Salaire minimum en France
Information for this page was compiled during December 2025 and early 2026. Most Member States had already transposed the EU minimum wage directive at this point. Those that had not yet fully completed transposition or where the information was not yet publicly available include Bulgaria, Cyprus, Luxemburg, Poland and Portugal. These profiles will be updated consecutively as the information becomes available. Users are invited to contact our experts on minimum wage if they are aware of changes.
Ce profil décrit comment les salaires minimums sont réglementés et fixés en France. Elle peut être lue comme information de base pour la revue annuelle d’Eurofound sur la fixation du salaire minimum. La France dispose d’un salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), fixé par la loi, et complété par la négociation collective (minima sectorielle).
Le dernier décret gouvernemental ajustant le niveau du SMIC est le n° 2025-1228 du 23 octobre 2024, augmentant le salaire minimum de croissance.
Note : le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) ne doit pas être confondu avec le soi-disant « salaire minimum garanti » (art. L3231-12 du Code du travail), qui n’est pas un salaire de référence mais un élément utilisé pour évaluer les prestations en nature, les allocations sociales et les dépenses professionnelles. Cela ne représente pas un salaire minimum pour les salaires.
Code du travail, articles L3231-1 à L3231-12opens in new tab
Décret n° 2025-1228 du 17 décembre 2025 augmentant le salaire minimum de croissance (Décret n° 2025-1228 du 17 décembre 2025 portant relèvement du salaire minimum de croissanceopens in new tab)
Parmi les principaux acteurs impliqués dans la détermination du salaire minimum légal en France figure le gouvernement, qui fixe, chaque année, le niveau du salaire minimum par décret gouvernemental.
Un autre acteur, qui peut être considéré comme un organe consultatif selon la directive sur le salaire minimum, est la Commission nationale de la négociation collective, de l'emploi et de la formation professionnelle, CNNCEPP. La CNNCEFP est une commission tripartite composée d’organisations patronales et de syndicats considérés comme des partenaires sociaux représentatifs au niveau interprofessionnel et national, du ministre responsable du travail ou de leurs représentants, d’experts dans le domaine, ainsi que de plusieurs autres représentants du gouvernement et des partenaires sociaux.
Établi et réglementé par le Code du travail (art. art. L. 2271-1 – 2272-2), il a de nombreuses fonctions. Par exemple, dans le contexte de la création de la SMIC, elle a la compétence de donner un avis raisonné au ministre responsable du travail à la suite du rapport annuel établi par le groupe d’experts sur le salaire minimum (SMIC) nommé à cette fin. Ils sont également chargés de suivre l’évolution des salaires effectifs et de la rémunération minimale déterminée par les conventions et conventions collectives ainsi que l’évolution de la rémunération dans les sociétés publiques (Code du travail, art. 2271-1, points 5 et 6).
Le groupe d’experts sur le SMIC est en activité depuis 2009 – avec les premiers rapports publiés en juin et décembre 2009, puis une fois par an. Elle a été créée par le décret n° 2009-552 sur la base juridique prévue par la loi 2008-1258 et est composée de cinq personnes choisies en fonction de leur compétence et de leur expérience dans le domaine économique et social, nommées par ordre du Premier ministre, sur proposition des ministres responsables du travail, de l’emploi et de l’économie, avec un mandat de quatre ans. Plus précisément, la loi 2008-1258 (art. 24) prévoit que le groupe d’experts de la SMIC décide chaque année de l’évolution du salaire minimum de croissance, et que le rapport qu’il rédige à cette occasion soit adressé au CNNCEFP et au ministère du Travail. Les rapports sont rendus publics sur le site web du ministère de l’Économie.
Les partenaires sociaux exercent leur rôle dans la mise en place du SMIC à travers leur participation au CNNCEEFP. Cependant, ce processus de consultation est très formel et, en fait, les partenaires sociaux ont une influence très limitée. Il s’est déjà produit, comme en 2019, que le gouvernement ait annoncé le niveau de l’augmentation annuelle du SMIC, avant de consulter le CNNCEFP (Eurofound (2020), Minimum wages in 2020 : Annual reviewopens in new tab, p. 31). De plus, le groupe d'experts de la SMIC invite les représentants de chaque organisation patronale ou syndicat considéré comme représentant au niveau national, à une audition lors de la préparation de son rapport annuel. Leurs déclarations sont annexées au rapport.
Loi n° 2008-1258 du 3 décembre 2008 en faveur du revenu du travailopens in new tab (Loi n° 2008-1258 du 3 décembre 2008 en faveur des revenus du travail)
Décret n° 2009-552 du 19 mai 2009 relatif au groupe d'experts sur le salaire minimum de croissance prévu par l'article 24 de la loi n° 2008-1258 du 3 décembre 2008 en faveur du revenu du travailopens in new tab (Décret n° 2009-552 du 19 mai 2009 relatif au groupe d'experts sur le salaire minimum de croissance prévu par l'article 24 de la loi n° 2008-1258 du 3 décembre 2008 en faveur des revenus du travail)
Ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités, CNNCEFP (Commission nationale de la négociation collective, de l’emploi et de la formation professionnelle),opens in new tab 22 octobre 2021
Ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Rapport annuel du groupe d'experts SMIC,opens in new tab 25 novembre 2025.
Les règles qui définissent le processus de fixation du salaire minimum légal en France sont énoncées dans le Code du travail. La procédure est hautement et profondément disciplinée par la loi.
Le Code du travail identifie deux objectifs principaux du SMIC (art. L3231-2) :
1. La garantie du pouvoir d’achat des employés peu rémunérés ; et
2. La participation des employés peu rémunérés au développement économique de la nation.
Les deux objectifs sont assurés par la mise en place de règles fondamentales guidant l'augmentation de l'évaluation : premièrement, la garantie du pouvoir d'achat des employés est assurée par l'indexation du salaire minimum basée sur l'évolution de l'indice national des prix à la consommation établi comme référence (art. L3231-4). Deuxièmement, la participation des travailleurs peu rémunérés au développement économique du pays est assurée par la réévaluation annuelle du salaire minimum de croissance à compter du 1er janvier (art. L3231-6). Dans ce cas, l’ajustement SMIC est effectué par décret (Décret).
Pour résumer la procédure ordinaire de l’ajustement minimum annuel légal, la prérogative d’identifier la nouvelle SMIC incombe au gouvernement, qui est tenu par la loi de prendre en compte l’avis du CNNCEFP et celui du groupe d’experts sur le SMIC. Plus précisément, conformément à la loi 2008-1258 (art. 24), le groupe d’experts donne chaque année un avis non contraignant au gouvernement sur la proposition d’ajustement du niveau du salaire minimum, adressant le rapport rédigé à cette occasion à la CNNCEFP et au gouvernement. Le gouvernement soumet à la CNNCEPP, avant la fixation annuelle du salaire minimum, une analyse des comptes économiques de l'État et un rapport sur les conditions économiques générales. Si ce rapport s’écarte de celui établi par le groupe d’experts sur le SMIC, le gouvernement doit justifier ces divergences par écrit auprès du CNNCEFP. Le gouvernement a donc (tant qu’il fournit des justifications) le dernier appel sur l’ajustement final du SMIC. Officiellement, le ministre du Travail préside la réunion du CNNCEFP et annonce l’intention du gouvernement concernant une future augmentation du salaire minimum, dans le but de consulter les partenaires sociaux. Mais en pratique, la décision du gouvernement est déjà prise. Après la réunion, le gouvernement adopte un décret dans le cadre du Conseil des ministres. Le décret est publié les jours suivants et entre en vigueur le 1er janvier.
En plus des mises à jour annuelles régulières, une autre procédure automatique d’ajustement de l’indexation est en place : lorsque l’indice national des prix à la consommation atteint un niveau correspondant à une augmentation d’au moins 2 % par rapport à l’indice observé lors de la création du SMIC immédiatement précédent, le SMIC est relevé en proportion similaire à partir du premier jour du mois suivant la publication de l’indice menant à cette augmentation (art. L3231-5). Dans ce cas, l’ajustement SMIC est mis en œuvre par Ordre (Arrêté).
De plus, rien n’empêche la possibilité – qui est, au contraire, expressément prévue par le Code du travail (art. L3231-10) – que durant l’année le SMIC soit élevé à un niveau supérieur à celui résultant de l’application des dispositions susmentionnées. Par exemple, le CNNCEFP, avec ses avis, peut recommander – ou non – une augmentation supplémentaire (le « coup de pouce ») au-delà de l’augmentation obligatoire, conformément à la législation mentionnée ci-dessus, en fournissant les raisons de cette augmentation plus élevée sur la base de ses recherches et résultats. Le gouvernement peut décider d’un « coup de pouce » à tout moment. Il n’est pas nécessairement lié à l’ajustement annuel obligatoire du 1er janvier, ni à l’ajustement automatique obligatoire basé sur l’indexation.
Depuis 2000, le seul changement pertinent affectant les procédures de fixation du salaire minimum a été la création en 2009 du groupe d’experts sur le SMIC. À part cela, aucun changement notable dans les modalités de fixation des salaires n’a été observé. Ce processus n’a pas été modifié suite à la transposition de la directive européenne sur les salaires minimums.
Selon le Code du travail, les augmentations annuelles successives du salaire minimum de croissance doivent viser à éliminer toute distorsion durable entre sa progression et les tendances des conditions économiques générales et des revenus (art. L3231-9).
Parmi les critères obligatoires mentionnés par le Code du travail pour fixer le salaire minimum légal, l’indexation du salaire minimum pour la croissance selon l’évolution de l’indice national des prix à la consommation (art. L3231-4) peut être considérée comme le principal critère, comme mentionné dans la section précédente. L’indexation fait référence à l’indice national des prix à la consommation (PCI) (sans prendre en compte le tabac), calculé par l’Institut national de statistiques et d’études économiques (INSEE) pour les ménages appartenant au quintile de revenu disponible le plus bas. De plus, un second critère est pris en compte : la moitié de l’augmentation du pouvoir d’achat des salaires horaires moyens des travailleurs et des salariés enregistrée par l’enquête trimestrielle du Ministère du Travail (SHBOE). Le Code du travail prévoit que « en aucun cas l'augmentation annuelle du pouvoir d'achat du salaire minimum de croissance ne peut être inférieure à la moitié de l'augmentation du pouvoir d'achat des salaires horaires moyens enregistrés par l'enquête trimestrielle du ministère du Travail » (art. L3231-8).
Aucun des critères ne peut pas être inscrit négativement dans la formule. Les paramètres sont donc limités à 0 en cas d’observation d’une valeur négative. Et, comme mentionné plus haut, le gouvernement pourrait enfin décider d’ajouter un coup de pouce (« coup de pouce »).
Puisqu’un décret du 26 novembre 2024 – le seul règlement adopté pour transposer la directive européenne sur le salaire minimum – l’article D. 3231-2-2 du Code du travail stipule que « au moins tous les quatre ans, le ministre du Travail soumettra à la Commission nationale de la négociation collective, de l’emploi et de la formation professionnelle une évaluation du montant du salaire minimum de croissance basée sur les valeurs de référence suivantes :
60 % du salaire net mensuel médian des employés équivalents à temps plein ;
50 % du salaire équivalent net net à temps plein
Le SMIC s’applique à tout employé adulte, quelle que soit la forme de sa rémunération (temps, performance, tâche, pièce, commission ou pourboire).
Elle s’applique à trois catégories d’employés :
Employés de sociétés privées (art. L3211-1).
Personnel d’établissement public de nature industrielle ou commerciale (art. L3231-1).
Personnel de droit privé des établissements administratifs publics (art. L3231-1).
Les catégories d’employés non couvertes par le SMIC sont les suivantes :
Les fonctionnaires publics ne sont pas inclus dans les catégories mentionnées ci-dessus.
Les représentants commerciaux, communément appelés VRP (voyageur représentant placier), mais uniquement s’ils ne sont pas soumis aux heures de travail.
Certaines baisses par rapport à l’applicabilité du taux SMIC adulte complet sont également identifiables dans les trois catégories mentionnées ci-dessus :
Les employés de moins de 18 ans qui n’ont pas encore six mois de pratique professionnelle dans leur secteur d’activité peuvent être employés à un salaire minimum réduit, avec une réduction variant de 10 % à 20 % du salaire total selon l’âge. Cette réduction ne s'applique cependant pas aux mineurs embauchés par le biais d'un « contrat unique d'intégration » – contrat unique d'insertion - contrat d'accompagnement dans l'emploi (CUI-CAE) et contrat unique d'insertion – destiné aux chômeurs rencontrant des difficultés sociales et/ou professionnelles particulières pour accéder à l'emploi.
Employés travaillant sous un « contrat de professionnalisation » (« contrat de professionnisation »), qui vise à acquérir une qualification professionnelle. La rémunération minimale varie selon l'âge et le niveau de qualification de l'employé, variant de 55 % à 100 % du SMIC selon l'âge et le niveau du titre professionnel ou du diplôme, ou 85 % du salaire minimum prévu dans la convention collective ou l'accord de branche de l'entreprise, selon la préférence la plus favorable.
Apprentis : les contrats d’apprentissage (« apprentissage ») permettent également des pourcentages plus bas calculés sur le SMIC (de 27 % à 100 % selon l’âge et l’année d’apprentissage).
Les stagiaires peuvent être non rémunérés, s’ils sont inférieurs à deux mois ; sinon, ils reçoivent un paiement inférieur au SMIC.
Les travailleurs en situation de handicap employés dans des centres spécifiques dédiés à leur inclusion (ESAT) reçoivent entre 55,7 % et 110,7 % du taux total (Code de l’Action sociale et de la famille, art. R243-5opens in new tab).
Enfin, il convient de noter que pour l’île française de Mayotte, le taux applicable a été fixé à un peu plus de 75 % du taux applicable à la France continentale. Récemment, la loi n° 2025-797 du 11 août 2025 sur le programme de reconstruction de Mayotteopens in new tab trace une voie vers la convergence économique et sociale, avec l’alignement de la SMIC à Mayotte d’ici décembre 2031. Un stade intermédiaire est prévu à 87,5 % le 1er janvier 2026. À Mayotte, l’augmentation du salaire minimum a atteint 3,90 %, à compter du 1er janvier 2026, portant le taux horaire brut à 9,33 € (contre 8,98 € depuis novembre 2024).
En revanche, pour tous les autres territoires (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion, Saint-Barthélémy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon), le taux de la France continentale s’applique.
Les informations concernant les sous-minima sont disponibles sur le site web du gouvernement.
Page du Ministère du Travail sur le salaire minimum légal (SMIC)opens in new tab
Contrat de professionnalisation (opens in new tab contrat de professionnalisation)
Contrat d’intégration unique — contrat de soutien à l’emploi (CUI-CAE)opens in new tab (Le contrat unique d’insertion - contrat d’accompagnement dans l’emploi, CUI-CAE)
Contrat d'apprentissage (contrat d'apprentissage)opens in new tab
Le SMIC est défini comme un taux horaire. La rémunération mensuelle minimale est égale au produit du montant du SMIC par le nombre d’heures correspondant à la durée hebdomadaire légale (35 heures) pour le mois concerné. Elle ne peut pas dépasser, après déduction des cotisations obligatoires retenues par l’employeur, la rémunération nette qui aurait été reçue pour un travail effectif de même durée payé au taux du salaire minimum de croissance (Code du travail, art. L3232-3). Un employé rémunéré au niveau SMIC reçoit 12 paiements par an.
Elle est réduite proportionnellement si, au cours du mois concerné, l’employé a travaillé moins d’heures que celles correspondant à la durée hebdomadaire légale en cas de suspension du contrat de travail et si le contrat a commencé ou s’est terminé durant le mois en question (Code du travail, art. L3232-4). Lorsque, à la suite d’une réduction des heures de travail en dessous de la durée hebdomadaire légale pour des raisons différentes de celles mentionnées, un salarié a perçu sur l’espace d’un mois, en tant que salaire et rémunération partielle d’activité, une somme totale inférieure à la rémunération minimale, il se voit attribuer une allocation supplémentaire égale à la différence entre la rémunération minimale et la somme effectivement reçue (Code du travail, art. L3232-5).
Le SMIC s’applique à tout employé adulte, quelle que soit la forme de sa rémunération (temps, performance, tâche, pièce, commission ou pourboire).
Une liste des éléments inclus et exclus du calcul du SMIC est disponible sur une page dédiée du site web du gouvernement (voir lien ci-dessous) :
Included elements | Excluded elements |
Base salary | Reimbursements of expenses actually borne by the employee |
Compensation for reduced hours | Flat-rate bonuses intended to compensate for the costs incurred by employees as a result of their work (basket premiums, tool premiums, dirt premiums, compensation small or large displacement…) |
Various increases having the de facto character of a salary supplement (bonuses, compensation, reimbursements of expenses not corresponding to an actual expense, etc.) | Surcharges for overtime |
Tips | Increases for Sunday work, holidays and at night |
Individual or collective performance bonuses (overall performance of a team), production or productivity bonuses constituting a predictable element of remuneration | Seniority bonuses |
End of year bonuses for the month they are paid | Attendance bonuses |
Vacation bonuses for the month they are paid | Bonuses linked to geographical location (insularity, dams, construction sites) |
Vacation bonuses for the month they are paid | Bonuses linked to specific working conditions (danger, cold, unsanitary conditions, etc.) |
Collective bonuses linked to the company's overall production, productivity or results | |
Transport bonuses | |
Financial participation, profit-sharing |
Liste des éléments inclus et exclus du calcul du SMICopens in new tab, par le site gouvernemental, service-public.fr
Le rapport sur l’impact du CMI sur l’économie française est une compétence du groupe d’experts du SMIC.
La liste complète des rapports nationaux depuis le premier – juin 2009 – du dernier (en lien avec l’année 2024) est librement accessible.
Parmi d'autres ressources spécifiques à chaque pays sur le salaire minimum, la recherche publiée par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des Statistiques, communément connue sous l'acronyme Dares, est la plus pertinente. Il s’agit d’une direction axée sur la statistique et la recherche relevant du ministère du Travail, et publie régulièrement des rapports, des commentaires et des analyses sur le marché du travail, les conditions de travail, le dialogue social, les politiques d’emploi, les salaires et le temps de travail.
Dernière publication sur la couverture de SMICopens in new tab par Dares