Salaire minimum à Chypre
Information for this page was compiled during December 2025 and early 2026. Most Member States had already transposed the EU minimum wage directive at this point. Those that had not yet fully completed transposition or where the information was not yet publicly available include Bulgaria, Cyprus, Luxemburg, Poland and Portugal. These profiles will be updated consecutively as the information becomes available. Users are invited to contact our experts on minimum wage if they are aware of changes.
Ce profil décrit comment les salaires minimums sont réglementés et fixés à Chypre. Elle peut être lue comme information de base pour la revue annuelle d’Eurofound sur la fixation du salaire minimum. Depuis le 1er janvier 2023, Chypre dispose d’un régime légal de salaire minimum applicable à presque toutes les activités économiques.
Le décret sur le salaire minimum exclut les activités d’aménagement, pour lesquelles les salaires minimums sont fixés par un décret distinct (KDP 06/2020) introduit en janvier 2020. Le KDP 06/2020 fixe des salaires minimums pour 13 professions au sein de l’industrie. Ce décret a également été remplacé par un nouveau décret (KDP 268/2023) en 2023, augmentant les salaires minimums pour ces professions. Le décret actuel (KDP 55/2025) pour le secteur de l’hébergement a été publié en février 2025 et est applicable au 1er janvier 2025.
Le ministère du Travail et de l’Assurance sociale a lancé à l’automne 2024 le processus d’incorporation de la Directive (UE) 2041 de 2022 sur les salaires minimums adéquats dans l’Union européenne dans la législation nationale, en créant un comité technique tripartite. Le Comité préparera une proposition sous forme de projet de loi à soumettre à l'Organe consultatif du travail, la plus haute institution de partenariat social du pays, pour une délibération approfondie. Chypre, comme tout autre État membre, a dû transposer la directive avant le 15 novembre 2024. Fin janvier 2025, le processus n’était pas achevé. En janvier 2026, le ministère du Travail et de l’Assurance sociale a transmis un nouveau projet de loi aux membres du comité technique tripartite pour examen lors de sa prochaine réunion prévue le 19 janvier 2026.
Contrairement à l’ancien régime du salaire minimum, le nouveau décret sur le salaire minimum (KDP 350/2022) prévoit une double participation des partenaires sociaux au processus de détermination du salaire minimum :
Le Conseil des ministres a nommé des représentants au Comité de réajustement du salaire minimum (MWRC, article 6) issus de trois confédérations syndicales, la Fédération pancyprie du travail (PEO), la Confédération des travailleurs de Chypre (SEK) et la Fédération démocratique du travail de Chypre (DEOK), ainsi que deux organisations patronales, la Fédération des employeurs et industriels de Chypre (OEB) et les chambres de commerce et d’industrie de Chypre (CCCI).
Les organisations de partenaires sociaux mentionnées ci-dessus participent également au processus de détermination du salaire minimum par leur participation à l'Organe consultatif du travail (LAB, Article 7), l'institution de dialogue social globale et de longue date du pays. Les partenaires sociaux sont représentés au sein du LAB par leurs dirigeants respectifs en vertu d’une législation différente. D’autres acteurs sont les universitaires indépendants ou experts nommés par le Conseil des ministres au MWRC. Les acteurs déterminants finaux sont le ministre du Travail et de l’Assurance sociale ainsi que le Conseil des ministres. Leur processus et leur rôle sont expliqués plus en détail dans la section suivante.
Le « Comité de réajustement du salaire minimum » (MWRC) prépare et soumet une proposition de réajustement au ministre du Travail et de l'Assurance sociale deux mois avant la date limite du réajustement du salaire minimum, en s'appuyant sur un ensemble de critères (décrits dans la section suivante). La proposition de réajustement du MWRC est préparée et soumise sous forme de rapport. Le décret ne prévoit aucun détail procédural précis sur la manière dont le Comité doit conclure sa recommandation. En pratique, le comité, lors de ses deux cycles de travail (d’octobre à décembre 2023 et de fin novembre à mi-décembre 2025), a soumis ses rapports incluant toutes les opinions exprimées par ses membres individuels. Le nouveau décret ne prévoit pas non plus de ressources pour la recherche ou les études. Cependant, le ministère du Travail et de la Sécurité sociale a demandé au comité de poursuivre ses travaux, indépendamment du cycle de réajustement prévu, et a exprimé son intention de fournir les moyens financiers nécessaires à toute recherche jugée nécessaire.
Le Ministre, de son côté, introduit le rapport du MWRC à l’ordre du jour du LAB. Selon le nouveau décret (KDP 350/2022, article 7.1.b), les membres du LAB examinent et expriment leur opinion sur le rapport du MWRC. Le Ministre, après avoir examiné les avis exprimés dans le LAB, prépare et soumet sa recommandation motivée sur le réajustement du niveau du salaire minimum – y compris une possible recommandation de zéro réajustement – au Conseil des ministres. Ce dernier a l’autorité formelle pour la décision finale (et peut, en théorie, s’écarter des recommandations mentionnées ci-dessus). Le processus de réajustement se déroule selon un cycle semestriel. Le processus de réajustement a été activé pour la première fois en octobre 2023 et le premier réajustement a pris effet au 1er janvier 2024. Fin 2025, le processus de réajustement a été activé pour la deuxième fois et est entré en vigueur le 1er janvier 2026.
La détermination des salaires minimums dans l’industrie de l’hébergement ne suit pas de processus ou de calendrier réglementé. Le décret correspondant (KDP 06/2020) a été introduit à la demande commune des parties signataires de la convention collective sectorielle du pays. Ainsi, tout réajustement des taux de salaire minimum dans l'industrie de l'accommodation se fait à l'initiative des partenaires sociaux du secteur. C’était le cas avec le décret KDP 268/2023, qui a augmenté les salaires minimums à partir du 1er juin 2023, et avec le décret KDP 55/2025 augmentant les taux à partir du 1er janvier 2025.
Le décret sur le salaire minimum comprend cinq paramètres que le Comité de réajustement du salaire minimum devrait prendre en compte lorsqu’il développe la question de l’augmentation du salaire minimum. Cependant, le décret reste assez vague quant à la manière dont ces critères doivent être pondérés. En pratique, en 2023, le comité a examiné ces paramètres pour déterminer si une augmentation du salaire minimum était justifiable. Néanmoins, il n’existait pas de méthode convenue ou prédéfinie pour calculer chaque critère. Par conséquent, le comité n’a pas pu parvenir à une conclusion sur l’ampleur de cette augmentation justifiable.
Le tableau ci-dessous énumère les cinq paramètres, tels que mentionnés à l’article 7.1.a du décret KDP 350/2022. Ces paramètres ne s’appliquent pas à l’industrie de l’hébergement (couverte non pas par le KDP 350/2022, mais par le KDP 55/2025), car tout réajustement est effectué à la demande des partenaires sociaux sectoriels.
Criterion | How is this defined/operationalised? | Regulation or practice |
Purchasing power of minimum wage under consideration of cost of living variations | Just a general reference. The decree does not define how the criterion should be taken into consideration. In practice, the MWRC employs Consumer price index statistics (Statistical Service) | Minimum Wage Decree, Regulation 7.1.a.i |
Trends of the levels of employment and unemployment | Just a general reference. The decree does not define how the criterion should be taken into consideration. In practice, the MWRC employs Labour Force Survey statistics (Statistical Service) | Minimum Wage Decree, Regulation 7.1.a.ii |
Variation of economic development and of the level of productivity | Just a general reference. The decree does not define how the criterion should be taken into consideration. In practice, the MWRC employs the National Accounts statistics (Statistical Service) and productivity statistics of Eurostat. | Minimum Wage Decree, Regulation 7.1.a.iii |
Variation of and trends of general wage levels and their distribution | Just a general reference. The decree does not define how the criterion should be taken into consideration. In practice, the MWRC employs the earnings and distribution of earnings statistics (Statistical Service, source of the statistics: Social Insurance Fund' records) | Minimum Wage Decree, Regulation 7.1.a.iv |
Impact of any minimum wage change may have on the level of employment, absolute and relative poverty indicators, cost of living and competitiveness of the economy | Just a general reference. The decree does not define how the criterion should be taken into consideration. In the MWRC there was no particular discussion over statistical sources. The members of the committee resorted to rather general assessments. | Minimum Wage Decree, Regulation 7.1.a.iv |
Le régime du salaire minimum chypriote, tel qu’établi à la fois par le décret général sur le salaire minimum et par le décret concernant les activités d’aménagement, ne prévoit actuellement aucune ou plusieurs valeurs de référence indicatives pour l’évaluation de son adéquation.
Le régime du salaire minimum chypriote, tel qu'applicable à partir du 1er janvier 2023 avec la publication du décret KDP 350/2022, ne couvre pas les employés des activités agricoles et maritimes, ainsi que les activités des ménages en tant qu'employeurs. Les stagiaires et les personnes en formation professionnelle ne sont pas soumis aux dispositions du salaire minimum.
Le décret, enfin, ne concerne pas les activités d’aménagement, car celles-ci sont couvertes par un décret différent sur le salaire minimum (KDP 55/2025). Cette dernière s’applique à 13 professions du secteur de l’hébergement.
Le décret général sur le salaire minimum (KDP 350/2022, modifié par les décrets KDP 402/2023 et KDP 427/2025) prévoit un taux de départ et un taux d’ancienneté plus élevé après six mois d’emploi. De plus, le nouveau décret prévoit un minimum inférieur à 75 % pour les personnes de moins de 18 ans pour un travail occasionnel ne dépassant pas deux mois consécutifs.
Le décret sur le salaire minimum dans le secteur de l’hébergement (KDP 268/2023) prévoit également une augmentation du salaire minimum en cas de durée de service de trois ou six mois, ainsi qu’une exception aux dispositions du décret pour tous les étudiants postsecondaires dans les écoles hôtelières qui, dans le cadre de leurs études, sont employés pour une formation en milieu de travail. Le décret ne s’applique qu’à 13 professions de l’industrie.
Le décret général sur le salaire minimum (KDP 350/2022) spécifie 12 tarifs mensuels sans faire référence à un nombre précis d’heures de travail. Cela implique que les employés de divers secteurs peuvent devoir travailler entre 38 et 48 heures par semaine pour percevoir le salaire minimum complet, car à Chypre il n’existe pas de définition statutaire unitaire du temps de travail maximal quotidien et hebdomadaire.
Le décret sur le salaire minimum pour l’industrie de l’hébergement (KDP 268/2023) prévoit 12 paiements mensuels. Les tarifs pour les 13 professions couvertes sont définis en termes mensuels et horaires, sur la base d’une semaine de travail de 38 heures répartie sur cinq jours.
Le décret général sur le salaire minimum (KDP 350/2022) définit le salaire minimum comme le salaire total total qu’un salarié perçoit pour un travail à temps plein (article 5). La rémunération des heures supplémentaires, le travail en dehors des heures normales, la rémunération des jours fériés et tout autre avantage ne sont pas inclus dans le calcul du salaire minimum (Article 9). Le décret permet des réductions de 15 % et/ou 10 % si les employés reçoivent des repas et/ou un hébergement par le biais d’un accord avec leur employeur (article 10). Si un salarié perçoit les deux, le salaire minimum peut donc être réduit à 75 % du salaire total (article 11). Certains groupes de bénéficiaires du salaire minimum peuvent avoir droit à des prestations supplémentaires, telles que des jours fériés, des heures supplémentaires, etc., en vertu d’autres lois fixant des normes minimales d’emploi dans certaines activités économiques.
Le décret pour l’industrie de l’hébergement (KDP 268/2023) précise que les salaires minimums des 13 professions réglementées incluent le salaire de base, l’allocation de coût de la vie et les charges de service. La rémunération des heures supplémentaires et la solde des jours fériés ne sont pas prises en compte par ce décret. Cependant, une loi distincte garantit à tous les employés du secteur de l’hébergement 15 jours fériés payés par an et une rémunération des heures supplémentaires au taux d’un temps et demi (1,5:1).
Aucun rapport de ce type n’a été publié à Chypre. Les rapports du « Comité de réajustement du salaire minimum » (MWRC) mentionnés dans les sections précédentes sont pertinents pour le processus de fixation du salaire minimum, mais ils ne sont pas actuellement accessibles au public.