État entre la fin des années 80 et le début des années 90, et les anciens syndicats, sous la tutelle de l'État, qui se sont réformés dans le nouveau contexte). Une autre approche de base consiste à ce que les centrales syndicales représentent différentes catégories de travailleurs - cols bleus, cols blancs et professions intellectuelles ou dirigeants - au lieu de se concurrencer (bien que les frontières entre elles puissent devenir floues). De même, dans certains pays, il peut y avoir une distinction entre différentes centrales représentant les secteurs privé et public (ou les salariés de droit privé et les fonctionnaires).

Il existe une 'concurrence' assez claire entre centrales syndicales de différents horizons idéologiques (bien que ces divisions de départ ne soient plus d’actualité dans certains cas) en Belgique, Bulgarie, Chypre, France, Hongrie, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Portugal, Slovénie et Espagne - bien que certaines centrales ciblent les travailleurs du secteur public (par exemple, en Hongrie et en Espagne), les cols blancs (par exemple, au Luxembourg) ou le personnel de direction (par exemple, en France et aux Pays-Bas) dans certains cas. Une des centrales est bien plus grande que les autres dans le cas de la Bulgarie (où la principale centrale représentait 75,7% de l’ensemble des syndiqués en 2003) et des Pays-Bas (63,1%). Une centrale représente aussi la majorité des syndiqués (53,5%) en Belgique, mais la deuxième plus importante est aussi très présente (39,2%). En Slovénie, la plus grande centrale représente la moitié de l’ensemble des syndiqués, mais aucune autre centrale ne représente plus de 5% des adhérents. Dans les autres pays de cette catégorie, les différences de taille entre les différentes centrales sont moindres et aucune n’est majoritaire. À Chypre, en Hongrie, en Pologne et en Espagne, les deux principales centrales sont très proches (avec moins de 5% d’écart) et relativement loin devant leurs rivales. En Italie, au Luxembourg et en Roumanie, la principale centrale (bien qu’elle ne soit pas majoritaire) est assez loin de sa rivale la plus proche (plus de 10 points de pourcentage). C’est en Hongrie et en Roumanie que les adhésions syndicales sont les plus éparpillées étant donné qu’aucune organisation ne représente plus du tiers des syndiqués alors que quatre centrales représentent plus de 10% des syndiqués.

L’Allemagne constitue une variante à ce modèle, avec deux confédérations concurrentes pour la plupart des travailleurs et une limitée aux fonctionnaires. Toutefois, la centrale générale la plus importante (DGB) est 25 fois plus importante que sa rivale (CGB) et l’Allemagne s’inscrit probablement plus naturellement dans un groupe avec 'une centrale dominante' aux côtés de l’Irlande, Malte, la Slovaquie et le Royaume-Uni.

Dans les pays nordiques tels que le Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède, les syndicats se distinguent essentiellement d’un point de vue professionnel, avec des centrales distinctes pour les cols bleus, les cols blancs et les professions intellectuelles (plus le personnel de direction au Danemark) - bien que les divisions puissent varier entre les pays. Dans tous les cas, la centrale principalement pour les cols bleus représentent actuellement au moins la moitié des syndiqués, allant de 66,6% (en 2003) au Danemark (LO) à 50% en Finlande (SAK). La deuxième plus grande centrale est celle des cols blancs au Danemark (16,6%), en Finlande (29,9%) et en Suède (30,9%). Les centrales pour les professions intellectuelles arrivent au deuxième rang en Norvège (où il en existe deux, représentant 23,4% des syndiqués en 2003) et au troisième rang au Danemark (7,5%), en Finlande (20,0%) et en Suède (11,2%). Dans ces quatre cas, on relève aussi un certain nombre d’'autres' syndicats. La division fondamentale entre les deux principales centrales en Estonie concerne les cols bleus et les cols blancs, la première (EAKL) étant à nouveau supérieure de moitié à la deuxième (TALO).

En Grèce, il existe deux centrales, dont l’une (GSEE) représente à la fois le secteur privé et public et l’autre (ADEDY) les fonctionnaires. La première est environ deux fois supérieure à la seconde en taille.

Comme indiqué précédemment, il existe des syndicats 'autres' que les grandes centrales dans beaucoup de pays. Lorsque des données sont disponibles, on constate qu’ils représentent (en 2003): moins de 1% de l’ensemble des syndiqués en Bulgarie, en Finlande et en Roumanie; de 1% à 5% en Suède, en Hongrie et en Slovaquie; de 5% à 10% au Danemark, aux Pays-Bas et en Norvège; de 10% à 20% en Estonie et au Royaume-Uni; et plus de 20% à Chypre, en Slovénie et à Malte.

Les évolutions du nombre relatif d’adhésions syndicales entre 1993 et 2003 ont rarement été majeures. On ne relève d’évolutions claires, de plus de cinq points de pourcentage (non liés aux changements statistiques) qu’en Bulgarie, où la principale centrale a accru sa domination, en Pologne, où la deuxième centrale a presque rattrapé la première et en Suède où la principale centrale, celle des cols bleus, a perdu des adhérents, principalement en faveur de la centrale des professions intellectuelles (toutefois, cela ne signifie pas que les anciens membres de LO aient rejoint SACO, mais que les pertes de LO dues à une baisse des travailleurs dans l’industrie a coïncidé avec une hausse du recrutement chez SACO). En fait, ce phénomène est survenu, de façon moins marquée, dans les trois autres pays nordiques où les syndicats sont divisés en fonction de différents horizons professionnels: au Danemark, en Finlande et en Norvège, la part des centrales de cols bleus a diminué alors que les centrales de cols blancs et/ou de professions intellectuelles ont augmenté en proportion (notamment pour les dernières). Ailleurs, les principales centrales ont perdu du terrain dans diverses mesures en Belgique, en Allemagne, en Grèce, en Italie, au Luxembourg, en Slovaquie et au Royaume-Uni (où la baisse s’est récemment ralentie), et en ont un peu gagné à Malte et aux Pays-Bas.

Tableau 2. Pourcentage du total des adhésions syndicales nationales par confédération/centrale et autres syndicats nationaux, 1993-2003
Pays Confédération /centrale 1993 1998* 2003** Évolution 1993-2003
Autriche ÖGB 100% 100% 100% 0
Belgique CSC/ACV 53.8% . 53.4% 53.5% -0.3
FGTB/ABVV 38.7% . 39.4% 39.2% 0.5
CGSLB/ACLVB 7.5% . 7.2% 7.3% -0.2
Bulgarie CITUB 65.1% 78.1% 75.7% 10.6
CL Podkrepa 22.8% 19.9% 21.1% -1.7
Promiana - 1.0% 1.0% 0***
ADTU 1.4% 0.3% 0.8% -0.6
NTU 1.4% 0.0% 0.8% -0.6
Autres 9.4% 0.6% 0.6% -8.8
Chypre SEK 34.6% 36.5% 37.1% 2.5
PEO 41.5% 38.3% 36.6% -4.9
DEOK 3.8% 3.6% 4.0% 0.2
Autres 20.1% 21.6% 22.3% 2.2
Danemark LO 69.5% 68.1% 66.6% -2.9
FTF 16.0% 16.0% 16.6% 0.6
AC 5.5% 6.7% 7.5% 2.0
LH 3.1% 3.6% 3.5% 0.4
Autres 5.9% 5.5% 5.8% -0.1
Estonie EAKL sd sd 51.6% -
TALO sd sd 37.6% -
Autres sd sd 10.8% -
Finlande SAK 54.9% 52.0% 50.0% -4.9
STTK 29.9% 31.2% 29.9% 0
AKAVA 15.1% 16.7% 20.0% 4.9
Autres 0.1% 0.1% 0.1% 0
Allemagne DGB 88.1% 84.8% 83.4% -4.7
DBB 9.2% 12.1% 13.3% 4.1
CGB 2.7% 3.1% 3.3% 0.6
Grèce GSEE 67.3% 63.4% 66.0% -1.3
ADEDY 32.7% 36.6% 34.0% 1.3
Hongrie SZEF sd sd 28.8% -
MSZOSZ sd sd 25.6% -
ASZSZ sd sd 16.0% -
LIGA sd sd 10.7% -
ÉSZT sd sd 9.1% -
MOSZ sd sd 6.0% -
Autres sd sd 3.8% -
Italie Cgil 49.4% 48.8% 48.5% -0.9
Cisl 35.6% 36.3% 36.9% 1.3
Uil 15.0% 14.9% 14.7% -0.3
Lettonie LBAS 100% 100% 100% 0
Luxembourg OGB-L 40.2% 41.1% 39.6% -0.6
LCGB 33.0% 32.1% 28.8% -4.2
CGFP 18.6% 17.9% 17.3% -1.3
ALEBA/UEP-NGL-SNEP 8.2% 8.9% 14.4% 6,2 (voir notes relatives au tableau 1)
Malte CMTU 40.5% 40.2% 41.4% 0.9
Autres 59.5% 59.8% 58.6% -0.9
Pays-Bas FNV 60.3% 63.7% 63.1% 2.8
CNV 18.1% 18.6% 18.3% 0.2
MHP 8.1% 11.3% 8.7% 0.6
Autres 13.5% 6.4% 9.8% -3.7
Norvège LO 57.7% 56.3% 53.4% -4.3
UHO - - 14.9% -
YS 15.3% 16.0% 13.4% -1.9
Akademikerne - 7.5% 8.5% 1.0***
AF 17.5% 10.8% - -
Autres 9.4% 9.4% 9.8% 0.4
Pologne OPZZ 67.7% 61.0% 42.1% -25.6
NSZZ Solidarność 30.1% 36.6% 41.1% 11.0
FZZ - - 16.8% -
Autres 2.3% 2.4% sd -
Portugal CGTP sd sd 56.0% -
UGT sd sd 34.3% -
Autres sd sd 9.7% -
Roumanie Meridian 1.2% 14.5% 34.1% 32.9
Cartel Alfa 36.1% 35.5% 22.7% -13.4
CNSLR 38.6% 27.6% 18.1% -20.5
CSDR 19.6% 21.0% 14.8% -4.8
BNS - - 9.6% -
Autres 4.5% 1.3% 0.7% -3.8
Slovaquie KOZ SR 99.4% 97.3% 96.2% -3.2
Autres 0.6% 2.7% 3.8% 3.2
Slovénie ZSSS sd sd 50.0% -
KNSS sd sd 4.2% -
Pergam sd sd 4.2% -
Konfederacija '90 sd sd 2.8% -
Autres sd sd 38.9% -
Espagne CC.OO sd sd 45.4% -
UGT sd sd 44.8% -
USO sd sd 5.0% -
CGT sd sd 4.7% -
Suède LO 60.7% 58.8% 55.7% -5.0
TCO 30.9% 29.5% 30.9% 0
SACO 7.8% 9.6% 11.2% 3.4
Autres 0.6% 2.2% 2.2% 1.6
Royaume-Uni TUC 86.9% 84.6% 86.2% -0.7

* Hormis pour: Pays-Bas -1999.

** Hormis pour: Belgique et Allemagne (CGB) -2000; Chypre et Slovénie -2001; Autriche, Danemark, Estonie, Allemagne (DGB et DBB), Italie et Suède -2002.

*** Évolution entre 1998 et 2003.

Note: les données du tableau 2 sont basées sur celles du tableau 1 et doivent être lues en relation avec les mêmes notes.

Source: EIRO.

Adhésions ventilées par sexe

Les syndicats ou les autres sources d’informations sur les adhésions syndicales (voir précédemment) ne fournissent pas tous des informations sur le nombre de femmes et d’hommes syndiqués respectivement. Il semble que ces données ne soient pas disponibles en Grèce, en Italie, en Pologne, au Portugal et en Slovénie, alors que seules certaines organisations présentent ces chiffres en Bulgarie, en Estonie, en France, en Hongrie, au Luxembourg, en Norvège, en Roumanie, en Espagne, en Suède et au Royaume-Uni. Le tableau 3 ci-dessous présente les informations disponibles. Dans certains cas, il manque des données pour certaines années. Dans certains pays, les chiffres nationaux totaux ne comprennent pas les organisations ne disposant pas de données, si ces organisations sont relativement mineures.

Pour l’année 2003, il existe des données sur la composition hommes-femmes de 49 centrales syndicales ou groupes d’'autres' syndicats (sur 89). Dans 10 cas seulement, le nombre de femmes est supérieur à celui des hommes. Cette situation est plus fréquente dans les pays nordiques où les centrales syndicales sont basées sur les catégories professionnelles. Ainsi, les femmes sont majoritaires au sein du FTF de cols blancs au Danemark, du STTK de cols blancs et de AKAVA des professions intellectuelles en Finlande, de UHO des professions intellectuelles (qui est la centrale où la prédominance des femmes est la plus marquée de toutes celles pour lesquelles des données sont disponibles, avec 75,8%) et de YS de cols blancs en Norvège, ainsi que de SACO de cols blancs en Suède. Une autre caractéristique notable est que les femmes sont majoritaires dans toutes les centrales syndicales des deux nouveaux États membres baltes de l’UE examinés, l’Estonie et la Lettonie. L’autre cas est le syndicat du secteur public hongrois SZEF.

Dans les 38 autres cas, les syndiqués sont majoritairement des hommes, représentant: 50% à 55% des membres dans huit cas; 56% à 60% dans six cas; 61% à 65% dans huit cas; 66% à 70% dans huit cas; et 71% et plus dans neuf cas. Les organisations dont la prédominance masculine est la plus forte, avec plus de 75% d’hommes membres, sont le syndicat LH des cadres au Danemark (81,6%), suivi des 'autres' syndicats (principalement constitués de GWU) à Malte et du syndicat MHP de cadres aux Pays-Bas (en fait les trois centrales néerlandaises comptent plus de 70% d’hommes). En dehors des États baltes, toutes les centrales syndicales générales cherchant à représenter toutes ou la plupart des catégories de travailleurs comptent une majorité d’hommes.

En calculant la moyenne de toutes les centrales et groupes d’'autres' syndicats pour lesquels des données sont disponibles en 2003, les femmes représentent environ 41,5% de l’ensemble des membres et les hommes environ 58,5%. La proportion moyenne de femmes dans les syndicats de la 'vieille' Europe, plus la Norvège, est très légèrement supérieure (d’environ un point de pourcentage) à celle des nouveaux États membres et pays candidats.

Les totaux approximatifs de la ventilation nationale par sexe des adhésions syndicales sont disponibles pour 14 des 26 pays pour 2003. Les femmes sont majoritaires en Estonie (59,0%), en Lettonie (57,2%), en Suède (51,6%) et en Norvège (51,1%). On atteint presque la parité (bien que les hommes soient légèrement majoritaires) en Hongrie et au Danemark. Toutefois, les hommes représentent deux tiers ou plus de l’ensemble des syndiqués en Autriche, en Allemagne, à Malte et aux Pays-Bas.

En examinant la période 1993-2003, il est clair que les femmes représentent une proportion croissante des membres dans la plupart des centrales et des pays, bien qu’en raison de la nature incomplète des données, il soit difficile de le chiffrer. Dans la grande majorité des cas où des données sont disponibles pour deux années ou plus (1993, 1998 ou 2003), la tendance est que la proportion des femmes s’accroît. Parmi les hausses particulièrement remarquables, on note celles enregistrées à AC au Danemark (jusqu’à 8,9 points entre 1993 et 2003), CFDT en France (jusqu’à 8,0 points), OGB-L au Luxembourg (jusqu’à 7,1 points) et TUC au Royaume-Uni (jusqu’à 7,0 points) (la forte augmentation de la proportion de femmes parmi les membres du feu AF en Norvège entre 1993 et 1998 était principalement due à l’arrivée d’un syndicat d’infirmières à prédominance féminine). Pour les pays disposant de ventilations globales nationales par sexe des adhésions syndicales, la proportion de femmes s’est accrue en Autriche, à Chypre, au Danemark, en Finlande, en Allemagne, au Luxembourg, en Norvège et en Suède.

Toutefois, on note des exceptions à cette tendance globale à la hausse de la proportion de femmes parmi les syndiqués, presque toutes dans les pays d’Europe centrale et orientale. Il semble que la règle soit une baisse de la proportion de femmes parmi les adhérents dans les organisations syndicales pour lesquelles des informations sont disponibles en Bulgarie, en Lettonie et en Roumanie.

En considérant toutes les centrales et tous les groupes d’'autres' syndicats disposant d’information pour chaque année (29 en 1993, 36 en 1998 et 48 en 2003), la proportion moyenne de femmes syndiquées est passée d’environ 39% en 1993 à 40,5% en 1998 et 41,5% en 2003.

La proportion généralement en hausse de femmes parmi les syndiqués laisserait penser que leur syndicalisation se porte mieux que celle des hommes dans les organisations syndicales dont la taille diminue, et qu’elles représentent un plus fort taux de croissance dans les organisations en expansion. En examinant les organisations pour lesquelles des données complètes sont disponibles et qui ont perdu des membres entre 1993 et 2003 (ou entre 1993 et 1998/1998 et 2003 en l’absence de données complètes), la baisse du nombre des membres masculins en valeur absolue a de loin dépassé la baisse de celui des femmes, par exemple, au sein de ÖGB en Autriche, SAK en Finlande, DGB en Allemagne et LO en Suède. Dans un contexte général de syndicalisation en baisse, le nombre de femmes syndiquées a augmenté dans le syndicat CGB en Allemagne et TUC au Royaume-Uni. Dans les organisations en expansion, telles que FTF et CA au Danemark, STTK et AKAVA en Finlande, la CFDT en France, CNV aux Pays-Bas, LO et Akademikerne en Norvège et SACO en Suède, cette croissance peut en grande majorité (ou dans le cas de STTK et LO, intégralement) être imputée aux femmes.

Cette tendance n’est toutefois pas universelle. Les contributions (en valeur absolue) des femmes et des hommes à la croissance ou au déclin d’une organisation ont été plus uniformes dans des cas tels que SEK et PEO à Chypre, LH au Danemark et OGB-L au Luxembourg. La baisse de la syndicalisation des femmes a été plus importante que la baisse de la syndicalisation des hommes dans un certain nombre de centrales d’Europe centrale et orientale telles que CITUB en Bulgarie, TALO en Estonie, LBAS en Lettonie et CNSLR en Roumanie. Les hommes syndiqués ont davantage contribué que les femmes à la croissance d’organisations telles que DBB en Allemagne, UGT en Espagne et TCO en Suède.

Tableau 3. Femmes et hommes en % des syndiqués, 1993-2003
Pays Confédération /centrale 1993 1998* 2003*
Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes
Autriche ÖGB sd sd 31.8% 68.2% 32.8% 67.2%
Total sd sd 31.8% 68.2% 32.8% 67.2%
Belgique CSC/ACV sd sd sd sd 42.0% 58.0%
FGTB/ABVV sd sd sd sd 35.0% 65.0%
CGSLB/ACLVB sd sd sd sd 40.0% 60.0%
Total sd sd sd sd 39.1% 60.9%
Bulgarie CITUB sd sd 51.0% 49.0% 48.0% 52.0%
Chypre SEK 32.7% 67.3% 34.4% 65.6% sd sd
PEO 34.8% 65.2% 32.8% 67.2% sd sd
DEOK 16.7% 83.3% 16.7% 83.3% sd sd
Autres 42.7% 57.3% 47.4% 52.6% sd sd
Total 34.8% 65.2% 35.9% 64.1% sd sd
Danemark LO 48.6% 51.4% 47.5% 52.5% 48.6% 51.4%
FTF 66.0% 34.0% 66.0% 34.0% 66.9% 33.1%
AC 28.4% 71.6% 34.2% 65.8% 37.3% 62.7%
LH 13.8% 86.2% 15.2% 84.8% 18.4% 81.6%
Autres 36.8% 63.2% 39.2% 60.8% 39.7% 60.3%
Total 48.5% 51.5% 47.9% 52.1% 49.2% 50.8%
Estonie EAKL sd sd sd sd 58.3% 41.7%
TALO 60.0% 40.0% 60.0% 40.0% 60.0% 40.0%
Total (hormis «autres») sd sd sd sd 59.0% 41.0%
Finlande SAK 45.6% 54.4% 46.0% 54.0% 46.0% 54.0%
STTK 64.0% 36.0% 66.0% 34.0% 68.0% 32.0%
AKAVA 47.4% 52.6% 44.1% 55.9% 50.7% 49.3%
Total (hormis «autres») 51.4% 48.6% 52.0% 48.0% 53.5% 46.5%
France CFDT 36.0% 64.0% 46.0% 54.0% 44.0% 56.0%
Allemagne DGB 31.4% 68.6% 30.5% 69.5% 31.8% 68.2%
DBB 29.7% 70.3% 29.7% 70.3% 29.9% 70.1%
CGB 24.1% 75.9% 25.1% 74.9% 25.2% 74.8%
Total 31.1% 68.9% 30.2% 69.8% 31.3% 68.7%
Hongrie SZEF sd sd sd sd 70.0% 30.0%
MSZOSZ sd sd sd sd 47.9% 52.1%
ASZSZ sd sd sd sd 35.0% 65.0%
LIGA sd sd sd sd 30.0% 70.0%
MOSZ sd sd sd sd 35.0% 65.0%
Total (hormis ÉSZT et «autres») sd sd sd sd 49.8% 50.2%
Irlande Total sd sd sd sd 44.0% 56.0%
Lettonie LBAS sd sd 60.7% 39.3% 57.2% 42.8%
Total sd sd 60.7% 39.3% 57.2% 42.8%
Luxembourg OGB-L 25.6% 74.4% 30.4% 69.6% 32.7% 67.3%
CGFP sd sd sd sd 41.7% 58.3%
Malte CMTU sd sd sd sd 36.1% 63.9%
Autres sd sd 18.4% 81.6% 21.6% 78.4%
Total sd sd sd sd 27.6% 72.4%
Pays-Bas FNV sd sd 27.3% 72.7% 28.7% 71.3%
CNV 23.9% 76.1% 25.2% 74.8% 27.0% 73.0%
MHP sd sd sd sd 21.9% 78.1%
Autres sd sd sd sd 39.3% 60.7%
Total sd sd sd sd 28.9% 71.1%
Norvège LO 42.5% 57.5% 44.6% 55.4% 45.6% 54.4%
UHO - - - - 75.8% 24.2%
YS 67.0% 33.0% 66.7% 33.3% 57.5% 42.5%
Akademikerne - - 28.2% 71.8% 32.8% 67.2%
AF 42.2% 57.8% 58.4% 41.6% - -
Total (hormis «autres») 46.6% 53.4% 48.8% 51.2% 51.1% 48.9%
Roumanie Cartel Alfa 45.4% 54.6% 45.0% 55.0% 45.0% 55.0%
CNSLR 45.0% 55.0% 34.0% 66.0% 27.0% 73.0%
CSDR 30.8% 69.2% 30.8% 69.2% 30.8% 69.2%
BNS sd sd sd sd 29.9% 70.1%
Slovaquie KOZ SR sd sd sd sd 42.2% 57.8%
Autres sd sd sd sd 38.1% 61.9%
Total sd sd sd sd 42.0% 58.0%
Espagne CC.OO sd sd sd sd 34.7% 65.3%
UGT 27.1% 72.9% 28.6% 71.4% 31.0% 69.0%
Suède LO 45.5% 54.5% 46.0% 54.0% 46.0% 54.0%
TCO sd sd 63.0% 37.0% 62.4% 37.6%
SACO 44.3% 55.7% 46.3% 53.7% 49.2% 50.8%
Total (hormis «autres») sd sd 51.2% 48.8% 51.6% 48.4%
Royaume-Uni TUC 35.0% 65.0% 38.7% 61.3% 41.0% 59.0%

* Hormis pour: France (CFDT) -1997; Pays-Bas -1999.

** Hormis pour: Allemagne (CGB) -2000; Autriche, Belgique (CSC/ACV, Danemark, Estonie, France (CFDT), Allemagne (DGB et DBB) et Suède -2002.

Source: EIRO.

Les sources des données, et les notes connexes sont identiques à celles du tableau 1, hormis en:

  • Belgique. Les chiffres proviennent des syndicats concernés.
  • Bulgarie. Les chiffres proviennent des syndicats concernés.
  • Chypre. Les chiffres sont des estimations du département de la sécurité sociale, ministère du travail.
  • Danemark. Le chiffre de 1993 pour FTF est une estimation.
  • Norvège. Certains des chiffres de 1998 sont incomplets et les pourcentages fournis sont basés sur les données de 1999.
  • Slovaquie. Les chiffres pour les 'autres' syndicats sont des estimations.
  • Suède. Les chiffres pour TCO et SACO n’incluent pas les membres inactifs.

Questions liées au taux de syndicalisation

Les données précédentes correspondent à des chiffres absolus des adhérents des syndicats. Afin de mieux comprendre la signification de ces niveaux d’adhésions syndicales dans leur contexte national (par exemple, dans quelle mesure les syndicats sont-ils représentatifs ou fortement soutenus) et de faire des comparaisons internationales, on a fréquemment recours au calcul du 'taux de syndicalisation'. Toutefois, il s’agit d’une question épineuse en matière de statistiques du travail et nous ne tenterons pas ici de présenter des chiffres sur le taux de syndicalisation pour les 26 pays considérés. Nous ne disposons pas des données exhaustives nécessaires et le calcul du taux de syndicalisation pose des problèmes bien connus qui ne peuvent être résolus dans un rapport tel que celui-ci.

Le taux de syndicalisation est généralement considéré comme l’expression 'du nombre d’adhésions syndicales en pourcentage de la force de travail éligible' (voir Technical notes. Industrial relations indicators, rapport Le travail dans le monde 1997-98, Organisation internationale du travail). L’équation est donc constituée de deux parties - les adhésions syndicales et la force de travail éligible. Si les adhésions syndicales correspondent au nombre total d’adhérents et que la force de travail éligible correspond au nombre total de travailleurs, on peut alors fournir des chiffres très basiques et bruts sur les taux de syndicalisation.

Chiffres 'bruts' relatifs au taux de syndicalisation

Les chiffres du total des adhésions du tableau 1 ci-dessus et le nombre de salariés tels que définis dans les enquêtes nationales sur la force de travail permettent de produire des chiffres bruts sur le taux de syndicalisation dans les 26 pays sauf un (la France) en 2003, ou l’année la plus proche pour laquelle des données sont disponibles, comme suit (les chiffres fournis sont volontairement des approximations):

  • plus de 90% en Roumanie;
  • de 80% à 89% en Belgique, au Danemark, en Finlande et en Suède;
  • de 70% à 79% en Italie et en Norvège;
  • de 60% à 69% à Chypre et à Malte;
  • de 50% à 59% au Luxembourg;
  • de 40% à 49% en Autriche et en Slovénie;
  • de 30% à 39% en Hongrie, en Irlande et au Portugal;
  • de 20% à 29% en Bulgarie, Allemagne, Grèce, aux Pays-Bas, en Slovaquie et au Royaume-Uni; et
  • de 10% à 19% en Estonie, Lettonie, Pologne et Espagne.

Lorsque les données pour 1993 et 1998 sont suffisantes pour appliquer cette méthode de calcul brut, il est clair que la tendance est à une baisse du taux de syndicalisation en Europe. Sur les 20 pays pour lesquels des informations pertinentes sont disponibles, tous sauf un - Malte - ont connu une diminution du taux de syndicalisation entre 1993 et 2003. Ce phénomène a été plus marqué dans les nouveaux États membres d'Europe centrale et orientale et les pays candidats, avec une baisse d’environ 60 points de pourcentage en Bulgarie, 50 points en Slovaquie, 40 points en Estonie et 30 points en Pologne. Dans les autres pays, le taux de syndicalisation a baissé de moins de 15 points, avec: moins de 5 points de baisse en Belgique, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et Norvège; de 5 à 10 points en Autriche, Danemark, Allemagne, Grèce, Portugal et Royaume-Uni; et 10 à 15 points à Chypre, en Finlande, Irlande et Suède.

Dans les pays (hormis Malte) où les chiffres absolus des adhésions syndicales ont augmenté entre 1993 et 2003, le taux de syndicalisation a diminué car le nombre de salariés s’est davantage accru - Belgique, Chypre, Danemark, Finlande, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège et Portugal. La syndicalisation a baissé alors que le nombre de salariés a augmenté en Autriche, Grèce, Slovaquie, Suède et Royaume-Uni. Dans un certain nombre de pays d'Europe centrale et orientale, la chute des adhésions syndicales a coïncidé avec des diminutions du nombre de salariés - Bulgarie, Estonie et Pologne - mais dans une moindre mesure, de sorte que le taux de syndicalisation a aussi diminué. La situation, quoique moins marquée, était similaire en Allemagne.

En utilisant toujours notre méthode de calcul brut, nous disposons de données suffisantes pour fournir des taux de syndicalisation distincts pour les femmes et les hommes dans un certain nombre de pays. En 2003 (ou l’année la plus proche pour laquelle des données sont disponibles), le taux de syndicalisation des femmes était supérieur à celui des hommes dans la moitié des 14 pays pour lesquels le calcul a été réalisé - Danemark, Estonie, Finlande, Hongrie, Lettonie, Norvège, et Suède. Les écarts les plus importants (de plus de 10 points de pourcentage) ont été relevés en Finlande et en Suède. Le taux de syndicalisation des hommes était supérieur à celui des femmes en Autriche, en Belgique, en Allemagne, en Irlande, à Malte, aux Pays-Bas et en Slovaquie. Les écarts les plus importants (de plus de 10 points de pourcentage) ont été relevés en Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Les chiffres ci-dessus sur le taux de syndicalisation sont présentés uniquement en tant qu’approximations très brutes. Nous évoquons ci-après les problèmes liés au calcul des deux parties de l’équation sur le taux de syndicalisation - la 'force de travail éligible' et les adhésions syndicales.

'Force de travail éligible'

Les chiffres bruts sur le taux de syndicalisation susmentionnés sont basés sur le nombre total de salariés fournis par les enquêtes nationales sur les forces de travail. Rien ne garantit qu’ils soient calculés de la même façon dans chaque pays, ou qu’ils regroupent les mêmes catégories de personnes. Malheureusement, nous n’avons pu trouver de source unique de données harmonisées (Eurostat par exemple) couvrant tous les pays considérés au cours de l’ensemble de la période examinée. Il s’agit du premier sujet d’incertitude.

Un autre problème concerne la définition de la base de recrutement pertinente des syndicats. Dans le rapport cité précédemment, l’OIT se réfère à 'toutes les personnes qui gagnent leur vie par des rémunérations ou salaires', que nous avons qualifiées précédemment de 'salariés'. Toutefois, les salariés ne peuvent plus être considérés comme la seule source de recrutement des syndicats. La frontière entre l’emploi dépendant et l’emploi indépendant devient de plus en plus floue dans beaucoup de pays, dans un contexte de marchés du travail en mutation et d’extension des pratiques telles que l’externalisation et la sous-traitance. Ceci contribue à susciter un intérêt croissant pour les 'travailleurs économiquement dépendants'- des travailleurs qui sont officiellement indépendants, mais dont les revenus dépendent d’un seul employeur (TN0205101S). Ce phénomène est relativement restreint dans la plupart des pays - bien que significatif en Italie, par exemple - mais en expansion. Dans ce contexte, les syndicats dans beaucoup de pays (notamment en Europe de l’ouest) sont de plus en plus intéressés par le recrutement de travailleurs économiquement dépendants, de travailleurs indépendants sans salariés en général, de travailleurs freelance, etc. Certains syndicats représentent ces travailleurs dans diverses mesures dans des pays tels que l’Autriche, le Danemark (DK0308102F), la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas (NL9908157F), la Norvège, l’Espagne (ES0002277F), la Suède (SE9907178F) et le Royaume-Uni. Il n’est donc peut-être plus approprié de limiter la base de calcul du taux de syndicalisation uniquement aux salariés.

Un dernier problème est que les travailleurs constituant la 'force de travail éligible' ne peuvent être que ceux qui sont autorisés à rejoindre un syndicat. Dans certains pays, certaines catégories de salariés ne peuvent pas légalement être syndiqués. Il semble que ces restrictions n’existent pas en Autriche, en Belgique, au Danemark, en Finlande, en Allemagne, en Hongrie, en Irlande, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Norvège et en Suède. Toutefois, parmi les groupes exclus de la syndicalisation dans les autres pays, on relève:

  • Bulgarie - les militaires en service régulier et les agents de police travaillant pour le ministère de l’intérieur;
  • Estonie - les membres des forces armées en service actif ;
  • Italie - les membres des forces armées (marine, armée de l’air, carabiniers, armée, etc.);
  • Lettonie - les membres des forces armées et de police et certains fonctionnaires;
  • Portugal - les membres des forces armées;
  • Roumanie - les dirigeants, les fonctionnaires, les magistrats, le personnel militaire employé par différents ministères, les services de renseignement et autres services spéciaux;
  • Slovénie - les dirigeants;
  • Espagne - les membres des forces armées, les juges, les magistrats et les procureurs; et
  • Royaume-Uni - les membres des forces armées en service.

Lorsque des informations sont disponibles sur le nombre de ces salariés exclus, la base de recrutement possible des syndicats est légèrement réduite (de moins de 1%) au Portugal, en Slovaquie et au Royaume-Uni, d’un peu plus à Malte (environ 2%), en Estonie et en Roumanie (environ 7%), et de façon assez importante en Pologne. Le taux de syndicalisation dans ces pays est donc susceptible d’être légèrement supérieur (en tenant compte uniquement de ce facteur) que nos estimations brutes dans ces pays. Toutefois, les informations de ce type ne sont pas disponibles pour tous les pays où des salariés sont exclus de la syndicalisation, et il est de ce fait impossible de rectifier tous les taux de syndicalisation de la sorte.

Adhésions syndicales

En examinant la partie de l’équation concernant les adhésions syndicales, le premier problème est que (comme indiqué précédemment) les chiffres totaux des adhésions syndicales nationales présentés dans le tableau 1 et utilisés dans nos calculs bruts sur le taux de syndicalisation ne sont pas toujours complets, en raison du manque de données pour certaines petites organisations dans certains pays (par exemple, en Italie et en Espagne). Le rapport de l’OIT cité précédemment met en évidence les difficultés pour 'repérer et identifier l’existence de petits syndicats nouveaux. Cela constitue un problème dans le cas des syndicats non affiliés ainsi que dans les pays où les syndicats ne sont pas tenus de s’enregistrer'. Ainsi, les adhésions syndicales (et le taux de syndicalisation) peuvent être supérieures à celles indiquées dans certains pays.

Deuxièmement, la plupart des chiffres sur les adhésions utilisés sont (directement ou indirectement) fournis par les syndicats eux-mêmes, ce qui est une source de problèmes. Ils sont clairement résumés par l’OIT: 'l’auto-déclaration des adhésions reflète des pratiques administratives et politiques différentes et peut aboutir à des résultats peu fiables et impossibles à comparer. Les syndicats peuvent avoir de bonnes raisons de surestimer ou sous-estimer le nombre de leurs adhérents dans leurs rapports à la presse, aux agences publiques, aux partis politiques, aux employeurs ou à leurs concurrents. Ils peuvent adopter des critères différents pour déterminer qui est considéré comme un membre en règle et peuvent tarder à supprimer les membres qui ont quitté l’organisation ou qui ne paient plus leur cotisation. Les syndicats peuvent aussi englober des personnes qui ne se considèrent plus comme membres. La comparaison avec les données de l’enquête montre que la surévaluation dans les déclarations du nombre d’adhérents est répandue, mais, dans la plupart des cas, faible.'

Le troisième problème, et le plus grave, concerne le statut des syndiqués. Si le taux de syndicalisation est mesuré par rapport au nombre de salariés, logiquement seuls les membres qui sont salariés devraient être inclus dans la partie de l’équation correspondant aux adhésions syndicales. Toutefois, beaucoup de syndicats englobent dans leurs adhérents - et chiffres sur les adhésions - des retraités, chômeurs, étudiants ou autres inactifs. (Les membres travailleurs indépendants posent un autre problème. Ils sont souvent exclus par les chercheurs - par exemple, l’OIT - lors du calcul des chiffres sur les adhésions syndicales, mais la question discutée précédemment, d’inclure ou non certains travailleurs indépendants dans les bases de recrutement des syndicats, accentue le problème.)

Le tableau 4 présente les informations disponibles sur ce sujet. Aucune donnée n’est disponible pour Chypre, l’Allemagne, l’Irlande, la Pologne, le Portugal, l’Espagne et le Royaume-Uni, alors que dans beaucoup de cas, les données ne sont que partielles ou estimatives. Toutefois, il est clair qu’une proportion substantielle de syndiqués n’a pas d’emploi: 20% et plus en Autriche, au Danemark, en Finlande, en Hongrie, en Italie et en Slovaquie, ainsi qu’à la CGT en France, MHP aux Pays-Bas, Meridian en Roumanie et SACO en Suède; et de 10% à 20% en Belgique, au Luxembourg et à Malte, plus EAKL en Estonie, CNV aux Pays-Bas et LO et TCO en Suède. L’Italie est un cas particulièrement remarquable avec presque la moitié des adhésions totales des trois principales confédérations syndicales correspondant à des membres retraités.

Tableau 4. Données sur les syndiqués qui ne travaillent pas
Pays Proportion des syndiqués qui ne travaillent pas - par exemple, retraités, chômeurs, étudiants, etc.
Autriche Pas de données officielles disponibles. Proportion estimée (pour ÖGB) entre 15% et 20% dans les années 90 et environ 20% en 2003.
Belgique 17,5% (tous les syndicats) en 2000 (Het belang van overleg. CAO -onderhandelingen in Belgïe, J Van Ruysseveldt, Acco, Louvain, 2000).
Bulgarie Aucune donnée disponible, mais on estime que quelques retraités seulement restent adhérents d’organisations syndicales d’entreprise.
Danemark Les informations de toutes les confédérations syndicales indiquent que 14% à 15% des membres ne travaillent pas ou ne sont pas directement actifs. Par ailleurs, il existe d’étroites relations entre l’adhésion syndicale et la participation à un fonds d’assurance chômage, et les chiffres relatifs à la syndicalisation globale peuvent être aussi réduits par la proportion de membres du fonds de chômage qui sont chômeurs à plein temps (13,8% en 1993, 7,0% en 1998 et 5,9% en 2003). On obtient ainsi des estimations brutes concernant les membres inactifs de 29% en 1993, 22% en 1998 et 21% en 2003. Cependant, le nombre total de salariés assurés n’est pas identique au nombre de syndiqués (et les membres chômeurs à temps partiel du fond ne sont pas pris en compte dans le calcul).
Estonie Selon les confédérations, 14,7% des membres d’EAKL et 6% des membres de TALO en 2003.
Finlande Selon une étude du ministère du travail (Palkansaajien järjestäytyminen Suomessa vuonna 2001[Organisation de salariés en Finlande en 2001], Lasse Ahtiainen, Työpoliittinen tutkimus no 246, 2002), en 2001, 21,5% des syndiqués ne travaillaient pas. La proportion était de 28,5% pour AKAVA, 21,6% pour SAK et 16,6% pour STTK. Parmi les membres de tous les syndicats: 11,5% étaient retraités (allant de 15,0% pour SAK à 7,7% pour STTK); 6,1% étaient étudiants (de 18,2% pour AKAVA à 2,1% pour SAK); 0,5% travailleurs indépendants (de 2,0% pour AKAVA à zéro pour SAK); et 3,4% 'autres' (de 4,5% pour SAK à 0,4% pour AKAVA). En 1994, 10,0% des membres étaient retraités et 4,7% étaient étudiants, de sorte que les parts de ces groupes dans les adhésions augmentent.
France Selon la CGT, 24,9% des membres étaient retraités en 1993 et 21,8% en 1998.
Grèce Parmi les membres de GSEE, 4,7% étaient retraités en 1993, 6,3% en 1998 et 7,0% en 2003. GSEE compte quelques membres chômeurs et ADEDY aucun. Les étudiants ne sont pas syndiqués.
Hongrie Proportion estimée (pour tous les syndicats) à 30% en 1993 et 20% en 1998 et 2003 - principalement des retraités
Italie Selon l’office de la statistique Istat, 49,5% des membres de Cgil, Cisl et Uil étaient retraités en 2000, 49,4% en 2001 et 49,3% en 2002.
Lettonie Selon LBAS, 12% de ses membres en 2003.
Luxembourg Proportion estimée pour OGB-L et LCGB à 22% en 1993, 20% en 1998 et 18% en 2003.
Malte Proportion estimée à 8,4% en 1999 et 11,2% en 2003 par le département des relations industrielles et professionnelles, à partir des chiffres concernant les deux principaux syndicats (qui couvrent 85% à 86% des adhésions totales).
Pays-Bas Selon MHP, 19% de ses membres en 1993, 19,3% en 1998 et 22,1% en 2003. Selon CNV, 19% de ses membres en 2003 - dont la moitié est à la retraite, les autres étant au chômage, en maladie ou en invalidité.
Norvège Selon les chiffres de FAFO, 23% en 1993, 24% en 1998 et 26% en 2002 (tous les syndicats). En 2002, les proportions étaient de 29,8% pour LO, 20,3% pour UHO, 21,6% pour YS et 27,3% pour Akademikerne.
Roumanie Meridian fait état de 1,5 million de membres en 2003 dont 900 000 membres (60%) non salariés, mais membres d’associations coopératives affiliées.
Slovaquie 13,2 % de retraités (tous les syndicats) et le total de membres ne travaillant pas est estimé à 20%.
Slovénie Proportion estimée à moins de 1% (tous les syndicats)
Suède Selon les confédérations: LO -13,3% en 1993, 12.8% en 1998 et 13,5% en 2002; TCO -16,5% en 2002; SACO - proportion estimée à 22% en 1993 et 27% en 1998 et 2002.

Source: EIRO.

Les données sur cette question n’étant pas disponibles pour tous les pays et tous les syndicats, il est impossible de faire une correction globale des chiffres bruts du taux de syndicalisation des membres inactifs. Toutefois, ce calcul est possible pour 13 pays. La correction opérée uniquement pour les syndiqués inactifs (et non pour d’autres facteurs, tels que les travailleurs éligibles à rejoindre un syndicat) réduit le taux de syndicalisation de quelque 15 points de pourcentage ou plus dans des pays tels que la Belgique, le Danemark, la Finlande, la Norvège, la Roumanie et en particulier l’Italie (où le taux de syndicalisation 'brut' est réduit presque de moitié). La baisse est aussi assez importante (plus de 5 points) en Autriche, à Malte et en Suède.

La principale conclusion qui peut être tirée de ce qui précède est probablement que le taux de syndicalisation est un domaine périlleux, avec trop de variables et pas assez de données pour établir des conclusions fermes et définitives dans une vue d’ensemble aussi succincte que celle-ci. (Mark Carley, SPIRE Associates)

Annexe

Confédérations/centrales syndicales nationales présentées dans le tableau 1
Autriche Fédération autrichienne des syndicats (Österreichischer Gewerkschaftsbund, ÖGB)
Belgique Confédération des Syndicats Chrétiens/Algemeen Christelijk Vakverbond (CSC/ACV) Fédération générale du travail de Belgique/ Algemeen Belgisch Vakverbond (FGTB/ABVV) Centrale générale des syndicaux libéraux de Belgique/ Algemene Centrale der Liberale Vakbonden van België (CGSLB/ACLVB)
Bulgarie Confédération des syndicats indépendants de Bulgarie (CITUB) Confédération des travailleurs Podkrepa (CL Podkrepa) Syndicat national Promiana Association des syndicats démocrates (ADTU) Syndicat national (NTU)
Chypre Confédération chypriote des syndicats (SEK) Fédération panchypriote des travailleurs (PEO) Fédération démocratique du travail de Chypre (DEOK)
Danemark Confédération danoise des syndicats (Landsorganisationen i Danmark, LO) Confédération des salariés et des fonctionnaires du Danemark (Funktionærernes og Tjenestemændenes Fællesråd, FTF) Confédération danoise des professions intellectuelles (Akademikernes centralorganisation, AC) Organisation danoise des cadres (Ledernes Hovedorganisation, LH)
Estonie Confédération des syndicats estoniens (Eesti Ametiühingute Keskliit, EAKL) Confédération des syndicats de travailleurs estoniens (Teenistujate Ametiliitude Keskorganisatsioon, TALO)
Finlande Centrale syndicale finlandaise (Suomen Ammattiliittojen Keskusjärjestö, SAK) Confédération finlandaise des salariés (Toimihenkilökeskusjärjestö, STTK) Confédération des syndicats des professions intellectuelles (AKAVA)
France Confédération générale du travail (Confédération générale du travail, CGT) Confédération française démocratique du travail (CFDT)
Allemagne Fédération allemande des syndicats (Deutscher Gewerkschaftsbund, DGB) Fédération allemande des fonctionnaires (Deutscher Beamtenbund, DBB) Fédération chrétienne des syndicats d’Allemagne (Christlicher Gewerkschaftsbund, CGB)
Grèce Confédération générale grecque du travail (GSEE) Confédération grecque des fonctionnaires (ADEDY)
Hongrie Forum de coopération syndicale (Szakszervezetek Együttműködési Fóruma, SZEF) Association nationale des syndicats hongrois (Magyar Szakszervezetek Országos Szövetsége, MSZOSZ) Alliance des syndicats autonomes (Autonóm Szakszervezetek Szövetsége, ASZSZ) Ligue démocratique des syndicats indépendants (LIGA) Confédération des syndicats des professions intellectuelles (Értelmiségi Szakszervezeti Tömörülés, ÉSZT) Fédération nationale des comités d’entreprise (Munkástanácsok Országos Szövetsége, MOSZ)
Irlande Congrès irlandais des syndicats (Irish Congress of Trade Unions, ICTU)
Italie Confédération générale italienne du travail (Confederazione Generale Italiana del Lavoro, Cgil) Confédération italienne des syndicats de travailleurs (Confederazione Italiana Sindacato Lavoratori, Cisl) Syndicat italien du travail (Unione Italiana del Lavoro, Uil)
Lettonie Confédération syndicale libre de Lettonie (Latvijas Brīvo Arodbiedrību savienība, LBAS)
Luxembourg Confédération syndicale indépendante du Luxembourg (Onofhängege Gewerkschafts-Bond Lëtzebuerg, OGB-L) Confédération luxembourgeoise des syndicats chrétiens (Lëtzebuerger Chrëschtleche Gewerkschafts-Bond, LCGB) Confédération générale de la fonction publique (CGFP) Associations luxembourgeoise des employés de banque et d’assurances (ALEBA)/ Union des employés privés (UEP)- Syndicat neutre du Luxembourg (NGL)- Syndicat national des employés privés-Rénovateurs (SNEP) (ALEBA/UEP-NGL-SNEP)
Malte Confédération des syndicats maltais (CMTU)
Pays-Bas Fédération néerlandaise des syndicats (Federatie Nederlandse Vakbeweging, FNV) Fédération chrétienne des syndicats (Christelijk Nationaal Vakverbond, CNV) Fédération des cadres moyens et supérieurs (Middelbaar en Hoger Personeel, MHP)
Norvège Confédération norvégienne des syndicats (Landsorganisasjonen i Norge, LO) Confédération des syndicats de l’enseignement supérieur (Utdanningsgruppenes Hovedorganisasjon, UHO) Confédération des syndicats professionnels (Yrkesorganisasjonenes Sentralforbund, YS) Fédération norvégienne des professions intellectuelles (Akademikerne) Confédération norvégienne des professions intellectuelles (Akademikernes Fellesorganisasjon, AF)
Pologne Alliance polonaise des syndicats (Ogólnopolskie Porozumienie Związków Zawodowych, OPZZ) Syndicat indépendant et autonome Solidarité (Niezależny Samorządny Związek Zawodowy, NSZZ Solidarność) Forum des syndicats (Forum Związków Zawodowych, FZZ)
Portugal Confédération générale des travailleurs portugais (Confederação Geral de Trabalhadores Portugueses, CGTP) Union générale des travailleurs (União Geral de Trabalhadores, UGT)
Roumanie Confédération Meridian (Confederatia Meridian) Confédération Cartel Alfa (Confederatia Cartel Alfa) Confédération nationale des syndicats libres de Roumanie 'Fraternité' (Confederaţia Naţională a Sindicatelor Libere din România Frăţia, CNSLR Frăţia) Confédération syndicale démocratique de Roumanie (Confederaţia Sindicatelor Democratice din România, CSDR) Bloc national syndical (Blocul Naţional Sindical, BNS)
Slovaquie Confédération des syndicats de la République slovaque (Konfederácia odborových zvazov Slovenskej republiky, KOZ SR)
Slovénie Union des syndicats libres de Slovénie (Zveza svobodnih sindikatov Slovenije, ZSSS) KNSS - Indépendance, Confédération des nouveaux syndicats de Slovénie (KNSS - Neodvisnost, Konfederacija novih sindikatov Slovenije, KNSS) Confédération des syndicats de Slovénie Pergam (Konfederacija sindikatov Pergam Slovenije, Pergam) Confédération des syndicats ΄90 de Slovénie (Konfederacija sindikatov '90 Slovenije, Konfederacija '90)
Espagne Confédération syndicale des commissions ouvrières (Comisiones Obreras, CC.OO) Confédération générale des travailleurs (Unión General de Trabajadores, UGT) Confédération syndicale ouvrière (Unión Sindical Obrera, USO) Confédération générale du travail (Confederación General del Trabajo, CGT)
Suède Confédération suédoise des syndicats (Landsorganisationen, LO) Confédération suédoise des salariés (Tjänstemännens Centralorganisation, TCO) Confédération suédoise des professions intellectuelles (Svenska Akademikers Centralorganisation, SACO)
Royaume-Uni Congrès des syndicats (Trades Union Congress, TUC)
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