Évolution du temps de travail - 2004

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La présente étude sur la durée du temps de travail en 2003 et 2004 révèle que la durée conventionnelle moyenne de travail hebdomadaire dans l’Union européenne dans son ensemble était d’environ 38,6 heures, soit 0,7 heure de moins que dans l’ancienne UE des 15 (plus la Norvège) et 0,9 heure de plus que dans les nouveaux États membres. La durée normale moyenne de travail annuel établie collectivement se situe entre 1 740 heures - moins de 1 700 heures dans l’ancienne UE des 15 (plus la Norvège) et plus de 1 800 heures dans les nouveaux États membres. Sur les trois secteurs examinés, la chimie affiche la durée de travail hebdomadaire conventionnelle la plus élevée, suivie du commerce de détail et de la fonction publique. Le droit au congé payé annuel conventionnel moyen était de 26,0 jours en 2004.

Nous tentons dans la présente étude de dégager une vue d’ensemble de la durée du temps de travail - telle qu’elle est établie par les conventions collectives et la législation - dans l’Union européenne, en Norvège et dans deux pays candidats (Bulgarie et Roumanie) en 2004 (et 2003), basée sur les contributions des centres nationaux de l’Observatoire européen des relations industrielles (EIRO).

À l'instar d’autres domaines des statistiques du travail, il s'avère très difficile de procéder à des comparaisons internationales sur le temps de travail. Outre le fait que tous les pays n’assurent pas la collecte de données comparables, on relève également des problèmes particuliers:

  • il existe différentes méthodes pour calculer le temps de travail, les calculs sur une base annuelle et non hebdomadaire étant de plus en plus courants dans plusieurs pays (TN0308101S);
  • le fait que la réduction du temps de travail a été mise en place dans certains pays par la mise en place de jours de congé supplémentaires ou la réduction des horaires annuels tout en maintenant la semaine de travail ordinaire relativement inchangée;
  • le recours croissant à des formules où le temps de travail hebdomadaire peut varier considérablement par rapport à une moyenne sur une période de référence;
  • le traitement des travailleurs à temps partiel; et
  • les rôles divergents de la négociation collective et de la législation, cette dernière ayant un impact sur la durée effective de travail dans certains pays, alors que dans d’autres elle ne fixe qu’un 'plafond de sécurité'.

Les chiffres concernant la durée normale de travail hebdomadaire sont également problématiques en termes de comparaison entre les pays car ils éludent des questions telles que les heures supplémentaires (TN0302101S) ou la durée des congés annuels ou autres types de congés.

La présente étude a pour objet de fournir des informations générales sur la situation et les développements actuels, tout en mettant en évidence les pièges impliqués dans un tel exercice de comparaison. Pour des raisons d’espace, et notre but n’étant pas d’élaborer un guide statistique, nous ne précisons pas la façon dont les statistiques ont été obtenues pour chaque pays mais nous contentons d'attirer l’attention sur les problèmes. Les chiffres présentés doivent être interprétés avec une extrême précaution, et les différentes notes explicatives lues attentivement.

Durée moyenne de travail hebdomadaire conventionnelle

La négociation collective joue un rôle essentiel dans la détermination de la durée du travail dans la plupart des pays considérés dans la présente étude (bien que dans une moindre mesure dans certains des nouveaux États membres et des pays candidats). Toutefois, sa nature varie considérablement selon les pays, avec des différences observées dans les niveaux de négociation (intersectoriel, sectoriel, entreprise, etc.), le rôle de chaque niveau et le champ d’application des négociations (bien qu’elle avoisine les trois-quarts de la force de travail de l''ancienne' UE des 15 et environ quatre travailleurs sur dix dans les nouveaux États membres). De plus, l’importance des négociations collectives est très variable selon les secteurs d’activité et les catégories de travailleurs. Le rapport entre la négociation collective et la législation sur le temps de travail diffère également selon les pays. La figure 1 ci-dessous présente la durée moyenne normale de travail hebdomadaire convenue collectivement en 2004 pour les travailleurs à temps plein, dans tous les secteurs de l’économie, pour les 28 pays examinés.

Figure 1. Durée moyenne normale de travail hebdomadaire convenue collectivement, 2004

Figure 1. Durée moyenne normale de travail hebdomadaire convenue collectivement, 2004

Source: EIRO.

La figure 1 doit être lue en tenant compte des notes suivantes.

  • Autriche: les statistiques sont des estimations basées sur les principales conventions collectives.
  • Belgique: les statistiques correspondent à la semaine de travail réglementaire fixée par la convention collective intersectorielle.
  • Bulgarie: les statistiques renvoient à la semaine normale (qui est également la durée légale) convenue dans la grande majorité des accords.
  • Chypre: statistiques de la Fédération panchypriote du travail (PEO).
  • République tchèque: les statistiques, issues du système d’information sur les conditions de travail (ISWC) et de la Confédération tchèque-morave de syndicats (Ceskomoravská konfederace odborových svazu, CMKOS), renvoient aux horaires établis par les accords d’entreprise (niveau de négociation prévalent); selon la CMKOS, environ 55% des conventions collectives de niveau supérieur signées par ses entités affiliées fixent à 37,5 heures le temps de travail normal.
  • Estonie: telle qu'établie par la loi.
  • Finlande: ces statistiques sont des estimations basées sur les clauses typiques des accords sectoriels.
  • France: depuis le 1er janvier 2002, le temps de travail hebdomadaire normal doit, légalement, être fixé à 35 heures dans toutes les entreprises (celles de moins de 10 salariés bénéficient de dérogations liées aux heures supplémentaires).
  • Allemagne: les statistiques portent sur l’ensemble de l’Allemagne; pour l’Allemagne de l’Ouest, le chiffre est de 37,4 heures à la fois en 2003 et en 2004 et pour l’Allemagne de l’Est, le chiffre est de 39,0 heures en 2002 et de 38,9 heures en 2004; les données proviennent des archives de conventions collectives de l’Institut des sciences économiques et sociales (Wirtschafts- und Sozialwissenschaftliches Institut, WSI).
  • Hongrie: les conventions collectives prévoient habituellement un temps de travail hebdomadaire réglementaire de 40 heures (bien que le code du travail permette qu’une durée moindre soit fixée dans les conventions collectives, dans la pratique, les écarts par rapport à la durée réglementaire sont relativement rares).
  • Italie: les statistiques correspondent au point médian des 36 à 40 heures hebdomadaires stipulées dans les conventions.
  • Lettonie: telle qu’établie par la loi.
  • Lituanie: telle qu’établie par la loi.
  • Luxembourg: ces statistiques sont des estimations.
  • Malte: alors qu’il n’existe aucune donnée statistique, la plupart des conventions collectives spécifient un temps de travail hebdomadaire normal de 40 heures.
  • Pays-Bas: chiffres provenant de l’inspection du travail (Arbeidsinspectie).
  • Norvège: les statistiques sont basées sur 'le temps de travail normal' des salariés couverts par les conventions collectives; le temps de travail hebdomadaire des salariés pratiquant le travail posté (par exemple dans la métallurgie) ou le travail de nuit (par ex. dans les administrations locales de la santé) est inférieur.
  • Pologne: telle qu’établie par la loi.
  • Portugal: les statistiques proviennent de l’enquête sur l’emploi du département des études, des statistiques et de la planification (Departamento de Estudos Estatística e Planeamento, DEEP) du ministère du travail et de la solidarité pour le premier trimestre 2004.
  • Roumanie: telle qu’établie par l’'unique convention collective nationale tripartite', qui prévoit un cadre minimum de base relatif aux conditions d’emploi (le même chiffre est fixé par la loi).
  • Slovaquie: les statistiques font référence aux salariés dans le cadre du travail à un seul poste - le chiffre équivalent pour les personnes travaillant à deux équipes est de 35,5 heures; données du système d’information Trexima de Bratislava sur les conditions de travail.
  • Slovénie: les statistiques sont basées sur la norme dans les conventions collectives sectorielles (le même chiffre est fixé par la loi).
  • Espagne: chiffres calculés à partir des statistiques sur les conventions collectives du ministère du travail et des affaires sociales (MTAS) concernant le temps de travail annuel moyen établi par conventions (1 756,6 heures en novembre 2004), en considérant une semaine de six jours et 274 jours ouvrables par an.
  • Suède: statistiques 2003 de l’autorité de médiation (Medlingsinstitutet).
  • Royaume-Uni: les statistiques émanent de l’étude 274 HR (octobre 2004) sur le 'temps de travail et les congés' de l’Incomes Data Services (IDS), à partir d’une étude menée sur 484 accords d’entreprise et sectoriels; la moyenne pour les travailleurs manuels est d’un peu plus de 38 heures et pour les travailleurs non manuels de 36,8 heures.

La figure 1 présente uniquement les données de l’année 2004, car dans la plupart des cas, elles sont identiques à celles de 2003. La durée moyenne de travail hebdomadaire des 15 'anciens'États membres de l’UE et de la Norvège est restée quasiment stable à 37,9 heures (contre 38,0 pour l’UE des 15 seule). On relève peu d’évolutions entre 2003 et 2004. L’écart par rapport à la durée normale de travail hebdomadaire conventionnelle dans l’UE et la Norvège est toujours de cinq heures (de 35 heures en France à 40 heures en Grèce). Toutefois, dans 14 pays, le temps de travail hebdomadaire normal est compris entre 37 et 39 heures incluses.

Au cours de la période quinquennale allant de 2000 à 2004, la moyenne du temps de travail conventionnel hebdomadaire pour l’UE actuelle et la Norvège a légèrement diminué, passant de 38,1 à 37,9 heures (soit une baisse d’environ 0,5%). La moyenne du temps de travail conventionnel normal est restée stable dans deux-tiers des pays (malgré quelques exceptions dans certains secteurs et entreprises spécifiques). En Belgique, on relève au cours de la période, une réduction d’une heure du temps de travail hebdomadaire maximum normal établi dans l’accord intersectoriel national, alors qu’en Finlande, au Portugal, en Espagne et au Royaume-Uni, les moyennes ont baissé d’une demi-heure ou moins. En Allemagne, le chiffre pour l’Ouest du pays est resté stable, alors que pour l’Est, il a légèrement diminué (de 0,3 heures). À quelques exceptions près, la question des réductions du temps de travail n’a pas occupé une place prépondérante dans les négociations en 2004. En Grèce, dans le cadre de la nouvelle convention collective générale nationale pour 2004-2005 (GR0409102F), les partenaires sociaux ont convenu de discuter de la réduction du temps de travail. Bon nombre de nouveaux accords sectoriels conclus en Suède prévoient des réductions du temps de travail équivalant à 0,5% du salaire par an, poursuivant ainsi la tendance qui a vu le jour en 1998. Au Royaume-Uni, les syndicats de l’industrie automobile ont appelé à des réductions des horaires de base (UK0403106F).

S'agissant des nouveaux États membres et des pays candidats, il convient tout d’abord de noter que le rôle actif de la négociation collective dans la fixation du temps de travail hebdomadaire normal est relativement faible dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale. Ainsi, dans des pays tels que la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovénie, les conventions collectives n’ont pas tendance à s’écarter du temps de travail statutaire (généralement 40 heures) ou n’abordent tout simplement pas la question. La semaine de travail moyenne convenue collectivement dans les 10 nouveaux États membres était de 39,5 heures en 2003 et 2004 - soit 1,6 heures (ou 4,2%) de plus que dans l’UE des 15 et en Norvège. Si l’on ajoute la Bulgarie et la Roumanie, la moyenne des nouveaux États membres augmente très légèrement pour atteindre 39,6 heures. En général, ces pays ont encore un temps de travail hebdomadaire normal de 40 heures, à l’exception de Chypre, la République tchèque et la Slovaquie où les horaires conventionnels tournent autour de la moyenne de l’UE actuelle. Il semble que la réduction du temps de travail occupe actuellement une place peu importante à l’ordre du jour des négociations, bien que des syndicats aient réitéré leurs revendications concernant ces réductions en 2004 en Bulgarie et en Hongrie.

Dans l’UE des 25, la durée moyenne normale de travail hebdomadaire convenue collectivement était de 38,6 heures en 2003 et 2004 - soit 0,6 heures (1,6%) de plus que la moyenne de l’UE des 15.

L’année 2004 a été marquée par la conclusion d’un certain nombre d’accords d’entreprise, notamment en Allemagne, qui ont étendu le temps de travail en échange de garanties en termes de sécurité de l’emploi. Parmi les exemples phares, on relève les accords conclus chez Siemens (DE0407106F) et DaimlerChrysler (DE0408102N) en Allemagne, et dans l’usine Bosch en France (FR0408101N), où la législation sur les 35 heures a fait l'objet de pressions croissantes au cours de l’année (FR0408108F). On relève également des appels à une augmentation du temps de travail conventionnel de la part des entreprises et des organisations patronales dans des pays tels que l’Autriche (AT0407201N), la Belgique (BE0408301N), les Pays-Bas (NL0408104F) et la Slovénie (SI0411302F).

Durée maximale légale de la journée et de la semaine de travail

Des négociations collectives sur la durée du temps de travail se sont déroulées dans tous les pays dans le cadre des lois sur la durée maximale du travail. Dans l’UE et en Norvège, ces lois doivent au moins respecter les dispositions de la directive concernant certains aspects de l’aménagement du temps de travail (adoptée au départ en 1993 et désormais consolidée dans le cadre de la directive 2003/88/CE), qui prévoit une durée maximale hebdomadaire de travail de 48 heures (en moyenne sur une période de référence n’excédant pas quatre mois), une durée minimale de 11 heures de repos journalier et un temps de travail maximal de huit heures pour les travailleurs de nuit.

Tableau 1. Durée maximale légale de travail hebdomadaire, 2004
Chypre 48
Danemark: 48
France: 48
Allemagne* 48
Grèce 48
Hongrie 48
Irlande 48
Italie 48
Lituanie 48
Luxembourg 48
Malte 48
Pays-Bas 48
Roumanie 48
Royaume-Uni 48
Autriche 40
Bulgarie 40
République tchèque 40
Estonie 40
Finlande 40
Lettonie 40
Norvège 40
Pologne 40
Portugal 40
Slovaquie 40
Slovénie 40
Espagne 40
Suède 40
Belgique 38

* Il n’existe pas explicitement de maximum hebdomadaire en Allemagne; le chiffre de 48 heures représente une moyenne basée sur la réglementation concernant le maximum quotidien.

Source: EIRO.

Comme le montre le tableau 1 ci-dessus, les pays se répartissent entre deux groupes égaux: ceux qui fixent un temps de travail hebdomadaire maximum à 48 heures tel que spécifié dans la directive de l’UE sur le temps de travail et ceux qui ont adopté une limite inférieure de 40 heures (ou 38 en Belgique). Dans le premier groupe de 14 pays, le maximum légal est bien supérieur à la durée moyenne conventionnelle ainsi qu’à la durée moyenne effective ou habituelle (voir la figure 5 et le tableau 3 ci-dessous) - et agit principalement comme un «filet de sécurité» (bien que le chiffre de 48 heures comprenne souvent les heures supplémentaires - TN0302101S). Dans le second groupe de 14 pays, le maximum légal est beaucoup plus proche de la durée moyenne conventionnelle ou effective/usuelle de travail hebdomadaire (et identique aux horaires convenus par conventions collectives dans certains cas), ce qui reflète le rôle prépondérant de la législation en matière de temps de travail dans ces pays (bien qu’à nouveau, les heures supplémentaires puissent ne pas être comprises dans ce chiffre). La situation a peu évolué dans ce domaine entre 2003 et 2004.

Dans de nombreux pays, il est possible de dépasser ce plafond légal dans le cadre des dispositifs favorisant la flexibilité du temps de travail, où les horaires hebdomadaires peuvent osciller autour d’une moyenne sur une période de référence (comme le permet la directive de l’UE) (TN0308101S). Par exemple:

  • en Autriche, la durée de travail hebdomadaire peut être modifiée jusqu’à 50 heures sur une période de référence, via un accord, si une moyenne de 40 heures par semaine est maintenue;
  • au Danemark, le maximum de 48 heures doit être respecté en moyenne sur une période de quatre mois;
  • en Estonie et en Slovaquie, la semaine de travail moyenne peut être de 48 heures maximum sur une période de quatre mois, en tenant compte des heures supplémentaires;
  • en Finlande, la durée de travail hebdomadaire peut varier (jusqu’à 45 heures) sur une période de référence de 52 semaines, si une moyenne de 40 heures hebdomadaires est maintenue;
  • aux Pays-Bas, la durée maximale est de 48 heures sur une période de référence de 13 semaines. Si aucun accord n’est conclu entre l’employeur et les syndicats (ou le comité d’entreprise), la durée maximale légale de travail est de neuf heures par jour, mais suite à un accord, la journée de travail peut être étendue à 12 heures, pour autant que les horaires hebdomadaires moyens ne dépassent pas 60 heures sur une période de référence de quatre semaines (et ne dépassent pas 48 heures sur une période de 13 semaines);
  • en Norvège, les horaires hebdomadaires moyens peuvent varier et atteindre jusqu’à 48 heures, tant que le maximum de 40 heures est maintenu sur une période de référence allant jusqu’à un an. Dans certaines circonstances spécifiques, la période de référence peut être étendue;
  • au Portugal, la semaine de travail peut aller jusqu’à 60 heures par accord, si le maximum est maintenu en moyenne sur une période de référence;
  • en Espagne, la durée de travail hebdomadaire peut être supérieure si une moyenne de 40 heures est maintenue sur une période de référence; et
  • au Royaume-Uni, la durée de travail hebdomadaire peut être supérieure à 48 heures si la moyenne est maintenue sur une période de référence de 17 semaines.

En raison de la complexité fréquente des règles relatives aux heures supplémentaires, aux horaires variables, etc., on ne peut véritablement comparer la durée maximale établie au tableau 1 directement entre les pays et les différences entre les groupes de pays dont le temps de travail hebdomadaire maximum est compris entre 40 et 48 heures peuvent s’avérer minimes dans la pratique.

Tous les pays considérés dans cette étude prévoient également une durée maximale légale de la journée de travail, tel qu'indiqué dans le tableau 2 ci-dessous. À Chypre, au Danemark, en Irlande, en Italie et au Royaume-Uni, la durée maximale de travail journalier n’est pas définie explicitement (excepté pour les travailleurs de nuit), mais l’application de la période minimale de repos journalier de 11 heures prévue par la directive sur le temps de travail implique un maximum de 13 heures par jour. À nouveau, la prise en compte des heures supplémentaires varie suivant les pays et la durée de la journée de travail peut souvent s'avérer supérieure dans le contexte des dispositifs de flexibilité du temps de travail. Par exemple:

  • en Finlande, un employeur et un salarié peuvent convenir d’étendre le temps de travail habituel d’une heure au maximum. En cas d’horaires de travail souples, la durée de la journée de travail habituelle peut être prolongée de trois heures au plus;
  • en Allemagne, la durée quotidienne de travail peut être étendue jusqu’à 10 heures, si une moyenne de huit heures est maintenue sur une période de référence de 24 semaines;
  • aux Pays-Bas, comme indiqué précédemment, si aucun accord n’est conclu entre l’employeur et les syndicats (ou le comité d’entreprise), la durée légale maximale de travail est de neuf heures par jour, mais suite à un accord, les horaires journaliers peuvent être étendus à 12 heures, sous réserve que la durée moyenne de travail hebdomadaire ne dépasse pas 60 heures sur une période de référence de quatre semaines (et n’excède pas 48 heures sur une période de 13 semaines);
  • au Portugal, la journée de travail peut être étendue jusqu’à 13 heures dans le cadre de programmes permettant le calcul du temps de travail moyen;
  • en Espagne, la durée quotidienne de travail peut être étendue si une moyenne de neuf heures est maintenue sur une période de référence; et
  • en Suède, la durée quotidienne de travail peut varier dans certaines circonstances.
Tableau 2. Durée maximale légale de la journée de travail, 2004
Chypre 13
Danemark: 13
Irlande 13
Italie 13
Royaume-Uni 13
Malte 12,5
Grèce 12
Hongrie 12
Lituanie 12
Autriche 10
France: 10
Luxembourg 10
Slovénie 10
République tchèque 9
Pays-Bas 9
Norvège 9
Slovaquie 9
Espagne 9
Belgique 8
Bulgarie 8
Estonie 8
Finlande 8
Allemagne 8
Lettonie 8
Pologne 8
Portugal 8
Roumanie 8
Suède 8

Source: EIRO.

Durée conventionnelle de travail hebdomadaire par secteur d’activité

Après avoir examiné l’économie dans son ensemble, examinons à présent certains secteurs d’activité. Les statistiques présentées ci-dessous correspondent à la durée moyenne normale de travail hebdomadaire des travailleurs à temps plein, fixée par négociation collective dans certains secteurs représentatifs de l’industrie manufacturière (chimie), des services (commerce de détail), et de la fonction publique (administration centrale). Même si ces données plus spécifiques sont probablement plus précises que les moyennes globales figurant au chapitre précédent, il convient de les utiliser avec la plus grande précaution et de lire attentivement les notes explicatives de chacun des chiffres - tous les avertissements précités sont également applicables aux statistiques sectorielles.

La comparaison des trois secteurs montre qu’en 2004, la chimie affiche la durée moyenne de travail hebdomadaire conventionnelle la plus élevée dans l’UE des 15 et la Norvège, soit 38,4 heures, suivie du commerce de détail avec 38,2 heures et de la fonction publique avec 37,1 heures (même classement qu’en 2002 et 2000). Dans les secteurs de la chimie et du commerce de détail, la durée moyenne de travail est supérieure à la moyenne globale pour l'ensemble de l'économie, de 37,9 heures, alors que la durée de travail dans la fonction publique est inférieure à la moyenne. Au cours de la période de cinq ans 2000-2004, la moyenne est restée inchangée dans le secteur de la chimie, a légèrement diminué dans le commerce de détail (de 0,1 heure) et a baissé de façon plus importante dans la fonction publique (de 0,6 heures, principalement en raison des réductions opérées en France, en Italie et en Espagne). Au cours de la période, la situation globale a connu peu de changements.

En ce qui concerne les nouveaux États membres, la durée conventionnelle de travail hebdomadaire est supérieure à la moyenne de l’UE des 15 et la Norvège, mais souvent pas à celle affichée par certains des anciens États membres avec une durée de travail plus importante. La différence entre la moyenne pour l’UE des 15 et la Norvège et celle des nouveaux États membres est assez faible dans la chimie (une demi-heure), plus importante dans le commerce de détail (1,3 heures) et beaucoup plus nette dans la fonction publique (2,3 heures).

On constate que dans certains pays, la durée conventionnelle moyenne de travail hebdomadaire ne varie pas entre les trois secteurs examinés ou même, semble-t-il, dans l’ensemble de l’économie. Une durée de travail hebdomadaire uniforme de 40 heures (correspondant généralement à la semaine normale légale de travail - voir ci-dessus) est appliquée dans bon nombre des nouveaux États membres et des pays candidats - c’est le cas en Bulgarie, en Hongrie, à Malte, en Roumanie et en Slovénie, et probablement aussi en Estonie, Lettonie et Lituanie, malgré le peu de données disponibles dans ces pays. On relève une uniformité similaire au Danemark (37 heures), en France (35 heures), en Irlande (39 heures) et en Norvège (37,5 heures). Seule la fonction publique semble afficher un temps de travail inférieur à la norme générale en Grèce (où la norme est de 40 heures) et à Chypre (38 heures). Il existe relativement peu d’écart (et aucun des trois secteurs examinés ne s’écarte de la moyenne nationale de plus de deux heures) en Suède, en Allemagne, au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Autriche, en République tchèque et aux Pays-Bas, alors que des différences plus importantes sont relevées en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique et en Finlande.

Chimie

La figure 2 ci-dessous illustre la durée normale de travail hebdomadaire convenue collectivement dans la chimie (basée sur les conventions collectives sectorielles applicables, sauf spécification contraire dans les notes explicatives en dessous de la figure). Aucune donnée n’est disponible pour l’Estonie, la Lettonie et la Pologne (la négociation collective a un rôle restreint ou nul dans l’établissement de la durée de travail normale dans le secteur de la chimie dans des pays tels que la Lituanie). La figure présente les données pour l’année 2004 uniquement, illustrant la quasi-absence de changement par rapport aux chiffres de 2003 dans tous les pays.

Dans l’UE des 15 et en Norvège, la durée de travail hebdomadaire moyenne conventionnelle dans le secteur de la chimie était de 38,4 heures en 2004 - chiffre identique à 2000. On relève quelques mouvements à la baisse ou à la hausse relativement mineurs dans quelques pays au cours de la période de cinq ans (bien que les sources de données utilisées pour les statistiques de l’EIRO aient changé dans certains pays au cours de cette période).

En 2004, dans l’UE des 15 et en Norvège, la durée de travail hebdomadaire la plus longue dans le secteur de la chimie (40 heures) a été relevée en Finlande, en Grèce, au Portugal et en Suède (bien que le chiffre suédois soit susceptible d’être inférieur dans la pratique, en raison de différentes méthodes de réduction du temps de travail) et la plus courte en France (35 heures). L’écart, de cinq heures, est identique à celui de la durée moyenne de travail hebdomadaire pour l’économie globale. La durée de travail dans le secteur de la chimie est bien supérieure à la moyenne nationale pour l’ensemble de l’économie en Finlande, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Portugal. Globalement, la durée moyenne conventionnelle de travail hebdomadaire dans la chimie (38,4 heures) est supérieure d’une demi-heure à la moyenne globale.

En ce qui concerne les nouveaux États membres, des données sont disponibles pour six pays, avec une semaine de travail moyenne dans le secteur de la chimie de 38,9 heures en 2004 - soit une demi-heure au-dessus de la moyenne de l’UE des 15 et la Norvège. La situation n’a pas évolué depuis 2003. La durée de travail hebdomadaire moyenne à Chypre, en République tchèque et en Slovaquie est inférieure à la moyenne de l’UE des 15, alors qu’elle est de 40 heures (à savoir 1,5 heure de plus que la moyenne de l’UE des 15) dans les trois autres nouveaux États membres, ainsi qu’en Bulgarie et en Roumanie. En République tchèque et en Slovaquie, le temps de travail hebdomadaire dans le secteur de la chimie est légèrement inférieur à la moyenne de l’ensemble de l’économie alors que dans les autres pays, il est égal à cette moyenne.

En considérant tous les pays de l’UE élargie pour lesquels des données sont disponibles, la durée moyenne de travail hebdomadaire dans la chimie était de 38,6 heures en 2004, ce qui correspond à la moyenne de l’ensemble de l’économie et à 0,2 heure de plus que dans la chimie dans l’UE des 15.

Figure 2. Durée normale de travail hebdomadaire convenue collectivement dans la chimie, 2004

Figure 2. Durée normale de travail hebdomadaire convenue collectivement dans la chimie, 2004

Notes relatives aux moyennes: l’expression 'tous les pays' concerne 24 pays; 'ensemble de l’UE' concerne 21 pays; 'nouveaux États membres' concerne six pays.

Source: EIRO; * chiffres de 2003.

La figure 2 doit être lue en tenant compte des notes suivantes.

  • Bulgarie: données des entités affiliées sectorielles de la Confédération des syndicats indépendants de Bulgarie (CITUB).
  • République tchèque: les statistiques, issues de l’ISWC, renvoient aux horaires établis par les accords d’entreprise (niveau de négociation le plus courant); le chiffre pour les conventions collectives de niveau supérieur était de 37,5.
  • Allemagne: les statistiques, provenant des archives des conventions collectives du WSI, concernent l’Allemagne de l’Ouest; pour l’Allemagne de l’Est, les chiffres sont de 40 heures.
  • Hongrie: temps de travail inférieur, généralement de 36 heures, aux postes à risque.
  • Italie: estimation basée sur un chiffre annuel de la banque d’Italie (Banca D'Italia) de 1 727 heures en 2003 (en considérant un congé annuel de 28 jours et 12 jours fériés).
  • Luxembourg: ces statistiques sont des estimations.
  • Malte: les statistiques, issues de la section chimie, énergie et imprimerie de l’Union générale des travailleurs (GWU), s’appliquent à ceux ayant des horaires normaux - 37,5 heures pour les travailleurs postés.
  • Norvège: les travailleurs de nuit et les travailleurs postés ont des horaires inférieurs.
  • Espagne: chiffres calculés à partir des statistiques sur les conventions collectives du MTAS concernant le temps de travail annuel moyen établi par conventions (1 750,7 heures en 2003), en considérant une semaine de six jours et 274 jours ouvrables par an.
  • Suède: les conventions collectives couvrant la période 2001-2004 prévoyaient que 1,5% de la masse salariale puisse être prise sous la forme de congé payé, contribution à un compte de temps de travail ou au comptant, mais aucune donnée n’indique dans quelle mesure ces 'réserves de temps de travail' ont affecté la durée du travail.
  • Royaume-Uni: les statistiques de l’IDS concernent les secteurs de 'la chimie, du pétrole et des produits pharmaceutiques'.

Commerce de détail

La figure 3 ci-dessous illustre la durée normale de travail hebdomadaire convenue collectivement dans le commerce de détail (basée sur les conventions collectives sectorielles applicables, sauf spécification contraire dans les notes explicatives en dessous de la figure). Aucune donnée n’est disponible pour l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Slovaquie (la négociation collective a un rôle restreint ou nul dans l’établissement de la durée de travail normale dans le commerce de détail dans des pays tels que la Lituanie). La figure présente les données pour l’année 2004 uniquement, en raison de l’absence de changements par rapport aux chiffres de 2003 dans tous les pays, hormis le Royaume-Uni, où une très légère augmentation a eu lieu (le chiffre utilisé est une moyenne des accords d’entreprise).

Depuis 2000, la durée moyenne de travail hebdomadaire dans le commerce de détail de l’UE des 15 et la Norvège a légèrement régressé, passant de 38,3 heures à 38,2 heures, avec des réductions relativement mineures en Italie, au Luxembourg, en Espagne et en Allemagne (de l’Ouest).

Dans l’UE des 15 et la Norvège, les horaires hebdomadaires les plus longs effectués dans le commerce de détail (40 heures) sont relevés en 2004 en Autriche, en Grèce, au Portugal et en Suède alors que les plus faibles sont relevés en Belgique et en France (35 heures). L’écart, de cinq heures, est identique à celui de la durée moyenne de travail hebdomadaire pour l’économie globale. La durée de travail dans le secteur du commerce de détail est souvent supérieure à la moyenne nationale pour l’ensemble de l’économie, notamment au Portugal, en Autriche, en Suède, aux Pays-Bas, en Italie, au Royaume-Uni, en Espagne et au Luxembourg. Les horaires de travail dans le commerce de détail ne sont inférieurs à la moyenne nationale qu’en Belgique et en Allemagne. Dans l’ensemble, la durée moyenne conventionnelle de travail hebdomadaire dans le commerce de détail (38,2 heures) est de 0,3 heure inférieure à la moyenne globale (37,9 heures).

En ce qui concerne les nouveaux États membres, des données sont disponibles pour cinq pays, avec une semaine de travail moyenne de 39,5 heures en 2004, soit 1,3 heure au-dessus de la moyenne de l’UE des 15 et de la Norvège. La situation n’a pas évolué depuis 2003. La durée moyenne de travail hebdomadaire à Chypre est inférieure à la moyenne de l’UE des 15. En République tchèque, ce chiffre était de 39,6 heures. Dans les trois autres nouveaux États membres, la semaine de travail dans le commerce de détail est de 40 heures (à savoir 1,7 heure de plus que la moyenne de l'UE des 15), au même titre qu’en Bulgarie et en Roumanie. En République tchèque, le temps de travail hebdomadaire dans le commerce de détail est supérieur à la moyenne de l’ensemble de l’économie alors que dans les autres pays, il est égal à cette moyenne.

En considérant tous les pays de l’UE élargie disposant de données, la durée moyenne de travail hebdomadaire dans le commerce de détail était de 38,6 heures en 2004, soit un chiffre égal à la moyenne de l’ensemble de l’économie et 0,3 heure de plus que dans le commerce de détail dans l’UE des 15.

Figure 3. Durée normale de travail hebdomadaire convenue collectivement dans le commerce de détail, 2004

Figure 3. Durée normale de travail hebdomadaire convenue collectivement dans le commerce de détail, 2004

Notes relatives aux moyennes: l’expression 'tous les pays' concerne 23 pays; 'ensemble de l’UE' concerne 20 pays; 'nouveaux États membres' concerne cinq pays.

Source: EIRO; * chiffre de 2003.

La figure 3 doit être lue en tenant compte des notes suivantes.

  • Bulgarie: données des entités affiliées sectorielles de la CITUB.
  • République tchèque: les statistiques, issues de l’ISWC, renvoient aux horaires établis par les accords d’entreprise (niveau de négociation le plus courant); le chiffre pour les conventions collectives de niveau supérieur était de 37,5 à 40,0 heures.
  • Allemagne: les statistiques, provenant des archives des conventions collectives du WSI, concernent l’Allemagne de l’Ouest; pour l’Allemagne de l’Est, les chiffres sont de 40 heures.
  • Italie: estimation basée sur un chiffre annuel de la banque d’Italie de 1 708 heures (en considérant un congé annuel de 28 jours et 12 jours fériés).
  • Luxembourg: ces statistiques sont des estimations.
  • Malte: les statistiques, issues de la section hébergement et alimentation du GWU, concernent un certain nombre de supermarchés où les salariés sont représentés par le GWU.
  • Norvège: les statistiques concernent le premier trimestre.
  • Espagne: chiffres calculés à partir des statistiques sur les conventions collectives du MTAS concernant le temps de travail annuel moyen établi par conventions (1 792,2 heures en 2003), en considérant une semaine de six jours et 274 jours ouvrables par an.
  • Royaume-Uni: les données obtenues auprès de l’IDS concernent 'le commerce de détail et la distribution'.

Fonction publique

La figure 4 ci-dessous illustre la durée normale de travail hebdomadaire convenue collectivement dans la fonction publique en 2004 - aucun changement n’a été enregistré entre 2003 et 2004. Aucune donnée n’est disponible pour l’Estonie. Alors qu'un grand nombre de statistiques concernent des conventions collectives, il convient de noter que dans de nombreux pays, le temps de travail des fonctionnaires est fixé par la loi - cela est notamment le cas dans la plupart des nouveaux États membres.

Depuis 2000, la durée conventionnelle moyenne de travail hebdomadaire de la fonction publique dans l’UE des 15 et la Norvège a légèrement baissé (passant de 37,7 à 37,1 heures) essentiellement en raison des réductions en France, en Italie et en Espagne, les changements étant rares par ailleurs.

En 2004, dans l’UE des 15 et en Norvège, la durée de travail hebdomadaire la plus longue dans la fonction publique (40 heures) a été relevée en Autriche, au Luxembourg et en Suède et la plus courte (32,9 heures) en Italie. L’écart, de sept heures, est légèrement supérieur à celui de la durée moyenne de travail hebdomadaire pour l’économie globale. La durée du travail dans la fonction publique est bien inférieure à la moyenne nationale de l’ensemble de l’économie en Italie, en Espagne, en Grèce et au Portugal, et dans une moindre mesure en Finlande, aux Pays-Bas, en Belgique et au Royaume-Uni. Toutefois, le temps de travail dans la fonction publique est bien supérieur à la moyenne nationale en Autriche, au Luxembourg, en Allemagne et en Suède. Dans l’ensemble, la durée moyenne conventionnelle de travail hebdomadaire dans la fonction publique (37,1 heures) est de 0,8 heure inférieure à la moyenne globale (37,9 heures).

En ce qui concerne les nouveaux États membres, des données sont disponibles pour neuf pays, avec une semaine de travail moyenne dans la fonction publique de 39,4 heures en 2004 - soit 2,3 heures au dessus de la moyenne de l’UE des 15 et de la Norvège. La situation est restée inchangée entre 2003 et 2004. La durée de travail hebdomadaire moyenne à Chypre et en Slovaquie se situe juste au-dessus de la moyenne de l’UE des 15, alors qu’elle est de 40 heures ailleurs (à savoir 2,9 heures de plus que dans l’UE des 15), au même titre qu'en Bulgarie et en Roumanie. À Chypre et en Slovaquie, le temps de travail hebdomadaire dans la fonction publique est inférieur à la moyenne de l’ensemble de l’économie, il est supérieur à cette moyenne en République tchèque, alors que dans les autres pays, il est égal à la moyenne.

En considérant l’UE après l’élargissement en mai 2004, la durée moyenne de travail hebdomadaire établie par convention dans la fonction publique était de 38,0 heures en 2004, soit 0,6 heure de moins que la moyenne de l’ensemble de l’économie et 0,9 heure de plus que dans la fonction publique de l’UE des 15.

Figure 4. Durée normale de travail hebdomadaire convenue collectivement dans la fonction publique, 2004

Figure 4. Durée normale de travail hebdomadaire convenue collectivement dans la fonction publique, 2004

Notes relatives aux moyennes: l’expression 'tous les pays' concerne 27 pays; 'ensemble de l’UE' concerne 24 pays; 'nouveaux États membres' concerne neuf pays.

Source: EIRO; * chiffres de 2003.

La figure 4 doit être lue en tenant compte des notes suivantes.

  • Autriche: chiffre habituel pour les fonctionnaires; le temps de travail est fixé par la loi ou par des décrets, la quasi-totalité des salariés de la fonction publique ne bénéficiant pas du droit de conclure des accords collectifs.
  • Bulgarie: données des entités affiliées sectorielles de la CITUB.
  • Chypre: données obtenues auprès de l'Union panchypriote des fonctionnaires (Pancyprian Union of Public Servants, PASYDY).
  • République tchèque: tel qu’établi par la loi.
  • Finlande: les statistiques concernent le personnel administratif, la durée de travail hebdomadaire des autres catégories est de 38,3 heures.
  • Allemagne: les statistiques, provenant des archives des conventions collectives du WSI, concernent l’Allemagne de l’ouest; pour l’Allemagne de l’est, les chiffres sont de 40 heures.
  • Grèce: la règle générale est de 37,5 heures, avec toutefois certaines exceptions.
  • Italie: estimation basée sur un chiffre annuel de la banque d’Italie de 1 708 heures (en considérant un congé annuel de 28 jours et 12 jours fériés).
  • Lettonie: tel qu’établi par la loi.
  • Lituanie: tel qu’établi par la loi.
  • Malte: ces statistiques sont des estimations.
  • Norvège: les statistiques concernent le premier trimestre.
  • Pologne: tel qu’établi par la loi sur la fonction publique de 1998.
  • Portugal: tel qu’établi par la loi.
  • Espagne: chiffres calculés à partir des statistiques sur les conventions collectives du MTAS concernant le temps de travail annuel moyen établi par conventions (1 597,2 heures en 2003), en considérant une semaine de six jours et 274 jours ouvrables par an.
  • Royaume-Uni: les statistiques obtenues auprès de l’IDS concernent les 'services publics'.

Durée effective/habituelle de travail hebdomadaire

Certains des problèmes rencontrés pour les données concernant la durée normale de travail hebdomadaire établie collectivement sont évités dans les statistiques sur la durée effective de travail hebdomadaire, généralement mesurée à partir des enquêtes sur les forces de travail. Ces statistiques fournissent un aperçu plus précis du nombre d’heures effectivement travaillées au cours d’une semaine donnée, car elles intègrent des facteurs tels que les heures supplémentaires et les absences. Néanmoins, les données nationales sur la durée moyenne de travail effectif hebdomadaire sont souvent problématiques dans le cadre des comparaisons, en raison des différences de définition. Certaines enquêtes nationales ne font notamment pas de distinction entre les travailleurs à temps plein et à temps partiel. Ainsi, dans la figure 5 ci-dessous, nous présentons les statistiques d’Eurostat correspondant à la durée habituelle de travail hebdomadaire travaillée par les travailleurs à temps plein, à partir de ses enquêtes sur les forces de travail 2003, pour les États membres de l’UE, la Norvège, la Bulgarie et la Roumanie. La durée habituelle de travail hebdomadaire correspond au nombre d’heures pendant lesquelles la personne travaille normalement, y compris les heures supplémentaires - rémunérées ou non - normalement effectuées (mais n’inclut pas le temps de trajet entre le domicile et le travail et les principales pauses pour les repas).

Figure 5. Durée habituelle de travail hebdomadaire, travailleurs à temps plein, 2003

Figure 5. Durée habituelle de travail hebdomadaire, travailleurs à temps plein, 2003

Source: enquêtes sur les forces de travail d’Eurostat.

Dans l’UE des 25, la durée habituelle de travail hebdomadaire la plus longue des travailleurs à temps plein est enregistrée en Lettonie, au Royaume-Uni et en Pologne, et la plus faible en Italie, en France et aux Pays-Bas (la Norvège, pays hors UE, affiche la durée la plus faible de tous les pays étudiés). Parmi les 11 pays dont la durée habituelle de travail est supérieure à la moyenne de l’UE des 25, huit sont de nouveaux États membres, le Royaume-Uni, la Grèce et l’Espagne étant les seuls 'anciens'États membres de ce groupe. Seules Chypre et la Lituanie affichent une durée inférieure à la moyenne.

Dans tous les pays, la durée habituelle de travail moyenne des hommes travaillant à temps plein est supérieure à celle des femmes. L’écart moyen entre les sexes est de 2,1 heures par semaine (ou environ 5%) dans l’UE des 25, et il est de trois heures par semaine ou plus au Royaume-Uni, en Pologne et en Italie, mais il est de moins d’une heure en Autriche, à Chypre, aux Pays-Bas, en Slovaquie, en Slovénie et en Suède (et en Norvège, en Bulgarie et en Roumanie).

Dans l’UE des 15, la durée habituelle de travail hebdomadaire la plus longue des travailleurs à temps plein est relevée au Royaume-Uni (d’assez loin) et la plus courte en Italie. Entre 2003 et 2004, la moyenne des 15 pays de l’UE est restée stable à 40 heures. L’écart moyen entre les sexes est de 2,1 heures par semaine dans l’UE des 15.

Dans tous les pays hormis la Lituanie, la durée habituelle de travail hebdomadaire est supérieure à la durée conventionnelle normale de travail hebdomadaire. Dans l’UE des 25, la durée moyenne habituelle de travail hebdomadaire dans l’UE actuelle était de 40,2 en 2003, contre 38,6 heures en 2004 pour la durée moyenne de travail hebdomadaire établie collectivement. Les chiffres respectifs pour l’UE des 15 étaient de 40,0 et 38,0 (soit un écart légèrement plus important). La durée moyenne habituelle de travail hebdomadaire est supérieure d’une heure au maximum à la durée conventionnelle normale en Belgique, en Grèce, en Hongrie, en Irlande, en Italie, au Luxembourg et à Malte. Toutefois, dans six pays, la durée habituelle de travail hebdomadaire est supérieure de deux heures ou plus à la durée conventionnelle: Chypre, République Tchèque, Danemark, France, Lettonie et Royaume-Uni. Au Royaume-Uni, on note un écart de 5,9 heures entre les horaires établis par conventions et les horaires habituels, reflétant probablement la tradition culturelle des heures supplémentaires et des horaires de travail extensifs et la faible couverture des négociations collectives dans ce pays.

Les enquêtes sur les forces de travail d’Eurostat pour 2003 fournissent également des statistiques concernant la durée habituelle de travail hebdomadaire des travailleurs à temps partiel, présentées dans la figure 6 ci-dessous.

Figure 6. Durée habituelle de travail hebdomadaire, travailleurs à temps partiel, 2003

Figure 6. Durée habituelle de travail hebdomadaire, travailleurs à temps partiel, 2003

Source: enquêtes sur les forces de travail d’Eurostat.

Dans l’UE des 25, la durée habituelle de travail hebdomadaire des travailleurs à temps partiel la plus longue est relevée en Lettonie, en République tchèque et en Hongrie (la Roumanie, pays hors UE, affiche la durée la plus longue de tous les pays étudiés), et la plus courte en Irlande, en Allemagne, en Espagne et en France. En général, la durée de travail à temps partiel habituelle est relativement plus élevée dans les nouveaux États membres, seule la Slovénie étant située en dessous de la moyenne de l’UE des 25; mais parmi certains 'anciens'États membres (Italie, France, Belgique, Suède et Autriche) cette durée est également bien supérieure à la moyenne.

En moyenne, la durée habituelle de travail à temps partiel des femmes est supérieure à celle des hommes dans l’UE des 25 (de 0,5 heure par semaine), mais dans 15 de ces pays (plus la Bulgarie et la Roumanie) ce sont les hommes travaillant à temps partiel qui ont des horaires plus longs. Dans ce groupe de pays, les plus grands écarts (avec les hommes à temps partiel travaillant en moyenne plus de deux heures de plus par semaine que les femmes à temps partiel) sont relevés en Italie, en Grèce, au Luxembourg, en Lettonie et au Portugal (ainsi qu’en Roumanie). Dans les pays où les femmes travaillant à temps partiel ont des horaires plus longs, les plus grands écarts (avec les femmes à temps partiel travaillant en moyenne plus de deux heures de plus par semaine que les hommes à temps partiel) sont enregistrés au Danemark, en Suède, en Norvège et en Allemagne.

Dans l’UE des 15, la durée habituelle de travail à temps partiel la plus longue (d’assez loin) est relevée en Italie et la plus courte en Irlande. Entre 2003 et 2004, la moyenne des 15 pays de l’UE a légèrement augmenté, de 19,7 heures à 19,8 heures. L’écart moyen entre les sexes est de 0,8 heures par semaine dans l’UE des 15.

Il semble qu’il y ait peu de rapport entre la durée du travail à temps plein et à temps partiel, bien qu’elle soit dans les deux cas comparativement supérieure dans un certain nombre de nouveaux États membres et de pays candidats (notamment en Roumanie, en Lettonie, en République tchèque et en Pologne). Il est intéressant de noter que certains des pays affichant la durée de travail à temps plein habituelle la plus longue sont aussi ceux dont la durée de travail à temps partiel est la plus courte - notamment le Royaume-Uni et la Slovénie - alors que certains des pays ayant la durée de travail à temps plein habituelle la plus faible sont aussi ceux affichant la plus forte durée de travail à temps partiel - notamment en Italie, en France et en Belgique.

Comme mentionné ci-dessus, les données nationales sur la durée effective moyenne de travail hebdomadaire sont souvent problématiques dans le cadre des comparaisons, en raison des différences de définition. Toutefois, pour les 22 pays dans lesquels ces informations sont disponibles, elles sont fournies pour les travailleurs à temps plein dans le tableau 3 ci-dessous (beaucoup des chiffres de 2004 ne sont pas encore disponibles).

Tableau 3. Durée effective moyenne de travail hebdomadaire, travailleurs à temps plein, 2003 et 2004
Pays 2003 2004
Tous Femmes Hommes Tous Femmes Hommes
Autriche* 40 39,9 40,1 sd sd sd
Belgique 39,1 37,8 39,8 sd sd sd
Bulgarie 40,9 40,7 41,1 41,1 40,9 41,3
Chypre 38 37,5 38,4 sd sd sd
République tchèque 37 35,2 38,5 34,6 32 36,8
Danemark: 33,8 30,9 35,7 sd sd sd
Estonie 42.1 41,1 42,9 sd sd sd
Finlande 38 36,6 39,2 38,2 36,9 39,3
France: 36,6 35,4 37,4 35,6 sd sd
Allemagne 37,8 sd sd 37,8 sd sd
Italie 37 33 39 sd sd sd
Lettonie 42 41 42,9 41,5 40,6 42,4
Lituanie 39,2 38,1 40,2 39,3 38,5 40,1
Malte 37,7 35,2 38,8 37 34,4 38,1
Pays-Bas 39 38 39,2 sd sd sd
Norvège 39,6 37,4 40,8 39,7 37,2 41
Pologne 43 45,5 39,7 42,8 45,4 39,4
Roumanie 41,4 40,4 42,2 41,4 40,3 42,3
Slovaquie 40,9 40 41,7 41,1 40,1 41,9
Slovénie 41,1 39,8 42,1 40,6 39,2 41,8
Espagne 37,9 36,2 38,9 38,5 36,6 39,4
Royaume-Uni 37,4 34,1 39,1 37,3 33,7 39,2

Source: EIRO. * chiffres de 2002.

Les données du tableau 3 doivent être considérées en tenant compte des notes suivantes.

  • Autriche: statistiques de la chambre du travail (Arbeitskammer); les chiffres concernant les hommes sont des estimations.
  • Belgique: statistiques de l’enquête sur les forces de travail de l’Institut national de statistique/Nationaal Instituut voor de Statistiek, INS/NIS.
  • Bulgarie: statistiques de l’enquête sur les forces de travail de l’Institut national de la statistique (NSI); chiffres de 2004 portant sur le premier semestre de l’année.
  • Chypre: statistiques de l’enquête sur les forces de travail du Service de statistique de Chypre, faisant référence à la durée de travail hebdomadaire effective des travailleurs à temps plein.
  • République tchèque: statistiques de l’Office tchèque de la statistique portant respectivement sur les périodes d’octobre à décembre 2003 et de juillet à septembre 2004.
  • Danemark: chiffres de l’Office central de la statistique.
  • Estonie: statistiques de l’enquête estonienne sur les forces de travail.
  • Finlande: statistiques de l’enquête sur les forces de travail de l’Office finlandais de la statistique.
  • France: statistiques de l’enquête sur les forces de travail de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).
  • Allemagne: statistiques de l’Institut de recherche sur l’emploi (Institut für Arbeitsmarkt- und Berufsforschung, IAB).
  • Italie: statistiques de la Banque d’Italie.
  • Lettonie: chiffres de l’enquête sur les forces de travail du Bureau central de la statistique (Centrala statistikas parvalde, CSP), chiffres de 2004 pour le troisième trimestre.
  • Lituanie: chiffres du Département des statistiques de Lituanie (Lietuvos statistikos departamentas), portant sur le second trimestre de chaque année.
  • Malte: chiffres de l’Office national de la statistique.
  • Pays-Bas: statistiques de l’Office central de la statistique (Centraal Bureau voor de Statistiek, CBS), tenant compte des heures supplémentaires.
  • Norvège: statistiques basées sur les enquêtes sur les forces de travail de l’Office norvégien de la statistique.
  • Pologne: statistiques de l’Office central de la statistique (Glówny Urzad Statystyczny, GUS), portant sur le troisième trimestre de chaque année.
  • Roumanie: chiffres de l’institut national de la statistique (Institutul National de Statistica, INS); chiffres 2004 portant sur le deuxième trimestre.
  • Slovaquie: chiffres de l’enquête sur les forces de travail de l’Office slovaque de la statistique (Štatistický úrad Slovenskej republiky, ŠÚ SR), concernant le quatrième trimestre de 2003 et le second trimestre de 2004.
  • Slovénie: chiffres de l’enquête sur les forces de travail de l’Office statistique de la république de Slovénie (Statisticni urad Republike Slovenije, SURS).
  • Espagne: chiffres calculés à partir de l’enquête sur les forces de travail de l’Institut national de la statistique (Instituto Nacional de Estadística, INE), deuxième trimestre.
  • Royaume-Uni: statistiques de l’enquête sur les forces de travail de l’Office national de la statistique (Office for National Statistics, ONS).

Pour 19 pays, nous disposons également de données sur la durée effective moyenne de travail hebdomadaire des travailleurs à temps partiel - voir le tableau 4 ci-dessous (à nouveau, de nombreux chiffres pour l’année 2004 ne sont pas encore disponibles). Il convient de noter que la définition du travail à temps partiel varie selon les pays.

Tableau 4, Durée effective moyenne de travail hebdomadaire, travailleurs à temps partiel, 2003 et 2004
Pays 2003 2004
Tous Femmes Hommes Tous Femmes Hommes
Autriche* 21,8 21,8 21,8 sd sd sd
Belgique 23,3 23,2 23,9 sd sd sd
Bulgarie 20,7 20,3 21,6 19,2 19,3 20,8
Chypre 21,2 21,5 20,3 sd sd sd
République tchèque 20,7 21,2 19,2 19,2 19,2 19
Danemark: 16,6 18 13 sd sd sd
Estonie 20,7 21 20 sd sd sd
Finlande 20,9 21,1 20,6 21 21,3 20,5
France: 22,1 22 22,6 sd sd sd
Allemagne 14,2 sd sd 14 sd sd
Lettonie 23,6 23,4 23,9 21,7 21,8 21,5
Lituanie 21,3 20,7 22,2 22,9 21,9 24,2
Malte 20,7 20,3 21,7 18,6 18,7 18,2
Pays-Bas 21,3 21,1 21,8 sd sd sd
Norvège 20,7 21,3 18,8 20,9 21,6 19
Roumanie 25 22,8 27,6 23,9 23,1 24,8
Slovaquie 21,8 22,7 19,5 21,8 22 21,7
Espagne 16,8 16,6 18 17,2 17,2 17,1
Royaume-Uni 15,6 15,7 15,4 15,6 15,6 15,7

Source: EIRO. * chiffres de 2002.

Les données du tableau 4 doivent être considérées en tenant compte des notes suivantes.

  • Autriche: statistiques de la chambre du travail; les chiffres concernant les hommes sont des estimations.
  • Belgique: statistiques de l’enquête sur les forces de travail de l’INS/NIS.
  • Bulgarie: chiffres de l’enquête sur les forces de travail du NSI; chiffres de 2004 portant sur le premier semestre de l’année.
  • Chypre: statistiques de l’enquête sur les forces de travail du Service de statistique de Chypre, faisant référence à la durée effective de travail hebdomadaire des travailleurs à temps partiel.
  • République tchèque: statistiques de l’Office tchèque de la statistique portant respectivement sur les périodes d’octobre à décembre 2003 et de juillet à septembre 2004.
  • Danemark: chiffres de l’Office central de la statistique.
  • Estonie: statistiques de l’enquête estonienne sur les forces de travail.
  • Finlande: statistiques de l’enquête sur les forces de travail de l’Office finlandais de la statistique.
  • France: statistiques de l’enquête sur les forces de travail de l’INSEE.
  • Allemagne: statistiques de l’IAB.
  • Lettonie: chiffres de l’enquête sur les forces de travail du CSP; chiffres de 2004 portant sur le troisième trimestre.
  • Lituanie: chiffres du Département des statistiques de Lituanie, portant sur le second trimestre de chaque année.
  • Malte: chiffres de l’Office national de la statistique.
  • Pays-Bas: statistiques du CBS, tenant compte des heures supplémentaires.
  • Norvège: statistiques basées sur les enquêtes sur les forces de travail de l’Office norvégien de la statistique.
  • Roumanie: statistiques du NSI; les chiffres de 2004 correspondent au second trimestre.
  • Slovaquie: les chiffres de l’enquête sur les forces de travail du ŠÚ SR concernent le quatrième trimestre de 2003 et le second trimestre de 2004.
  • Espagne: chiffres calculés à partir de l’enquête sur les forces de travail de l’INE.
  • Royaume-Uni: statistiques de l’enquête sur les forces de travail de l’ONS.

Les statistiques nationales sur les forces de travail en Irlande, au Portugal et en Suède ne font pas de distinction entre la durée effective moyenne de travail hebdomadaire des travailleurs à temps plein et celle des travailleurs à temps partiel. Le tableau 5 présente la durée effective moyenne de travail hebdomadaire de l’ensemble des travailleurs, dans ces pays.

Tableau 5. Durée effective moyenne de travail hebdomadaire, ensemble des travailleurs, 2003 et 2004
Pays 2003 2004
Tous Femmes Hommes Tous Femmes Hommes
Irlande 37,4 32,4 41,5 37,2 32,2 41,3
Portugal 34,3 sd sd 35,3 sd sd
Suède 30,4 26,6 33,9 sd sd sd

Source: EIRO.

Les données du tableau 5 doivent être considérées en tenant compte des notes suivantes.

  • Irlande: chiffres de l’Office central de la statistique (Central Statistical Office, CSO).
  • Portugal: statistiques de l’enquête sur l'emploi du DEEP; le chiffre 2004 concerne le premier trimestre.
  • Suède: chiffres de l’enquête sur le marché du travail de l’Office suédois de la statistique.

Congé annuel

La durée de travail annuelle dépend en grande partie du nombre de jours de congés payés auxquels les travailleurs ont droit. La figure 7 présente le nombre moyen de jours de congés payés annuel convenu collectivement pour 17 pays disposant de données (harmonisées sur la base d’une semaine de travail de cinq jours). Les chiffres concernent généralement l’année 2004. Les congés moyens dans l’UE des 15 et en Norvège s’élèvent à 27,0 jours et ont légèrement augmenté au cours de ces dernières années, avec 25,6 jours en 2000 (bien que le nombre de pays inclus et les méthodes de calcul n’aient pas été uniformes au cours de cette période). Les congés annuels établis collectivement varient considérablement selon les pays, de 33 jours en Suède à 23 jours en Grèce. S’agissant des nouveaux États membres et des pays candidats, peu d’informations sont disponibles sur ce sujet, à l’exception de la Bulgarie, de Chypre, de la République tchèque et de la Roumanie. Dans la plupart des autres nouveaux États membres, les congés annuels correspondent probablement au niveau défini par la loi (voir ci-dessous); bien qu’en Slovaquie, en 2004, dans environ 23% des organisations, une convention collective prévoyait des congés supplémentaires au-delà du minimum légal, généralement d’une semaine.

Figure 7. Durée moyenne du congé annuel établi par convention collective (en jours), 2004

Figure 7. Durée moyenne du congé annuel établi par convention collective (en jours), 2004

Notes relatives aux moyennes: 'UE et Norvège' concerne 15 pays.

Source: EIRO; * chiffres de 2003.

La figure 7 doit être lue en tenant compte des notes suivantes.

  • Autriche: tels que prévus par la loi, congés exprimés en jours ouvrables, soit 30 jours, samedis inclus.
  • Bulgarie: estimation basée sur les dispositions générales (20 à 23 jours) des conventions collectives.
  • République tchèque: les chiffres, de l’ISWC et de la CMKOS, concernent les congés (cinq semaines) fixés par 76,5% des conventions collectives au niveau de l’entreprise et par 80,0% des conventions collectives de niveau supérieur signées par les membres de la CMKOS.
  • Danemark: cinq semaines de congé annuel plus cinq jours dont le travailleur peut bénéficier, au choix, sous forme de congés ou de rémunération.
  • Finlande: 25 jours (ou 30 jours, samedis inclus) applicables au bout d’une année d’ancienneté, 20 jours (ou 24 jours, samedis inclus) pour les employés ayant moins d’ancienneté.
  • Allemagne: chiffres couvrant l’ensemble de l’Allemagne; les chiffres pour l’Allemagne de l’Ouest sont de 29,2 jours; les chiffres pour l’Allemagne de l’Est sont de 28,3 jours; données provenant des archives des conventions collectives de WSI.
  • Grèce: point médian des congés accordés compris entre 20 et 25 jours, suivant l’ancienneté.
  • Italie: calcul basé sur quatre semaines de congés plus le point médian entre cinq et dix jours octroyés dans le cadre de la réduction du temps de travail.
  • Luxembourg: ces statistiques sont des estimations.
  • Pays-Bas: ce chiffre représente 25,3 jours de congés (chiffre de 2003) plus six jours attribués dans le cadre de la réduction du temps de travail.
  • Portugal: la norme est de 24 ou 25 jours, le 25e jour dépendant parfois de facteurs tels que l’âge et l’assiduité.
  • Roumanie: calculés sur la base des accords collectifs nationaux ou sectoriels.
  • Suède: le chiffre est calculé comme 25 jours légaux plus le point médian des congés accordés compris entre cinq et 10 jours dans la plupart des conventions collectives.
  • Royaume-Uni: statistiques de l’étude 274 HR de l’IDS sur 'le temps de travail et les congés' (2004).

Tous les pays étudiés ici prévoient une période minimale légale de congé payé annuel, tel qu’indiqué dans la figure 8 ci-dessous. Dans cette figure, les congés sont exprimés en jours et harmonisés sur la base d’une semaine de travail de cinq jours, et les statistiques fournies correspondent aux congés de base (congés supplémentaires accordés dans certains pays en fonction de l’ancienneté). La grande majorité des pays (19 sur 28) appliquent un congé minimal de 20 jours, tel que stipulé dans la directive de l’UE sur le temps de travail - ce groupe inclut tous les nouveaux États membres (sauf Malte) et les pays candidats. Cinq pays appliquent un congé minimal de 25 jours (Autriche, Danemark, France, Luxembourg et Suède), tandis que le droit au congé est porté à 24 jours à Malte, 22 jours au Portugal et en Espagne, et 21 en Norvège.

Le congé annuel moyen conventionnel dépasse de quatre jours ou davantage le minimum légal en République tchèque, au Danemark, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Norvège, en Roumanie, en Suède et au Royaume-Uni - illustrant bien le fait que la législation joue le rôle de «filet de sécurité» dans ces pays. Le congé annuel moyen conventionnel et le minimum légal sont très proches ou identiques en Autriche, en France et à Chypre, ainsi que probablement dans la plupart des autres nouveaux États membres, ce qui témoigne du rôle plus actif de la législation.

Figure 8. Congé payé annuel minimal légal (en jours), 2004

Figure 8. Congé payé annuel minimal légal (en jours), 2004

Source: EIRO.

La figure 8 doit être lue en tenant compte des notes suivantes.

  • Autriche: le congé (30 jours ouvrables, samedis inclus) augmente de cinq jours à partir de 25 ans d’ancienneté.
  • Chypre: 25 jours pour ceux travaillant six jours par semaine.
  • République tchèque: congé fixé à quatre semaines.
  • Estonie: exprimé comme 28 jours calendaires - certains groupes comme les personnes handicapées, bénéficient de congés supplémentaires.
  • Finlande: congé de deux jours (y compris le samedi) par mois calendaire travaillé dans la première année de la relation de travail et 2,5 jours par mois par la suite.
  • France: congé fixé à 30 jours ouvrables ou cinq semaines.
  • Allemagne: congé fixé à 24 jours ouvrables.
  • Grèce: deux jours supplémentaires au bout de trois années d’ancienneté.
  • Italie: fixé à quatre semaines.
  • Lettonie: fixé à quatre semaines calendaires.
  • Lituanie: exprimé comme 28 jours calendaires - certains groupes (tels que les personnes handicapées et les parents isolés) ont droit à 35 jours calendaires.
  • Malte: exprimé comme quatre semaines et quatre jours ouvrables.
  • Pays-Bas: fixé à quatre fois la semaine de travail conventionnelle.
  • Pologne: le droit au congé passe de 20 jours à 26 jours à partir de 10 ans d’ancienneté.
  • Slovaquie: congé fixé à quatre semaines.
  • Slovénie: fixé à quatre semaines, le congé augmente pour les parents d’un jour par an pour chaque enfant jusqu’à l’âge de 15 ans.
  • Espagne: congé fixé à 30 jours calendaires.
  • Royaume-Uni: congé fixé à quatre semaines.

Temps de travail annuel

Les statistiques sur le temps de travail annuel établi par les conventions collectives (cette mesure du temps de travail semble plus précise car elle tient compte des facteurs tels que les congés, les vacances et les modalités de flexibilité) proviennent de sources statistiques nationales pour quelques pays et sont présentées dans le tableau 6 ci-dessous.

Tableau 6. Durée moyenne conventionnelle de travail annuel, 2003 et 2004
Pays 2003 2004
Bulgarie 1,744 sd
Danemark 1 636 1 665
Finlande* 1 630 sd
Allemagne 1 656 1 656
Grèce 1 840 1 840
Irlande 1 809 1 809
Italie 1 646 sd
Pays-Bas 1 720 sd
Roumanie 1 840 1 840
Espagne 1 753 1 757

Source: EIRO. * chiffres de 2002.

Les données du tableau 6 doivent être considérées en tenant compte des notes suivantes.

  • Bulgarie: les chiffres, provenant du NSI, concernent la durée effective de travail annuel.
  • Danemark: statistiques de la Confédération danoise des employeurs (Dansk Arbejdsgiverforening, DA); en raison des jours fériés mobiles, le temps de travail annuel établi par les conventions collectives peut varier.
  • Finlande: 1 686 heures en tenant compte des heures supplémentaires et des emplois secondaires.
  • Allemagne: les statistiques concernent l’ensemble de l’Allemagne; les statistiques pour l’Allemagne de l’Ouest sont de 1 644 heures en 2003 et de 1 643 heures en 2004; les statistiques pour l’Allemagne de l’Est sont de 1 722 heures en 2003 et 1 719 heures en 2004; données des archives de conventions collectives du WSI.
  • Italie: données de la Banque d’Italie.
  • Pays-Bas: statistiques du CBS, les heures supplémentaires n’étant pas comprises.
  • Roumanie: les chiffres (hors heures supplémentaires) sont des estimations basées sur les dispositions des accords nationaux et sectoriels.
  • Espagne: les chiffres proviennent des statistiques du travail du MTAS; le chiffre de 2004 porte sur l’année jusqu’en novembre.

Pour parvenir à une estimation annuelle brute du temps de travail normal annuel établi par les conventions collectives dans tous les pays pour l’année 2002, nous avons pris les statistiques sur la durée conventionnelle moyenne de travail hebdomadaire (voir figure 1 ci-dessus) et nous nous sommes basés sur une semaine de travail de cinq jours et une année de 52 semaines. Nous avons ensuite soustrait du total annuel la durée conventionnelle moyenne de congé annuel (voir figure 7 ci-dessus) ou, en l’absence de ces données, le minimum légal annuel (voir figure 8 ci-dessus), ainsi que le nombre de jours fériés annuels (hormis ceux tombant le dimanche) principalement basé sur les données de la Commission européenne. Lorsque le nombre de jours fériés varie en fonction des régions, nous avons tenté de fournir un chiffre médian (il convient aussi de noter que les congés supplémentaires peuvent être en vigueur localement ou sur la base de conventions collectives ou de coutumes). Bien évidemment, le résultat ne tient pas compte des facteurs tels que les heures supplémentaires ni d’autres formes de congé. Il ne s’agit que d’une estimation très grossière, qui permet toutefois de dégager quelques remarques d’ordre général.

Dans l’UE élargie, la durée normale moyenne de travail annuel établie collectivement se situe, en 2004, à 1 744,4 heures. Dans les 15 pays de l’ancienne UE (plus la Norvège), le chiffre est de 1 699,2 heures, contre 1 811,0 dans les nouveaux États membres. Les travailleurs de ces pays travaillent donc, en moyenne, environ 112 heures de plus par an (plus de 6,5%) que leurs homologues de l’'ancienne' UE - soit près de trois semaines de travail par an de plus. Cependant, le temps de travail annuel en Grèce avoisine la moyenne des nouveaux États membres, tandis que celui de Chypre et de la République tchèque est plus proche de la moyenne de l’UE des 15. Dans l’ensemble, les temps les plus longs de l'UE sont relevés en Estonie, en Lituanie, en Pologne et en Slovénie, tandis que les plus courts sont enregistrés en France, au Danemark et aux Pays-Bas. La durée moyenne de travail annuel de ces quatre pays (Estonie, Lituanie, Pologne, Slovénie) est supérieure de 281 heures (soit de 18% environ) à celle de la France - ce qui équivaut à sept semaines de travail dans ces pays.

L’examen du classement des 28 pays en termes de durée conventionnelle du temps de travail indique que les pays affichant les temps de travail hebdomadaire les plus longs et les plus courts sont également ceux qui affichent les temps de travail annuel les plus longs et les plus courts. Toutefois, le classement dans la perspective annuelle ne correspond pas toujours fidèlement au classement dans la perspective hebdomadaire. Certains pays sont classés plus bas dans la perspective annuelle que dans la perspective hebdomadaire, en raison de l’impact du congé annuel relativement long (c’est le cas par exemple de l’Allemagne et du Luxembourg) ou d’un nombre relativement important de jours fériés (par exemple, le Portugal), voire en raison de l’effet conjugué de ces deux facteurs (par exemple l’Autriche, l’Italie et la Suède). À l’inverse, certains pays sont plus haut placés dans la perspective annuelle que dans la perspective hebdomadaire, en raison de la durée relativement courte du congé annuel (par exemple, la Belgique, bien que les chiffres utilisés correspondent au congé légal minimum, en raison de l’absence de chiffres sur les congés conventionnels) ou d’un congé annuel relativement court conjugué à un nombre limité de jours fériés (par exemple, la Norvège et le Royaume-Uni).

Le total du congé annuel conventionnel et des jours fériés varie, dans l’UE, de 44 jours en Suède à 28 jours en Estonie, Lituanie, Pologne et Slovénie, soit une différence de près de 50% ou de plus de trois semaines de travail. Parmi les autres pays à forte proportion de congés figurent le Danemark, l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas et Malte, tandis que parmi les autres pays à faible proportion de congés figurent l’Irlande, la Belgique (bien que le congé annuel légal soit utilisé ici comme référence), la Hongrie et la Lettonie. La moyenne de l’UE des 15 et de la Norvège est de 36 jours, contre 30,5 jours pour la moyenne des nouveaux États membres. (Mark Carley, SPIRE Associates)

Tableau 7. Durée moyenne normale de travail annuel, 2004
Pays A. Horaires hebdo. B. Horaires hebdo. (Ax52) C. Congé annuel (jours) D. Jours fériés (jours) E. Tous les congés (C D) exprimés en heures F. Horaires annuels (B-E)
Estonie 40 2 080,00 20,0* 8 224 1 856,00
Lituanie 40 2 080,00 20,0* 8 224 1 856,00
Pologne 40 2 080,00 20,0* 8 224 1 856,00
Slovénie 40 2 080,00 20,0* 8 224 1 856,00
Hongrie 40 2 080,00 20,0* 9 232 1 848,00
Lettonie 40 2 080,00 20,0* 10 240 1 840,00
Roumanie 40 2 080,00 24 7 248 1 832,00
Bulgarie 40 2 080,00 21,5 13 276 1 804,00
Grèce 40 2 080,00 23 11 272 1 808,00
Irlande 39 2 028,00 20 9 226,2 1 801,80
Malte 40 2 080,00 24,0* 13 296 1 784,00
Slovaquie 38,5 2 002,00 20,0* 12 246,4 1 755,60
Belgique 38 1 976,00 20,0* 10 228 1 748,00
Espagne 38,5 2 002,00 22,0* 11 254,8 1 747,20
Portugal 38,4 1 996,80 24,5 9 257,3 1 739,50
Luxembourg 39 2 028,00 28 9 288,6 1 739,40
Chypre 38 1 976,00 20 12 243,2 1 732,80
République tchèque 38 1 976,00 25 8 250,8 1 725,20
Autriche 38,5 2 002,00 25 11 277,2 1 724,80
Norvège 37,5 1 950,00 25 9 255 1 695,00
Royaume-Uni 37,2 1 934,40 24,5 9 249,2 1 685,20
Suède 38,8 2 017,60 33 11 341,4 1 676,20
Finlande 37,5 1 950,00 25 12 277,5 1 672,50
Italie 38 1 976,00 28 12 304 1 672,00
Allemagne 37,6 1 955,20 29,1 10,5 298,6 1 656,60
Pays-Bas 37 1 924,00 31,3 8 290,8 1 633,20
Danemark: 37 1 924,00 30 11 303,4 1 620,60
France: 35 1 820,00 25 10 245 1 575,00
Moyenne de tous les pays 38,6 2 008,70 23,9 10,1 260,6 1 747,60
Moyenne de l’ensemble de l’UE 38,6 2 005,30 23,9 10,1 260,7 1 744,40
Moyenne de l’UE des 15 et de la Norvège 37,9 1 973,10 25,8 10,2 273,1 1 699,20
Moyenne des nouveaux États membres 39,5 2 051,40 20,9 9,6 240,4 1 811,00

Source: EIRO. * chiffres du congé légal annuel.

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